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B’il a dit : Les 400 d'Aziz


Tribunes
Jeudi 27 Mars 2014 - 16:44

L’échec de l’école en direct.

B’il a dit et redit des tas de choses. B’il dira et redira des tas d’autres choses. Quatre cents jeunes ont rencontré le président.


B’il a dit : Les 400 d'Aziz
Quatre cents espoirs, si on s’en tient au slogan d’une rencontre tant médiatisée, en amont, par les médias publics, et surtout par la télévision nationale, l’ancienne TVM, devenue, le temps d’une rencontre, la Mauritanienne. Quatre cents lumières, un soleil permanent, des instants sans nuit, ni soir, ni même ombre ou pénombre. Des universitaires venus de partout et d’ailleurs, sortis des grandes écoles d’Occident, du Maghreb et d’Orient. Un amphithéâtre plein à craquer de vigueur, d’ardeurs premières, celles qui portent les soucis de la Mauritanie de demain. Les clés de la réussite future d’une société qui a perdu sa boussole et qui se cherche toujours. Ils étaient, les quatre cents espoirs. Les meilleurs des meilleures, puisque triés parmi quelques milliers de postulants à la rencontre présidentielle. C’est dire l’espoir pluriel auquel on s’attendait. Pas seulement pluriel, en plus, mais un concentré d’espoir. Le meilleur de nous. Notre cru. La pression première de notre produit national. Notre école, dit-on.

Et même les écoles d’ailleurs. Or la pression première était, hélas, juste une impression première. Puisque les premières interventions de la rencontre l’ont rendue – la pression première- en une impression, si éphémère, si lointaine, si primaire et primitive, pour que les téléspectateurs se torturaient par la suite à entendre syllabisés des borborygmes, énoncé, soi-disant, en passant, d’un langage approximatif, qui disait, dans ce qu’il disait l’échec de l’école mauritanienne. Dont le produit, la crème de sa sève, faisait terrifier, les ossements des illustres de ce monde qui ont conçu, ou réfléchi, un jour lointain, à un code normatif pour la langue aussi bien arabe que française. Du pays de deux sources, le Tigre et l’Euphrate, des deux écoles de la grammaire arabe, de Koufa et de Bassorah, Sibawayhi, Ibn Malick, devaient mourir une seconde fois, dans l’amphithéâtre de la nouvelle faculté de la médecine du pays d’un million de poètes. Tout comme s’assassinaient, dans l’amphithéâtre, ce soir-là, sur et par la bouche des auteurs, docteurs et doctorants sortants de l’Hexagone, de illustres créateurs de la langue française. Morts, une seconde mort, les Voltaire, Hugo, Molière et bien d’autres penseurs et écrivains de monde.

Le président allait passer maître. Maître de conférences. Un professeur émérite. Qui pouvait, il en avait bien le loisir et le plaisir, et pourquoi pas le droit, de réajuster sa position assise, en posture dédaigneuse et méprisante des quatre cents étoiles, là, devant, qui s’éclipsaient, se ternissaient, à mesure que s’évanouissaient les sciences et connaissances de l’école, qui les a produites. Parmi les intervenants, il y avait, bien sûr, des exceptions qui confirmaient la règle de la médiocrité générale. Il y a toujours, c’est connu, une exception, pour chaque règle, dans l’histoire de règles. Celles de la grammaire, la conjugaison, l’orthographe avaient, ce soir-là, un rendez-vous avec le dérèglement linguistique.

B‘...

La reproduction du pire…

Mais, qui sont donc ces quatre cents choyés de la République. Il ne fallait pas aller très loin pour savoir. On n’a pas besoin d’aller en France pour tordre le français. Ni séjourner à Damas ou à Baghdad pour torpiller la langue arabe. C’étaient des voyages absurdes, coûteux et insensés. Pourquoi aller vers l’ailleurs pour le savoir ? Pour donner un sens aux choses. Pour savoir qui est qui et qui fait quoi. On a les réponses. Ici. Pour dire que les quatre cents élus de la République n’étaient pas très trop loin d’ici. Ils étaient, qui, fils de quelqu’un de bien noté, socialement, qui fille d’une griffe sociale illustre. Qui frangin d’un ministre de la République actuelle. Ou un homme d’affaires. On est toujours, fils, filles, neveux, nièces, de quelqu’un du système. Une reproduction, en somme de l’élite, qui gouverne, celle qui a toujours, ou à un moment de l’histoire, gouverné ce pays. Avec quelques places réservées aux jeunes qui ne cessaient de crier contre le pouvoir. Le vilipender sur les réseaux sociaux, dans les artères de Nouakchott. Une place à ces repentis, dont l’opposition a été compris par le pouvoir en place comme une réclame publicitaire pour leur petite personne. Juste compréhension.

À voir des fieffés d’opposants d’hier se joindre à la masse. On comprend. On agrémente, au passage. Une manière de dire une forme d’inclusion envers les détracteurs. Et une façon de faire appel à d’autres crieurs de soi pour une place sous le soleil de la République. L’heure, ce soir-là, était dédiée à la Mauritanie de Demain. Celle du second mandat. Le premier, on s’en souvient, était dédié aux pauvres, à la lutte contre la gabegie, les passe-droits et autres tares, qui ont, comme on aime bien dire, mises à genoux la Mauritanie d’hier. Celle, qui s’est levée, bien entendu, sur ses deux pieds, un certain 06 août 2008. Une rencontre pour demain. Sur l’hier, on essaie d’être parcimonieux, comme on sait le faire, par ailleurs. Juste rappeler les slogans. Sans s’appesantir sur la réalité des choses. Sans aller en profondeur. En restant toujours sur la surface. L’exception qui a été donnée, sur la bouche de quelques intervenants, avait contrarié le premier conférencier de la République. Zakaria Ould Mohamed Salem n’avait rien compris. Il était trop sincère, trop précis, trop en profondeur, alors que le niveau de débat requis était réglé d’avance en fonction de la platitude du plat à servir ce soir-là. Rabab Hachem, elle aussi, la crédule, dont dégageait une colère sincère, était trop sophistiquée, trop intelligente et surtout trop sérieuse dans sa démarche.

Sa démarche citoyenne, dans une affaire, où le niveau de citoyenneté permis devait s’exprimer uniquement par des mots, voire demi-mots ou quart-de-mots, dont on est sûr qu’ils avaient bien perdu tous leurs sens de pertinence. Les deux ingénus avaient reposé, d’une certaine manière, ce soir-là, sur la table des questions, qui rappelaient le mot BILAN. Le bilan d’un homme, qui gérait et gère, toujours-celui-là, en haut sur l’estrade-au moins d’une manière officielle, le pays, depuis 2009. En 2008, c’était juste une rectification. En 2005, une rupture. Et une décennie, auparavant, une continuité. Si vraiment, l’heure était celle du bilan, sincèrement, sérieusement, et qu’on n’avait rien à maquiller, qu’aucun vernis moral ne craignait l’anéantissement au contact de la vérité, cruelle vérité, on allait revisiter le bilan du mandat finissant. Pourquoi pas, le vernis de la lutte contre la gabegie résiste bien. Parlons-en alors, en profondeur. Sortez-moi, vous, jeunesse, fouineuse et perspicace, une seule personne de mon entourage, qui a profité de passe-droit ou de quelque trafic d’influence. Les voilà, je vous les cite, un à un, vous me contredisez, si je profère mensonge… C’est dire que la rencontre était tout sauf celle de l’espoir en une jeunesse.

Tout sauf même l’espoir de ceux qui viendront après. Un jeune de quatorze était-là, pour dire que même le demain d’après sera encore plus désolant, plus triste. On l’a présenté, ce jeune, pour, dit-on, son innocence. Comme s’il avait, à l’entendre discourir, tété le sein de l’innocence un jour. Il était-là visiblement pour assurer et rassurer sur la relève de ses aînés. Pour dire que demain encore, et le demain d’après, ils continueront à applaudir. A jouer la répartition de la flagornerie. Comme quoi, nous sommes là, les quatorze ans, imberbes encore, et serons ici, quand nous aurons quarante printemps, toujours là en surface, sans relief, plate des platitudes antérieures que nous perpétuerons à l’éternité…

B‘...

Source:Rmibiladi
Noorinfo


              

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