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B’il a dit: Une balle pernicieusement intelligente…


Tribunes
Jeudi 1 Novembre 2012 - 17:00


B’il a dit: Une balle pernicieusement intelligente…
B’ il a dit et redit des tas de choses sur le feuilleton présidentiel. Au commencement fut la balle. La balle officiellement accidentelle. Pernicieusement intelligente. Qui sortit, un soir du 13 octobre 2012, non loin de Toueïla, à quelques quarante kilomètres, au nord de la capitale, du fusil d’un jeune officier mauritanien. Puis perça la cage arrière du véhicule tout terrain du président de la République. Et, continua son chemin, en traversant tous les obstacles sur son itinéraire. Le siège, juste derrière le chauffeur de président, avant de franchir un tas de couvertures et d’habits présidentiels. Pour perforer, enfin le siège où est installé Mohamed Ould Abdel Aziz. Là, elle hésite, la balle.

Hésitante, elle continue son chemin, mais décroît sa vitesse, avant d’atterrir sur une saillie du tableau de bord. Elle se retourne, fixe les deux bonhommes, enturbannés, assis, aux sièges de devant. Son intelligence vacille quelque peu, avant de reprendre sa vigueur, en fixant de son regard de balle l’homme installé au siège gauche. Elle cligna des yeux. Elle se signa en bonne chrétienne. Parce qu’elle était de religion chrétienne. Elle se frotta le crâne. Elle était chauve, la balle. J’ai oublié de le dire.

Elle fixa, en sourcillant d’un clin d’œil l’homme à sa gauche. Sourire en coin, elle dît : ‘’ Toi, tu es Ahmed Ould Abdel Aziz, et moi je cherche Mohamed Ould Abdel Aziz. Vous êtes si proches l’un de l’autre, dans vos sièges, comme dans vos noms. Mais, je sais distinguer. Heureusement pour toi.’’ Sur cette note la balle prit un élan impressionnant, en faisant un tourbillon à l’intérieur du véhicule avant de revenir en flèche pénétrer le bas ventre du président de la République.



Rumeurs en vacances… et vacance de pouvoir…

B’il a dit: Une balle pernicieusement intelligente…
B’il a dit et redit également des tas de choses sur le feuilleton présidentiel. Samedi 27 octobre, deux semaines, jour pour jour, heure pour heure, minute pour minute, après l’accident supposé ou réel du président de la République, aux environs de 20 heures, une déferlante de rumeurs s’empare de Nouakchott. Les rumeurs emplissent, polluent les espaces de la capitale politique, se propagent, empruntent toutes les artères de la ville.

Et continuent leurs petits bonhommes de chemins jusqu’aux coins et recoins les plus reculés, les plus impénétrables du pays. Des rumeurs folles, comme évadées de l’emprise d’un lion féroce, rugissant et courroucé. Des rumeurs émancipées, libérées, dit-on, joyeuses, semble-t-il, mais qui disent les scénarii les plus dramatiques, les plus catastrophiques les plus pessimistes. D’un coup d’Etat militaire, à l’arrestation du premier des ministres, à la mort clinique du premier citoyen du pays, à l’imminence de diffusion d’un communiqué numéro un, les rumeurs ne se découragent pas, et proposent, à chaque fois, que l’une d’elles, contredite par une réalité redoutable, une nouvelle version.

Rien ne venait circonscrire l’essaim démentiel de rumeurs. On dirait qu’elles étaient prises dans une allégresse jouissive, qu’elles n’avaient peur de rien, les rumeurs de ce soir. C’est comme si elles étaient dans l’ambiance des vacances. Où elles pourraient se permettre tous les tours, toutes les passes. Des rumeurs vacancières, en quelque sorte. Qui ont le pouvoir, désormais, de se faire prévaloir de leur vacance. Le pouvoir des vacances des rumeurs. Ou la vacance du pouvoir. Tout court.



La résurrection et châtiments…

B’il a dit: Une balle pernicieusement intelligente…
B’il a dit et redit des tas de choses sur le feuilleton présidentiel. On ne sait jamais. C’est probable. Même si cela allait tuer certains, d’illico, qui par arrêt cardiaque, qui par asphyxie, qui par étouffement. C’est possible que Mohamed Ould Abdel Aziz, remis de son état maladif, entretienne, tout simplement, depuis la France, la rumeur d’une santé détériorée, juste, par cynisme opportun.

Question de savoir les vrais soutiens des faux. C’est un sacré tour qu’il jouerait à tout le monde. D’abord à l’encontre de certains de sa majorité qui s’empressent de l’enterrer vivant. Ensuite à l’encontre de ses opposants qui lorgnent sa place. D’un président moribond, qui n’inquiète plus aucun candidat au pillage public, aucun partisan sevré, aucun opposant haineux, on se délecte déjà de l’avenir en fastes qui se profile à l’horizon. Mais, à l’Horizon, il se pourrait qu’il y ait le président, Mohamed Ould Abdel Aziz, en personne.

Descendant, en pleine forme de l’avion spécial, qui l’amènerait de Paris. En pleine forme, un jeudi après-midi, alors que la Coordination de l’Opposition Démocratique venait de terminer la lecture de sa feuille de route. Celle qu’elle propose à tous les partenaires politiques. Pour sortir le pays de la crise et négocier une transition civile, en dehors de toute interférence militaire. Celle qui n’est, en d’autres termes, qu’une oraison funèbre lue à l’occasion de la mort, au moins politique, de celui qui vient juste de débarquer au salon d’honneur de l’aéroport de Nouakchott, prononçant un discours. Le discours de la résurrection d’un homme. Mais, aussi, le discours du châtiment de milliers d’hommes.


Les atavismes de l’opposition…

L’opposition s’active. Elle essaie de jouer le jeu, avec la retenue qui sied. Mais, il y a, au moins une chose, dont on est sûr. Une constante. Un atavisme. Une posture qu’elle ne quittera pas, quel que soit, par ailleurs, l’aboutissement de la situation actuelle. Elle se fera, c’est sort sempiternel, en cas d’empêchement avéré du président de la République, ratatiner, par le plus niais, le plus insignifiant des militaires. Elle sera flouée, tout simplement, comme elle sait se faire.

Elle criera, en mille morceaux, entendra des milliers de voix, assourdissantes et dissonantes. Elle se jettera tous les anathèmes et invectives. Lèvera, le petit doigt un peu, après la victoire militaire, la énième, s’unira, après la déchirure interpersonnelle, pour continuer de crier haro sur les nouveaux gouvernants. Jusqu’à la saison nouvelle. Elle ne se fera, bien entendu, pas payer.



Responsable saisine…

Les présidents de certains partis de la majorité, ou aux confins de celle-ci, ADIL de Ould El Waqf, le Parti de Kane Hamidou Baba et celui de Moustapha Ould Abeïderrahmane, ont pris contact avec Messaoud Ould Boulkheïr pour le sensibiliser sur la nécessité de s’interroger la situation constitutionnelle du pays, en l’absence du président de la République. Donc, de s’enquérir sur la santé du président de la République et saisir le Conseil Constitutionnel, tel que prévu dans la Constitution, pour valider l’incapacité du président d’exercer ses fonctions.

Messaoud s’est montré, quant à lui, soucieux de cette situation et a promis d’agir en conséquence. Mais, dira-t-il, ‘’j’agirai sans tambours ni trompettes, à savoir d’une manière responsable et digne.’’ Et comme pour répondre aux rumeurs antérieures, il soulignera à ses invités que ‘’sa formation politique et lui sont catégoriquement et farouchement opposés contre tout changement anticonstitutionnel, contre toute reprise du pouvoir par les militaires.’’

Avant-hier, Ould Boulkheïr s’est entretenu avec le président de l’UFP, Mohamed Ould Mouloud. L’éventualité de la saisine du Conseil Constitutionnel, par le président de l’assemblée nationale, a été évoquée par quelques médias. Mais, l’information a été aussitôt démentie par le porte-parole de Messaoud Ould Boulkheïr. Une manière, peut-être, pour Messaoud de rester conforme à l’esprit de responsabilité exprimé tantôt. En tout cas, certains proches du président étaient un peu pris de panique à la diffusion de la nouvelle. Puis, soulagés, après démenti.

B'...
Pour Biladi


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