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Noorinfo

B’ il a dit N°676


Tribunes
Vendredi 5 Octobre 2012 - 20:00


Un hadj par népotisme…

B’ il a dit N°676
A cette période de pré pèlerinage, on se bascule, dans les sphères parentales du président de la République, Mohamed Ould Abdel Aziz - celui que les pauvres ont élu, n’est-ce pas, afin de rompre avec tant d’années de népotisme et de passe-droits -  auprès de personnalités bien nommées, pour que le nom soit admis, au sein d’une liste d’élus ( d’autres élus, il n’y en a pas qu’un,  celui-là, l’autre, dans la sphère familiale) pour le hadj. Notre source cite une femme, une presque mère de la première dame du pays qui distribue gracieusement, aux siens, des billets pour le pèlerinage vers les Lieux-Saints. D’autres affiliés à la famille du président, épouses des frères, ou époux des sœurs et demi-sœurs, bénéficient d’un pèlerinage gracieux sur le dos du contribuable mauritanien.

Le pèlerinage, cinquième pilier de l’Islam, tel le quatrième qu’est le jeûne,  devient obligatoire pour tout musulman capable. La capacité s’entend par la force physique et la force matérielle. Parce que cela coûte un pèlerinage. La deuxième condition, la capacité matérielle, en Mauritanie se définit, dans l’entourage du président, par la capacité matérielle de ce dernier, ou du moins, la capacité matérielle de la ressource publique. Quant la capacité physique, on le sait déjà, notre président est connu pour son courage. Cela devrait traduire normalement une bonne capacité physique. Et, de son courage, les mauritaniens ont vu. Deux coups d’Etats, au moins. Et, une guerre, redoutable guerre, contre la gabegie, le népotisme et les passe-droits. Les coups d’Etats, il les a, très bien, réussis. La guerre contre la gabegie, aussi, il l’a menée. Contre ses adversaires. Bien sûr. On ne guerroie pas contre les siens. 

En tout cas, ici on grignote sur les trois pèlerins dont le hadj est pris en charge par l’Etat. Ceux-là doivent être admis dans les deux contingents officiels. Chacun de 500 pèlerins, mille en tout, dont les trois cents choyés. Seulement, pour pouvoir espérer que son nom soit enregistré dans l’un des deux contingents, le candidat pèlerin devrait avoir la chance d’être au courant de l’ouverture de l’enregistrement qui a eu lien un samedi, fermé le dimanche suivant. Moins de vingt quatre heures. Ce qui permet à chaque maillon de la chaîne de se sucrer sur le dos des hôtes d’Allah. Pour avoir accès au bureau d’enregistrement, il faut accorder, à titre de rétribution,  la modique somme au policier. Arrivé au bureau, il faut tout simplement, nous révèle un candidat pèlerin, glisser dans la poche d’un conseiller du ministère en charge de la saison du pèlerinage la somme de cent mille ouguiyas. 
Comme quoi, la rectification se fait même dans les rites religieux.


L’Union Pour la République se fait dans la repique…

L’Union Pour la République, l’UPR, le parti du président de la République, s’il le veut bien, a organisé, dans les soirées du lundi et mardi derniers, une rencontre, en famille, autour du mandat de Mohamed Ould Abdel Aziz, de son bilan et des perspectives.
La salle était archi comble. Il y avait d’abord tous les ministres de la République, ou presque. Tous les ministrables, aussi, étaient de la partie. Bien entendu les thuriféraires étaient dans leur pleine forme. C’est compréhensible, pour certains, pas tous, de se faire valoir et prévaloir et de s’adonner aux louanges du chef. C’est possible pour un ministre, parmi ceux qui n’étaient pas connus pour leur propension prédatrice, sous d’autres époques,  rien que pour conserver sa place, ou se donner un petit bilan sous l’ombre du grand bilan du patron, de s’approprier la rengaine mille fois dites et redites par Ould Abdel Aziz contre les symboles de la gabegie.

Acceptable. Mais, il n’était pas acceptable, cette rengaine, de l’entendre par les louvoiements des personnalités de toutes les époques. Fervents défenseurs de l’esprit et des lois des fameux Structures d’Education des Masses, de Ould Haïdalla, du PRDS, de Maaouya et ses prébendes qui allaient de la direction générale de la SONEDER, en passant par le commissariat à la sécurité alimentaire pour atterrir, en s’y accrochant durablement, au-delà de la retraite, et de toutes les traites,  au programme du développement urbain de la banque mondiale. 


Entendre  et laisser entendre ceux-là vouer aux gémonies un passé dont ils étaient  plus qu’un témoin, dont ils étaient acteurs, réalisateurs et scénaristes, c’est qu’on espère, on y travaille, certainement, faire de la repique. Du repiquage d’une classe de politique fossilisée qui s’emploie à se faire dans la réédition, même après la mort publique. Le résultat est connu, n’est-ce pas les anciens de la SONADER ? A l’hôtel Tfeila, l’autre soir, l’UPR  se faisait dans la transplantation de l’horticulture politique.


La Garde Nationale se distingue, désormais…

Un homme est mort. Un autre. Ce sont des éléments de la garde nationale qui l’ont tué. Il était déjà en prison pour quelques délits et récidives. Ils l’ont tué, en prison. 

En dehors de la prison, notre Garde Nationale sait tuer, également, comme elle le sait faire, visiblement, en prison. Le jeune mort n’était pas la seule victime des éléments de la garde ‘’en charge de tuer les prisonniers’’ dans le bagne de Dar Naïm. Il y avait deux autres, un évadé récent, ramené dans son trou, en plus d’un autre indiscipliné. Tous les trois ont été l’objet d’une correction musclée de la part des éléments de la garde. El Hassen Ould Brahim mourut après avoir vomi une coulée de sang. Les deux autres sont isolés des autres prisonniers et empêchés de tout contact avec les leurs.

Le régisseur a été limogé. La gendarmerie se saisit de l’affaire. Et, l’enquête poursuit son court, dit-on, officiellement. El Hassen Ould Brahim jugé indocile et impoli par les gardes pour avoir réclamé un complément de pitance trouve la mort.
C’est le second meurtre endossé par la Garde Nationale, en un temps record. Il y a quelques mois déjà Ould El Machdhoufi, employé de la société minière d’Akjoujt, MCM,  trouva la mort à la suite d’une  descente musclée orchestrée par une brigade de la Garde Nationale, venue de Nouakchott pour mater une grève des travailleurs de société de cuivre.
La brigade ‘’en charge de tuer les prisonniers’’ aurait été muté quelque part. Seul un élément est resté fidèle au lieu. Un fidèle, au lieu, mais aussi, fidèle au général Felix Negri, Chef d’Etat Major de la Garde Nationale. 

Jusqu’ici la Garde Nationale mauritanienne a  toujours été considérée comme le maillon faible de corps militaires ou paramilitaires. Elle n’a pas cette notoriété accordée, à tort ou à raison, pour la Gendarmerie Nationale. Elle ne dérangeait personne,  non plus pas, comme le faisait une police de plus en plus familiarisée avec les citoyens. Elle ne fait pas le poids des militaires. Cet outil qui sert à déloger un président civil, à défaut de défendre l’intégrité territoriale. Elle sert à garder, la Garde Nationale. Désormais, elle se distingue de plus en plus des autres corps. Elle va au-delà de la garderie, du gardiennage, et se distingue par la tuerie et le carnage…


Sécurité : alerte ou fausse alerte…

Depuis le week-end dernier, à partir des premières heures de la soirée, des postes de contrôles pour les automobilistes prennent position, un peu partout, sur les artères de la capitale. Des brigades de la gendarmerie et de la police veillent sur la circulation. On demande, d’abord, aux usagers de la route de décliner leurs identités, ensuite on ouvre la malle arrière pour s’assurer, ou se rassurer.

S’assurer de quoi ? Se rassurer sur quoi ? On ne sait vraiment pas les raisons véritables de ces patrouilles nocturnes. Des quantités de stupéfiants auraient été introduites dans le pays ? Une voiture suspecte venant d’ailleurs ? Du Mali voisin ? Une fausse alerte  qu’on ne saurait négliger, en ces temps de grands risques sur nos frontières. 

En tout cas, l’implication de la gendarmerie et l’appel à la police, marginalisée celle-là, depuis l’apparition des jeunots du général Mesgharou, laisse deviner le sérieux de la chose.

Une source sécuritaire indique à Biladi qu’il s’agit d’une mobilisation routinière. 
En dehors de la crise malienne, vers laquelle  les éléments djihadistes de l’Azawad devraient, normalement, orienter leurs efforts, la Mauritanie ne serait pas une cible opportune pour la nébuleuse Aqmi. 

Le pays vit depuis le début de l’été une trêve politique. Un apaisement ou un essoufflement ? Rien en tout cas, aucun élément nouveau sur ce registre ne convoque une telle mobilisation des corps gendarmes et policiers. Sauf, peut-être, l’ouverture des classes. La reprise des cours. Et, les colères estudiantines.

Pour Biladi


Noorinfo


              

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