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B’il a dit...Le temps des ordures…


Tribunes
Jeudi 6 Novembre 2014 - 11:57

B’il a dit et redit et redit des tas de choses. B’il dira et redira des tas d’autres choses. La colère a couvé toute une semaine durant. Jamais ire n’a été si grave, si impétueuse, si intensément vécue. Le sentiment d’humiliation était général. Quoi dire ? Quoi faire ? On ne sait ! On ne sait, jusqu’ à présent. Un danger guette la peuplade. Toutes ses espèces. Toutes ses races et ethnies. Ses tribus.
Ses fractions, sous-fraction, petits et grands ensembles tribaux. Ses petites et grandes familles. Le mépris se ressent profondément chez chacun. Chacune. Tout un chacun se dit, dans ce qu’il dit et se dit, exclusivement visé.


B’il a dit...Le temps des ordures…
“C’est ma tribu, mon ethnie, ma race, pour dire ma famille, pour dire moi, mon moi, jamais égalé, jamais atteint… mon moi, la noblesse, fils de noblesse, autant qu’on remonte vers les lignées anciennes de la noblesse, de la gloire, de la vertu, de la valeur. Moi, le pur des purs. Moi, le plus racé des plus racés. Moi, le soleil de midi. 

La pleine lune. Le glaive. Le livre. Moi, l’abondance altière. L’arrogance guerrière. La chimère maraboutique. Moi, le refuge du dénuement. Moi, la tâche indélébile. La tache sans tache. Moi, la salissure, l’abjection, la vilénie. Moi, l’ordure. Bon sang !’’

Ainsi parle chaque ordure depuis une semaine. En période de colère ordurière tout est permis. L’agitation atteint son paroxysme. Les débats font rage. Chaque clan tient son conclave. Toutes les sentences s’exposent. Des plus extrêmes ou plus conciliantes. Le politique s’y invite. L’opportunisme ordurier se prononce. L’immobilisme se dénonce. Tout et son contraire s’entend. ‘’ Pourquoi ? 

Pourquoi, nous et pas eux ? Pourquoi nous qui devons dégager et pas eux ? C’est inacceptable, grince une jeune ordure, née, récemment, de la dernière pluie. 

Entre mille voix de sympathie à l’adresse de la jeune enflammé et rebelle d’ordure, une mi-capsule, disons, noble à moitié, disons-le, ayant perdu son éclat d’âme sous l’effet d’alternance caniculaire et celle de l’hiver, tributaire, désormais, d’une ancienne boîte de tomate, qui lui offre abri et protection, une voix grave, à plis, ondulante, à l’image ou presque de son émetteur d’ancien quelque chose, un ressort d’automobile, à l’origine, dit-on, chef incontestable,  légitimement bien enraciné dans les marécages, vénéré et respecté de toutes et de tous, de toute la tribu et des tribus d’immondices voisines, dit, dans ce qu’elle dit : ‘’  Assez ! 

Assez ! Assez ! Sa voix traverse le calme, l’écho la redit, dans chaque bout de quelque chose, bouteille trouée, à tribu douteuse, morceau de broderie de la poche d’un boubou, déraciné, un démarreur d’une quatre cent quatre familiale, calciné, un conglomérat de résidus antiques de nourritures terrestres, croûtes de riz emmêlées à des pâtes et du pain à la braise, logeant dans une cavité ferreuse de quelque bolide sans nom… La voix s’entend au-delà de tous les murmures, transcende toutes les velléités de révoltes insurrectionnelles.

“Assez, Assez, Assez, redisent, en trame, telle une voix de vague rendue docile, domptée,  les échotiers de l’ordure publique.’’ ‘’ Ce qui s’est passé s’est passé. Ce qui s’est passé à un nom. Chaque chose a un nom. Il faut le trouver. Y songer un instant. Contenir sa colère instinctive. Surpasser son égo. 

Il a un nom. Tout ce qui est arrivé se résume en une seule expression : ‘’ Mon doigt a éborgné mon œil. ‘’ Que peut-on faire ? Aller crier, battre le pavé, incendier bâtisses et établissements publics, se rassembler devant les portiques de la République ? 

Serions-nous sûrs de gagner la partie ? A la guerre comme à la guerre. Les représailles seront des plus destructrices. Nos villages seront dévastés. Villes mises à feux. Filles violentées. Enfants brûlés vifs. Et qui sont finalement nos destructeurs ? Ce sont nos frères et nos sœurs. C’est vrai, qu’ils nous ont causés du tort. 

Un peu humiliés. Méprisés un peu. Ils ont craché sur notre honneur, notre égo collectif. Mais, je vous le dis, le redis, vous le savez, je ne vous apprends rien,  l’adage : ‘’ baise la main que tu n’as pas su amputer !’’ Ils sont nos frères. Il faut les comprendre. 

Un peu envieux, un peu jaloux de notre réputation, notre gloire qui croit chaque jour, chaque instant et annihile un peu leur notoriété, leur respectabilité. Rassurez-vous, ce qui s’est passé la semaine dernière est une chance pour nous, les prémices d’un avenir radieux, je vous le dis maintenant, pour notre espèce. 

C’est, justement, le déclin de l’espèce humaine qui régit ces contrées. Sous peu, je vous dis, sous peu. Je sais, de ma vie de ressort de tous les âges, toutes les époques, nous n’avons jamais été si proches de notre règne d’ordures, de la pure race de l’ordure, l’ordure matérielle, puissantes et souveraines, avant la semaine dernière.

Il s’agit de faire quoi, pour reprendre la peau de banane ivoirienne ? Faire une marche. Une initiative de soutien au chef humain suprême de ces terres. Vous verrez, écoutez la parole qui fait pleurer et non celle qui fait rire. L’époque est celle de la matière. C’est notre force, la matière. Il n’y a que deux ordures. La nôtre est la plus noble. Nous gagnerons. Nous retournerons.’’

B’…

B’il a dit et redit des tas de choses. B’il dira et redira des tas d’autres choses. L’une de nos ministres, entre deux coups de balai, prend sous son épaule son parapheur. Elle n’a rien contre son parapheur. Comme, elle n’a rien contre son ordure. Celle qu’elle pousse chaque jour et qui revient le jour d’après. Revient, sous son épaule d’ordure son parapheur.

Son parapheur de ministre sous l’épaule, elle le ramène à sa sortie vespérale de son bureau vers sa famille. Là-bas, elle appelle son frère, un frangin génial, qui aime tant sa sœur de ministre, qu’il assume à sa place et charge les annotations qu’elle est censée porter sur les correspondances et autres courriers administratifs destinés à elle. 

A elle, pas la sœur, mais, la ministre de quelque chose, dans le gouvernement d’Ould Hademine. Elle ne sait pas lire visiblement. Ou, elle ne sait pas comprendre, si elle arrive à déchiffrer. Et c’est son frère qui lui assure sa mission d’annoter ses correspondances ministérielles. Elle siège, pourtant, chaque semaine au sein du conseil des ministres.

B’…

Source:Rmibiladi
Noorinfo


              

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