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Noorinfo

B’il a dit…


Tribunes
Jeudi 6 Mars 2014 - 15:05

Peur orientale ou occidentale ?

B’il a dit et redit des tas de choses. B’il dira et redira des tas d’autres choses. La profanation du Livre Saint, le Coran, révèle un sentiment nouveau chez le président de la République. Lui, qu’on connaissait, dans un hier récent, trop enclin à flatter l’enthousiasme des foules en colères contre les actes de profanations et blasphématoires du sacré, n’était pas, cette fois-ci, à son rendez-vous habituel, avec le peuple.


B’il a dit…
Son rendez-vous populiste. On s’en souvient, à chaque fois, tête voilée par un turban, comme pour dire aux foules en colère : ‘’ Je suis l’un des vôtres, mes sentiments, les vôtres, ma sensibilité, la vôtre. Je suis comme vous, je porte le même turban, qu’a porté un jour Al Hajjaj Ibn Youssouf, à son intrusion dans la mosquée de la capitale de ce qui va être la province qu’il aura à gouverner.’’ Celui-là, qui a parodié un prédécesseur de poète, disant dans ce qu’il dit, ‘’Je suis le fils de la noblesse glorieuse, fils de vaillance téméraire, dès que j’ôte le turban, vous me reconnaissez.’’ Il était là, à chaque fois, voilé par un turban, dans l’affaire de Biram et celle d’Ould Mkhaïtire. Les citoyens en marche engagée pour protester contre la profanation du Livre Saint, le Coran, croyaient qu’ils allaient rencontrer, comme d’habitude, le président de la République, encore plus enturbanné, encore plus engagé envers la religion, encore et encore rejetant toute forme de laïcité. Le rencontrer et l’entendre dire dans de ce qu’il dirait, comme la dernière fois, encore consigné dans le site de l’agence mauritanienne d’information :’’…

L‘action que vous entreprenez aujourd‘hui est le minimum à faire pour protester contre ce crime contre notre religion sacrée…’’ C’est-à-dire, en d’autres termes : ‘’Allez-y, protestez et appelez tous les protestants à protester. Un aval. Une bénédiction, quoi. Pour le minimum, dire sa colère, casser quelques téléphones Samsung, vandaliser quelques écoles publiques, empêcher les cours à des enseignants et étudiants, jeter l’anathème sur les auteurs, sur les avocats, qui pensent dans leurs intimes pensées de les défendre, insulter les fistons de ces avocats, leurs géniteurs de pères et les pères de leurs pères. Allez-y, un mois durant et même plus, je suis le fils de la noblesse glorieuse, fils de la vaillance téméraire. Je suis un fils d’Orient. Et d’Occident n’ai peur.’’ Le président a oublié son Coran. Perdu ses sourates.

Et les foules devaient découvrir un président dévoilé, commandant une armada sécuritaire avec matraques et grenades lacrymogènes. Et les gaz vont se lâcher une journée durant, pour que les masses et leurs lignes de masses comprennent, enfin, que l’homme d’Orient d’hier n’est plus d’Orient. Dans la foulée de cette ‘’désorientalisation’’, un jeune homme trouve la mort. ‘’ Une dépouille est arrivée à l’hôpital.’’ Pour reprendre la phrase d’une extrême froideur du ministre de la Communication. Une dépouille ! Mais, il se trouve que la dépouille, en question, c’est ce qu’oublie le ministre de la Communication, était un garçon. Un garçon vivant. Une âme. Qui était parmi les manifestants et qui a trouvé la mort suite à l’explosion d’une bombe lacrymogène. Le ministre a bien essayé de rendre si minimes, si insignifiantes les blessures de la défunte victime. Il les a presque rendues sympathique, à l’entendre en parler. Mais, il n’ pas pu occulter les difficultés respiratoires du défunt. Pour un téléspectateur de la TVM déconnecté des circonstances, il comprenait mal l’histoire de cet enfant mort. Il songerait sans doute à l’un de ces centaines de morts, qu’on emmène à l’hôpital chaque journée, qui des suites d’un accident de circulation, qui des suites à un accident de santé ou autres. La relation de causalité a été sciemment zappée.

D’où le choix de la télévision de Mauritanie pour faire passer le message. Et donc éviter un point de presse qu’on donne pour le plus inutile des robinets, dont ne coule aucune eau, inauguré par le premier citoyen du pays. Le garçon espérait peut-être bien arriver avec les manifestants jusqu’au portail de la présidence. Et entendre le président réciter ses sourates et dire, dans ce qu’il dirait, votre manifestation est un minimum comparée à l’insupportable acte de profanation. Il était donc sincère dans sa démarche. Et se prenait même pour un bon citoyen. Mesurant la sensibilité présidentielle. Il avait laissé la Mauritanie Nouvelle ainsi. Il l’a connu à l’occasion de l’affaire de Biram. Ensuite, il l’a vue en redite lors de l’affaire Ould Mkhaïtir. Une Mauritanie Nouvelle, dont le président se fâche lorsque ses compatriotes se fâchent. Rit lorsqu’ils rient. Un citoyen fidèle à l’idée, à l’image, qu’il se fait de son président.

Son président fidèle à l’image qu’il affiche à ses compatriotes. Les grenades lacrymogènes, les forces de sécurités répressives n’ont rien à voir avec tout cela. Auquel cas, il serait resté chez lui. Il n’avait pas pris connaissance que le président n’est plus d’Orient. Et qu’il a ôté son turban oriental. Et qu’il ne se met plus en colère quand les siens se mettent en colère. Et il n’y pas plus pire que d’affronter une ligne ennemie qu’on croyait par ignorance celle des amis. On ne saurait parler dans ce cas d’un tir ennemi pour le garçon mort et inconscient, ni de tir ami pour les forces de sécurités vivantes et conscientes ! Quoi donc ? Seul, celui qui se voile d’un turban et l’ôte sans avertir saurait peut-être répondre. Le président aurait pu annoncer ses couleurs, qui, désormais, ne sont plus orientales, très tôt. Un communiqué clair, précis, interdisant les manifestations. Les populations raisonnables n’iraient pas risquer leur vie. Les moins raisonnées resteraient vigilantes, même manifestant un peu. Puisque, il faut, peut-être, le signaler, le président, aux yeux des manifestants, est toujours le même. Celui, dont l’agence officielle d’informations l’AMI garde toujours et jalousement dans ses archives la dépêche en lien suivant: http://www.ami.mr/fr/index.php?page=Depeche&id_depeche=25015.

B'...

B’il a dit…
Activités présidentielles

Le Président de la République : " La Mauritanie n‘est pas laïque et l‘Islam et le Prophète sont au-dessus de tout"

Nouakchott, 10/01/2014 - Le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, a déclaré que " La Mauritanie n‘est pa laïque et que l‘Islam et le Prophète MOHAMED, Paix et Salut sur Lui (PSL) sont au-dessus de tout. L‘atteinte à la religion de l‘Etat et du peuple n‘est permise d‘aucune manière qui soit". Le Président de la République dira en accueillant devant le portail du Palais présidentiel la marche de soutien au Prophète MOHAMED (PSL) : " Au nom d‘Allah le tout miséricorsieux, le très miséricorsieux et Prière sur le plus noble des envoyés , MOHAMED (PSL). Chers citoyens, chers musulmans Je vous remercie de tout coeur pour votre présence massive en ce lieu pour condamner le crime commis par un individu contre l‘Islam, la religion de notre peuple, de notre pays, la République Islamique de Mauritanie.

Comme j‘ai eu à le préciser par le passé et le réaffirme aujourd‘hui, la Mauritanie n‘est pas laîque. L‘action que vous entreprenez aujourd‘hui est le minimum à faire pour protester contre ce crime contre notre religion sacrée et je vous assure en conséquence que le Gouvernement et moi-même ne ménagerons aucun effort pour protéger et défendre cette religion et ses symboles sacrés. Tout le monde doit comprendre que ce pays est un Etat islamique et que la démocratie ne signifie pas l‘atteinte aux valeurs et symboles sacrés de la religion. Je souligne, une fois encore, que le Président de la République et le Gouvernement vont prendre toutes les mesures pour protéger l‘Islam, que la justice suivra son cours et que le concerné est actuellement entre les mains de celle-ci dans le cadre de l‘enquête. L‘Etat s‘acquittera de son devoir dans cette affaire comme vous vous êtes acquittés du votre. Toutes les mesures appropriées seront prises dans ce sens. J‘adresse un message à tous et repète une fois encore que la démocratie n‘autorise pas l‘atteinte à la religion.

Et aux journalistes, aux sites électroniques et aux télévisions, je dis que la religion est au-dessus de tout et d‘aucune manière il n‘est permis d‘y attenter et sous aucun prétexte, pour la simple raison que l‘Islam est la religion du peuple mauritanien et il en sera ainsi toujours quel que soit le niveau de la démocratie et des libertés. Je vous remercie encore une fois pour votre mobilisation pour le soutien à votre religion et pour votre sens du devoir. Assalamou Aleykoum "

B‘...

Source:Rmibiladi
Noorinfo


              

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