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Biram et Aziz : Quel combat ?


Actu Mauritanie
Vendredi 21 Novembre 2014 - 10:26

Biram Ould Dah Ould Abeïd, président de l’IRA, et pas moins de sept de ses collègues sont répartis derrière les barreaux des prisons de Rosso et de Nouakchott. Deux chefs d’inculpations, selon un avocat, seraient retenus contre eux : ‘’Attroupement non autorisé et incitation à la désobéissance’’. Selon le même avocat interrogé par Biladi, de tels ‘’chefs d’inculpations dans un Etat démocratique sont tout simplement irrecevables’’. Retour sur une affaire qui retient l’attention de toute l’opinion. Et fait oublier la situation économique du pays qu’on dit préoccupante…


Biram et Aziz : Quel combat ?
On parle déjà de la tenue imminente du procès. Mais ce n’est pas la première fois qu’on s’attend à un procès. Lors de sa détention, à la suite de l’affaire de l’autodafé des livres du Fiqh, Biram a été libéré avant le procès qui n’a jamais eu lieu. 

Il faut dire que la relation entre Biram Ould Dah et le régime d’Ould Abdel Aziz, c’est une histoire assez compliquée, et illisiblement complexe. Pourtant les deux hommes feraient bien bon ménage, cèleraient une alliance objective. Ils prétendent tous les deux prendre le parti des pauvres. L’un porte déjà le titre de président des pauvres. 

L’autre s’érige en défenseur des pratiques de l’esclavage et donc porte l’étendard des droits des anciens esclaves, les Harratines. Qui, cela n’échappe à personne, constituent véritablement, en grande partie, bien des foyers de misères et de pauvreté dans le pays. 

Biram est déjà reconnu mondialement : deux distinctions internationales pour consacrer sa lutte anti-esclavage, en Mauritanie (la médaille des droits de l’homme de l’ONU en 2013 et la médaille des droits de l’Allemagne Weimar). Mohamed Ould Abdel Aziz, lui, en plus de son penchant déclaré envers les pauvres, a initié la loi criminalisant la pratique de l’esclavage et créé une agence publique, Tadamoune, entièrement dédiée à la lutte contre les séquelles de l’esclavage. 

C’est dire que les deux hommes pourraient s’entendre parfaitement, à croire leurs slogans d’affiche. Or, la réalité est autre. Arrivé avec ses compagnons à la porte de Rosso, au cours d’une marche anti-esclavage foncier, une nouvelle thématique chez l’IRA, sillonnant la vallée, Biram et ses amis ont été empêchés de rentrer en ville. Arrêtés, par la suite, après une altercation avec les gendarmes. 

Par ailleurs, le directeur  général de l’agence Tadamoune,  ne cesse de sillonner le pays, ouvrir une classe par-là, construire une petite boulangerie, par-ci, financer un périmètre maraîcher, dans tel Adebay ou autre, selon la télévision publique, la Mauritanienne.  L’agence est même épaulée par la Banque Mondiale. De quoi rassurer, N’est-ce pas,  le nominé des droits humains de l’ONU !

Complémentaires ?

Biram est toujours en colère. Le système toujours prêt à le mettre davantage en colère. Et on oublie un peu dans tout ça la réalité cruelle des harratines. Qui ne sont plus aussi misérables dans les Adwaba (campements haratines), qu’on calme avec, le temps d’une réalisation Tadamoune,  un petit four en argile s’effondrant au contact du plus infime crachin, que dans les centres urbains. 

A Nouakchott, par exemple, où des Adwaba, sans noms,  peuplent et  repeuplent les enceintes provisoirement inoccupées par les choyés des propriétaires. Des propriétaires, à les voir, on ne saurait oublier anciens maîtres et anciens esclaves. 

Et la question des haratines, celles des cas avérés d’esclavages, dans tout cela ? Où en est-on dans cette lutte latente et qui ressurgit périodiquement, tantôt sous le thème de l’instrumentalisation religieuse de la question, tantôt sous l’aspect foncier de l’affaire ?

Les vraies victimes d’hier et celles d’aujourd’hui le demeurent en tout cas. Victimes. Au-delà de la vocifération de Biram, sa colère juste ou feinte, de l’amour, sincère ou  faux, que  Mohamed Ould Abdel Aziz voue aux pauvres, donc aux harratines, le pays n’a jamais connu une confrontation politique qui menace sa cohésion, sa paix sociale, plus que  ce duel. 

On n’est pas sorti de la lutte politique politicienne avec ce combat qui suscite par-delà beaucoup de passions. Une solution sérieuse à la question de la marginalisation voulue ou accidentelle de la frange harratine ne se pointe pas à l’horizon. Pas en tout cas avec  l’action de l’un, ni de l’autre, des adversaires de l’instant. 

AVT

Source:
Rmibiladi
Noorinfo


              

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