Connectez-vous S'inscrire
Noorinfo

B’il a dit et redit...L’accumulation…


Tribunes
Vendredi 17 Octobre 2014 - 09:01

B’il a dit et redit des tas de choses. B’il dira et redira des tas d’autres choses. Le mensonge a une durée de vie. Il naît. Vit son enfance et innocence. Sa jeunesse et son insouciance d’adolescence. Et il meurt un mauvais jour de sa mauvaise mort de mauvais mensonge. On a produit tellement de mensonges en période de rectification. Autant de secteurs, autant de mensonges. Des mensonges sectoriels, en quelque sorte. L’aînée de la fratrie des mensonges s’appelle la lutte contre la gabegie.


B’il a dit et redit...L’accumulation…

Elle est restée en vie. Quelque temps. Juste une impression pour le commun des mortels des mauritaniens. Elle vivait. Une vraie lutte contre la gabegie. Le monsieur de là-haut est bien décidé, sincère et engagé avec force et volonté à lutter contre ce fléau. 

C’est ce que pensaient les ingénus. Au moment où le monsieur d’en-haut glissait sa main rugueuse, tout gentiment, tout doucement, vers le cou de l’aînée de la fratrie. Le cou s’avérait bien costaud. Une main, à elle seule, fusse-t-elle, la première de la République ne suffisait pas. La seconde main arrivait en appui. Et la vie de la petite allait finir quelques instants par la suite. Une mort par strangulation. Mais, il fallait bien dissimuler la mort. 

Creuser, par quelque procédé de forage sophistiqué, un petit trou quelque part, où on balança le corps de la défunte. Pas d’obsèques. Ni oraison funèbre. Ni deuil. Rien qui puisse alerter les indiscrétions sur une mort mise en secret. La nouvelle allait rester circonscrite au sein du cercle présidentiel. Elle s’avouerait dans l’entourage. Elle s’étalerait au gré des alliances du cercle. 

L’inspection générale de l’Etat, qui était un peu comme la gouvernante de la petite, allait se contenter de chanter des berceuses à une poupée fabriquée par le génie d’un poupetier chinois. 

A chaque fois qu’une rumeur sur la mort tragique de l’aînée de la fratrie républicaine fasse surface, le premier infanticide de la République, au cours de son rendez-vous hebdomadaire, brosse un bilan de santé, qui chasse tous les soupçons mortuaires  de la tête de ses convives. La rumeur revient avant  la tombée de la nuit. Les choses vont ainsi. Chaque jour, une fausse mort se déclare. Une fausse vie se décrète… 

B‘...

Des odeurs…

B’il a dit et redit des tas de choses. B’il dira et redira des tas d’autres choses. Un jour, une fumée épaisse assombrit la ville. Assortie d’une odeur innommable, nauséeuse et étouffante, on songe  à toutes les décharges de la communauté urbaine mises en feu. 

La fumée se propage. Son odeur la précède et lui succède. On ne reconnait aucune odeur particulière. Les grands spécialistes des odeurs sont perdus. Ils ne croient plus leurs narines. On fait bien la part des choses. On distingue bien une odeur d’une autre. On regrette la sympathie et presque jouissive fragrance des déchets de la communauté urbaine. Les émeutes se déclenchent. Une seule doléance : le retour des odeurs urbaines. 

L’odeur, la meurtrière de toutes, des tous les siècles, et les siècles à venir, n’était ni urbaine, ni peri-urbaine, ni rurale, ni campagnarde. Elle ne vient ni de la forêt, ni de la savane, ni la montagne, ni des dunes de sables mouvants du désert. Elle n’était, non plus, pas marine. Elle n’avait pas de patrie. Etrange et étrangère.

Les émeutiers, consternés,  se regroupent devant le palais de la République. Un chargé de missions, prétendant être le monsieur des odeurs tente de contenir la colère. ‘’ Monsieur, là-haut, est bien conscient de vos soucis, endurant vos endurances, souffrant vos souffrances. Monsieur, là-haut, vous dit combien il est déterminé d’engager une croisade sans merci contre toutes les odeurs. 

Des mesures, à l’instant où je vous parle, sont en train d’être prises afin que cette fumée épaisse et son odeur disparaissent à jamais. Il s’agit, comme vous le savez, le Monsieur de là-haut, le sait, d’une accumulation des odeurs des époques antérieures. Aujourd’hui, avec le climat des libertés dont jouit le pays, et où les odeurs, bonnes ou mauvaises, sont égales devant la loi, c’est bien normal de voir naître et proliférer tant de pestilences.’’

Le jour suivant, c’est le chef suprême qui est devant les foules. Tête enroulée par un turban bigarré, toussant une fausse toux, éternuant de faux éternuements, il lance :’’ Je viens pour vous rassurer. Je tiens à le faire. Et  dit-il souriant un sourire daubeur, je tiens à le faire savoir. Pas à vous. Parce que je sais que vous le savez. Je tiens à le faire savoir aux odeurs. La peur aujourd’hui est dans l’autre camp. Et La situation est maîtrisée et ce n’était pas facile. 

Soixante ans d’odeur. J’ai moi-même reconnu certaines odeurs des années soixante-dix. D’autres m’ont dit avoir reconnu celles des années soixante. Quatre-vingts. Quatre-vingt-dix, deux mille. Personne, je dis bien personne, n’a pu sentir le moindre soupçon d’odeur de la période deux mil huit à deux mil quatorze. Ceux qui ont produit ces odeurs, ils sont de l’autre côté. Aujourd’hui, ils crient à l’odeur, sur l’odeur, alors que dans l’hier récent, ils faisaient bon ménage.’’

La Mauritanienne dit, dans sa sortie de vingt heures, que le président de la République a dit que l’odeur et la fumée régnantes sont les conséquences d’accumulation de soixante ans d’odeurs et de fumée. L’union pour la république, dans un communiqué, transmis par la Mauritanienne redit ce que la Mauritanienne a dit que le président de la République a dit.    

B‘...

Source:Rmibiladi
Noorinfo


              

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Actu Mauritanie | Actualité | Economie | Sport | Culture | Société | Lu sur le web | International | Tribunes | Vu de Mauritanie par MFO | Blogs | videos | A.O.S.A | Communiqué | High-Tech | Politique | Sciences | Insolite | Histoire





Suivez-Nous
Rss
Recherche
En clair
Inscription à la newsletter