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Barack Obama, portrait du candidat en cinq thèmes


Actualité
Vendredi 21 Septembre 2012 - 18:00

Pendant sa carrière, Mitt Romney, comme chaque homme politique américain, a fait de sa famille un atout électoral. Barack Obama l'a également mise en avant, peut-être même davantage que ses prédécesseurs, mais en s'adaptant à son époque. Il y a tout d'abord sa femme, Michelle, avocate comme lui, jonglant entre sa vie professionnelle et ses deux filles et qui, comme c'est souvent le cas pour une première dame, s'est consacrée à une cause d'intérêt publique qui dépasse les clivages politiques. En l'occurrence, la lutte contre l'obésité infantile.


La famille

Barack Obama, portrait du candidat en cinq thèmes
Avec la campagne "Let's Move" ("Bougeons-nous"), lancée début 2010, elle obtient l'appui de multinationales et concrétise son projet par l'adoption d'une loi en moins d'un an. Plus accessible qu'une Laura Bush et moins clivante qu'Hillary Clinton, Michelle Obama bénéficie d'une grande popularité sur laquelle le président et son équipe de communication s'appuient de plus en plus. Avant la convention démocrate, elle recueillait 66 % d'opinions favorables auprès des Américains, un chiffre qui devrait considérablement augmenter après son discours très remarqué à Charlotte. Au début du mandat de son mari, elle est montée jusqu'à 72 % d'opinions favorables.


Barack Obama, portrait du candidat en cinq thèmes
Pendant ce temps, ses filles Sasha et Malia grandissent à la Maison Blanche, comme Chelsea Clinton ou Barbara et Jenna Bush avant elles, sous les yeux du public et des caméras. La différence majeure dans la mise en scène est l'adoption des nouveaux moyens de communications par les sorciers de la com' présidentielle. La Maison Blanche possède son compte Flickr, alimenté quotidiennement par le photographe attitré de la présidence. Sur les clichés, tous approuvés au préalable, on apperçoit les coulisses de la Maison Blanche, le président et sa famille lors de moments de détente ou concentrés, en plein travail. Le "storytelling" familial s'étend désormais jusqu'aux réseaux sociaux. Pendant que Michelle Obama s'exprimait devant les délégués démocrates à Charlotte, le compte Twitter officiel de Barack Obama (suivi par près plus de 19,3 millions de personnes diffuse une photo du président et de ses deux filles suivant le discours depuis un canapé de la Maison Blanche.

Comme tout atout politique, la famille de Barack Obama est aussi une cible. En témoigne, dernièrement, la sortie du film 2016 : Obama's America, qui l'attaque sur son "américanité" et sur sa relation avec son père, qui l'aurait formé à des idées anticolonialistes qui guideraient aujourd'hui encore sa politique.



L'argent

Barack Obama, portrait du candidat en cinq thèmes
La question de l'argent, et en particulier celle du revenu de chaque candidat, a été récurrente dans la campagne. Pour Mitt Romney en particulier, dont la fortune est estimée à 250 millions de dollars et qui a refusé de rendre publiques ses feuilles d'impôts avant 2011. Cette année-là, le candidat républicain annoncait avoir payé seulement 13,9 % d'impôts fédéraux sur des revenus qui s'élevaient à 21,6 millions de dollars.

Des chiffres que le camp démocrate a utilisé à son avantage en les comparant à ceux de Barack Obama. En 2011, le président déclarait des revenus de 789,674 dollars, avec un taux d'imposition de 20,5 %. Le foyer fiscal Obama faisait toujours partie des 1 % les plus taxés aux Etats-Unis. En annoncant ses revenus, M. Obama n'a en revanche pas manqué de souligner que sa secrétaire, Anita Decker, payait proportionellement plus d'impôts que lui, pour un revenu annuel de 95 000 dollars. Politiquement, les démocrates ont forcé le contraste avec le candidat Romney tout en justifiant leurs réformes fiscales, et en particulier la fin des baisses d'impôts pour les plus aisés votées sous l'administration Bush.

Le constraste a été encore plus visible quand M. Obama a raconté, lors d'un discours au cours de l'été, que sa femme et lui avaient seulement récemment fini de payer leurs prêts étudiants. Quand nos filles sont nées, nous étions censés économiser pour leur éducation supérieure alors que nous remboursions encore les nôtres, a-t-il lancé. Un tel discours résonne considérablement dans un pays où 37 millions de personnes doivent rembourser leurs prêts étudiants pour un montant global de 1 000 milliards de dollars, selon le Consumer Financial Protection Bureau . La majorité de ces personnes sont dans la tranche d'âge 18 à 34 ans, un groupe électoral qui est plus susceptible de voter pour le candidat démocrate, ce qui n'a bien sûr pas échappé au président sortant, qui a fait de cette question une de ces priorités en début de campagne.



Le reste du monde

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Adulé hors des frontières américaines pendant la campagne de 2008, Barack Obama a suscité de nombreuses attentes, peut-être trop. En 2009, il hérite d'une situation compliquée : son pays, embourbé dans deux guerres, a perdu de son lustre un peu partout dans le monde. Un sondage du Pew Research Center datant de juin montre que le président américain est vu favorablement par 63 % des citoyens européens et 15 % des citoyens des pays musulmans, contre 78 % et 33 % en 2009.

Ses promesses tenues (retrait des près de 140 000 soldats déployés en Irak en décembre 2011, envoi de troupes supplémentaires en Afghanistan puis un retrait progressif jusqu'en 2014) ne compensent pas, dans l'imaginaire collectif, celles qui ne l'ont pas été, comme l'annonce très médiatisée de la fermeture imminente de la prison de Guantanamo. Actuellement 168 prisonniers sont encore détenus dans l'île, au grand dam des ONG. La Maison Blanche rejette la faute sur le Congrès, qui a interdit le transfèrement de suspects sur le territoire américain.

La fin de la traque d'Oussama Ben Laden, ennemi public n° 1 depuis l'attentat du 11-Septembre, a été unaniment saluée aux Etats-Unis. Mais des voix se sont élevées contre les méthodes employées par l'administration Obama pour arriver à ses fin dans la "guerre contre le terrorisme", notamment la multiplication des attaques de drones.

De l'avis général, le plus grand échec du président américain a été son incapacité à relancer le processus de paix israélo-palestinien. Tout en maintenant son aide financière à Israël, Obama a été incapable d'empêcher la poursuite de la colonisation par le gouvernement israélien, tirant de fait un trait sur toute négociation entre les deux parties.

Pendant quatre ans, Barack Obama a soufflé le chaud et le froid dans deux des plus épineux dossiers géopolitiques qu'il a eu à gérer : le nucléaire iranien et les relations avec la Russie. Dans le premier cas, il a d'abord tendu la main au régime de Téhéran, avant d'essayer de l'isoler à la suite de la répression de l'opposition iranienne en 2009. L'option militaire en cas de poursuite du programme nucléaire n'a pas été écartée. Quant à la Russie, la politique de "reset" (redémarrage) a permis la signature d'un nouveau traité Start de désarmement nucléaire et au droit de passage pour les troupes américaines sur le sol russe. Tout cela, au prix du passage sous silence de la question des droits de l'homme en Russie.



Son bilan

L'administration Obama a beau rappeller, à l'instar de tous les présidents en exercice à travers le monde ces dernières années, que la crise financière a été une des plus graves de l'ère moderne, son bilan économique ne peut se débarasser d'une série de chiffres sans appel depuis janvier 2009 : un taux de chômage qui est passé de 7,8 % à 8,1 %, avec des pics à 10 % fin 2009 ; une croissance négative en 2009 (- 3,5 %), et une reprise moins rapide que prévu (3 % en 2010, 1,7 % en 2011 et 2 % prévus en 2012) ; une dette qui est passée de 10 600 milliards à plus de 16 000 milliards en quatre ans, soit un augmentation de 51 % quand, durant les huit ans de l'administration Bush, elle avait déjà explosé de 85 %.

Ce chiffres peuvent être interprétés et mis en avant au cas par cas, comme le font chacune des campagnes. Mais une chose reste au cœur des débats idéologiques : la politique de relance économique mise en place par Barack Obama a-t-elle permis d'atténuer de la crise ou, au contraire, a-t-elle ralenti la sortie ? Tout juste arrivé à la Maison Blanche, M. Obama fait adopter un plan de relance de 787 milliards de dollars (594 milliards d'euros) répartis entre allègements fiscaux, maintient des indemnités de chômage et financements de projets d'infrastructures. Parallèlement, la Réserve fédérale (Fed) et le Trésor se sont mis à racheter des titres de dette "pourrie", une opération qui se poursuit encore aujourd'hui.

Les démocrates assurent que cette méthode a permis de sauver l'industrie automobile américaine et d'atténuer les effets d'une crise plus violente que prévu. Les républicain reprennent l'argument inverse, assurant que cette politique a retardé la sortie de crise tout en alourdissant la dette du pays. Ce à quoi les démocrates répondent que ce sont les initiatives bloquées par l'opposition et les lobbies qui sont en partie responsables. Qu'on le veuille ou non, le débat économique glisse sans cesse dans le territoire de l'idéologie.
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Le parti Démocratique

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Historiquement, le président sortant est automatiquement reconduit par son parti pour briguer un deuxième mandat. Il évite ainsi le long processus des primaires et donne l'image d'un parti tout entier uni derrière un seul candidat. En 2012, c'est le cas avec Barack Obama. Le Parti démocrate est tout entier vouée à sa réélection. Alors que les républicains se sont entredéchirés pendant des primaires interminables, concentrant toute l'attention des médias, l'état-major démocrate préparait la campagne de réélection en amont, loin des caméras.

Cela a permis à l'équipe d'Obama de récolter beaucoup plus de fonds que leurs rivaux en mobilisant leurs réseaux dès 2011, avant d'être rattrapés par les républicains à l'été 2012. Réticent dans un premier temps à profiter des nouvelles règles mises en place par la Cour suprême, autorisant des groupes appelés Political Action Commitees (PAC) à recevoir des contributions financières illimitées, M. Obama a finalement donné son accord pour que deux anciens conseillers lance son PAC attitré, Priorities USA.

La volonté de continuité entre le premier et le deuxième mandat est symbolisée par la présence du vide-président sortant Joe Biden sur le nouveau "ticket" démocrate. Souvent moqué par ses gaffes, il s'est révélé un soutien indéfectible du président à la Maison Blanche. Comme le veut la tradition américaine, il joue le rôle du "pitbull" pendant la campagne, celui qui va dans l'arène pour attaquer frontalement l'adversaire quand le candidat à la présidence prend de la hauteur.

Quant au parti, il est apparu uni et renouvellé lors de la convention qui a investi Obama. Derrière les anciennes gloires comme Bill Clinton, des nouvelles têtes ont eu droit à une introduction nationale, notamment le maire de San Antonio, Julian Castro. Chez les démocrates, personne ne conteste que la course à la Maison Blanche est la plus importante. Mais personne n'oublie non plus que le renouvellement des 435 sièges de la Chambre des représentants et de 33 des 100 sièges du Sénat sera essentiel pour mener à bien la politique promise.

Source: Lemonde.fr


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