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Noorinfo

B'il a dit: “Les généraux de l’armée morte...”


B'il a dit
Jeudi 11 Avril 2013 - 11:14

B’il a dit et redit des tas de choses. B’il dira et redira des tas d’autres choses. Lors de la déferlante d’arrivées, à l’aéroport de Nouakchott, des présidents des Etats membres de l’Organisation pour la Mise en Valeur du Fleuve Sénégal, l’occasion a été également - puisqu’on est un peu dans le registre de la mise en valeur, assorti d’un autre, cette fois-ci, se rapportant, à l’éviction d’un civil, l’ex Haut Commissaire de l’OMVS, Ould Merzough - celle de mettre en valeur nos généraux.


B'il a dit: “Les généraux de l’armée morte...”
Ainsi, le protocole s’est érigé une nouvelle place aux choyés de généraux bien avant les ministres de la République. Les ministres en sont, c’est une évidence, super contents. Ils auraient même accepté, volontiers, de passer derrière tous les militaires du pays. Y compris ceux qui sont en prison, en ce moment, pour les largesses, qu’ils ont, abusivement, consenties pour quelque homme d’affaire en herbe. Ils se réjouiraient, les ministres de la rectification, de postures bien dégradantes.

Le protocole d’Etat ne saurait agir de la sorte, sans l’injonction ferme du premier citoyen du pays. Un message de ce dernier, sans doute, pour dire, dans ce que disent les messages présidentiels, aux Mauritaniens et au monde entier que dans ce pays ce sont bien les militaires qui sont aux premières loges. Ce qui veut dire et redire que la logique protocolaire, les formes et les normes républicaines s’effacent allègrement face à l’étoilé le plus falot de la désormais noble race militaire.

C’est un message précis, aussi, à l’adresse des ‘’vils’’ fournisseurs civils, qui ont manifesté toute la semaine dernière, devant l’Etat-major national, pour réclamer des impayés, aux alentours de 350 millions, relatifs à des travaux de BTP. Des travaux presque forcés, et couteux, en plus, si les malheureux fournisseurs devaient se résoudre, un jour, à classer cette affaire dans la sphère de perte et profit. Pourtant, le colonel, responsable de ces impayés, qui s’est donné, lui-même, la liberté d’empocher ce pactole, pourrait bien continuer de se pavaner, dans l’attente d’une promotion prochaine, certaine. Le grade de général serait bien méritoire. Il oserait bien dire et redire à ceux qui s’indignent de son ambition, qu’il a juste récupéré, un tout petit peu de sa part du pays. A l’instar d’autres hauts gradés. Et personne ne daigne le contredire.

L’armée, notre armée, ne cesse de produire, de dire et d’ourdir des tas de choses aussi invraisemblables les unes, les autres. Elle n’arrive même plus à contenir ses dires et ce qui s’en dit. Le lieutenant de la garde nationale, Ould El Hadi Ould Sediq, arrêté pour avoir, dit-on, prêté main de soutien au détenu préventif, Mohamed Ould Debbagh, a dit des choses. Aux enquêteurs, il a tout simplement avoué qu’il a bien reçu la somme de 500 mille ouguiyas et un bon pour quelques tonnes de ciments. Il a avoué, mais il a dit, dans ce qu’il a dit, qu’il assume. Et que d’autres aussi, au sein de la grande muette, ou ‘’la petite bavarde’’ - on ne sait plus avec la déferlante de scandales - devraient assumer.

En attendant la gendarmerie poursuit sa chasse aux contacts d’Ould Khowmani. Ses amis, les boutiquiers, paisibles, chez qui il aurait acheté une bouteille d’eau minérale, Al Assil, par exemple, dans ‘’son originalité’’, sont appréhendés par les forces gendarmes, en charge de l’enquête. Les arrestations touchent le monde civil, bien sûr, le monde immonde impropre de l’espèce. Mais, on n’évolue jamais vers l’armée, ni chez elle d’ailleurs, que pour promouvoir au grade de général.

Ismaïl Kadaré, convié, ici, dans nos contrée, pour on ne sait quel hasard, le fabuleux romancier albanais, aurait bien pu réécrire, avec quelques légères retouches son premier roman : Le général de l’armée morte.
Le général avait pour mission, à la fois insolite et funeste, de déterrer les ossements s des soldats morts sur le sol albanais pour les restituer à leur famille.

Ici, le génie de l’écrivain albanais serait de restituer la chair, l’âme, de toute une armée, à la République. Une autre réécriture du titre s’impose, dans le cas mauritanien : ‘’Les généraux de l’armée morte…’’

B’…
pour Biladi
Noorinfo


              

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