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Barack Obama repart à l'assaut de Guantánamo


International
Vendredi 24 Mai 2013 - 09:32

Le président américain est revenu sur une des promesses phares de son premier mandat lors d'un discours consacré à la stratégie antiterroriste des États-Unis.


Barack Obama repart à l'assaut de Guantánamo
Le président Barack Obama a annoncé jeudi un encadrement de l'usage des drones armés et de nouvelles mesures pour tenter de parvenir à la fermeture de la prison militaire de Guantánamo, dans un long discours consacré à la stratégie antiterroriste des États-Unis. Barack Obama, devant l'université de défense nationale à Washington, a révélé qu'il avait signé un nouveau mémorandum énonçant les circonstances dans lesquelles son pays pouvait avoir recours à des frappes d'aéronefs sans pilotes à l'étranger.

Ce texte précise que les personnes visées par ces bombardements doivent représenter une menace "imminente" contre les Américains, et que ces actions ne peuvent avoir lieu que si le suspect en question ne peut être facilement capturé. "Le recours aux drones est sévèrement encadré", a fait remarquer le président. "Les États-Unis n'utilisent pas de frappes lorsque nous avons la possibilité de capturer des terroristes, notre préférence est toujours de les capturer, de les interroger et de les poursuivre en justice", a-t-il assuré.

"Une guerre perpétuelle serait perdue d'avance"

"Avant qu'une frappe ne soit effectuée, il doit y avoir une quasi-certitude qu'aucun civil ne sera tué ou blessé", a ajouté M. Obama, tout en concédant qu'il devait peser le risque de victimes civiles avec celui des victimes d'attentats en préparation. Il a en outre cherché à élargir le champ de la discussion en prévenant que "nous ne pouvons pas avoir recours à la force partout où s'enracine une idéologie radicale. Et en l'absence d'une stratégie qui réduirait l'extrémisme à la source, une guerre perpétuelle - via des drones, des commandos ou des déploiements militaires - serait perdue d'avance".

Dans ce discours d'une heure, il est par ailleurs revenu sur le cas d'Anwar Al-Aulaqi, au lendemain de l'aveu par son gouvernement qu'il était responsable de la mort de cet imam radical américano-yéménite dans un bombardement de drone au Yémen en septembre 2011.

"L'histoire sera sévère" sur Guantánamo

Cette élimination a provoqué l'inquiétude de groupes de défense des droits de l'homme. La Constitution des États-Unis garantit en effet à ses ressortissants une procédure judiciaire. "Mais lorsqu'un Américain part à l'étranger pour mener la guerre contre les États-Unis, et que ni les États-Unis ni nos partenaires ne sont en mesure de le capturer avant qu'il ne mène à bien un complot, sa nationalité ne devrait pas le protéger, pas plus qu'un tireur isolé en train de faire feu sur la foule ne devrait être protégé d'un commando de la police", a argumenté le président.

Lors de ce discours, M. Obama a aussi annoncé qu'il allait lever le moratoire sur le transfèrement vers le Yémen de détenus de la prison militaire de Guantánamo à Cuba, tout en prévenant que les dossiers de ces prisonniers feraient l'objet d'un examen "au cas par cas". Alors que 103 des 166 détenus restant à Guantánamo sont en grève de la faim, Obama a répété son intention de fermer à terme la prison, une vieille promesse de campagne jusqu'ici contrecarrée par le Congrès.

"L'histoire sera sévère sur cet aspect de notre lutte contre le terrorisme"

Il a également indiqué qu'il allait nommer un nouvel envoyé spécial pour superviser les transfèrements de prisonniers, et appelé le Pentagone à désigner un site sur le sol américain où seraient organisés les procès militaires d'exception des détenus restant inculpés. Il a sollicité l'aide du Congrès pour fermer la prison, en reconnaissant toutefois que "les questions politiques (étaient) difficiles".

Les élus ont en effet inscrit dans la loi dès décembre 2010 l'interdiction de facto de tout transfèrement de détenus de Guantánamo sur le sol américain. Le retour dans leurs pays d'origine est en outre soumis à des conditions jugées intenables, le pays d'accueil devant être capable de garder le contrôle sur les ex-détenus et de les empêcher de s'engager dans des activités extrémistes. "Mais l'histoire sera sévère sur cet aspect de notre lutte contre le terrorisme, et sur ceux qui n'auront pas réussi à y mettre fin", a prévenu le président, dont le discours a été interrompu plusieurs fois par une manifestante liée au groupe pacifiste "Code Pink", finalement expulsée de la salle.
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