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B’il a dit...Le meilleur scrutin possible…


Actu Mauritanie
Jeudi 26 Juin 2014 - 12:20

B’il a dit et redit des tas de choses. B’il dira et redira des tas d’autres choses. Le taux de participation à l’élection présidentielle qui vient de finir a été présenté comme un véritable enjeu. Comme s’il voulait dire quelque chose dans un pays où le candidat du système tient les choses en mains, bien en amont et en aval du jour de scrutin.


B’il a dit...Le meilleur scrutin possible…
 Le scrutin devient de fait une formalité. Un passage. A vide. Et dans le vide. Le taux de participation de cette présidentielle était sans doute en-deçà de l’attente du président rentrant-rentrant. On n’a pas vraiment senti l’euphorie des grandes victoires. Même l’équipe de foot brésilienne, au Mondial, a suscité plus de joie et d’allégresse que la victoire de Mohamed Ould Abdel Aziz. Il y avait comme une sorte de culpabilité, une honte, dans l’âme chez les caciques de la majorité. Toute l’administration, ses ministres, ses institutions, ses générosités et promesses généreuses, tous les généraux de l’Armée, mobilisés, tous les hommes d’affaires, qui comptent et ceux qui ne comptent rien du tout étaient intéressés et déterminés alors à plafonner le taux de participation. Une énergie vaine, qui s’est heurtée à la barre de 56%.

La honte quoi ? Mais, le président trouve une explication géniale, répondant aux journalistes du journal Le Monde et RFI. Ça a régressé, le taux de participation, après 2009, à cause des morts et des personnes en voyage. Comme quoi, le mandat finissant n’était pas la vraie forme si on devait s’en tenir à la raison moribonde et voyagiste du premier citoyen du pays. Combien ? 20, 30% ou 40% de l’électorat qui a rendu l’âme au cours du mandat finissant. 5% en instance de voyage.

Une répartition raisonnable. La plus plausible en tout cas. Puisque les raisons de la mort sont bien plus nombreuses, ici, que celles du voyage. Et le premier citoyen d’un pays sait mieux que quiconque le potentiel de mortalité de ses compatriotes. Et les raisons ne sauraient bien sûr lui échapper. Tout aussi bien que le taux de participation. Toutefois, le taux de participation à cette élection, demeure, selon celui qui porte la parole du candidat, la meilleure de toutes de la sous région. Et celle-là, aussi, est la meilleure de toutes. De la sous région et de bien des ailleurs. Ce qui nous manquait justement. On était déjà meilleurs que tous ces pays, dans tous les domaines.

Depuis Maaouya. Avec Aziz on est encore passé meilleur sur le plan de santé publique. Et avec lui encore on passe, à l’issue de cette échéance, le meilleur en termes de taux de participation aux élections. Et ce n’est pas fini. C’est vrai, nous passons aussi champion des pays de la sous-région en matière de mortalité des électeurs au cours d’un mandat présidentiel. Ould Abdel Aziz annonce, il ne faut pas l’occulter, ses inspirations toutes littéraires. Un second mandat tout littéraire. On l’a vu se faire Estragon. Se faisant dans ce qu’il faisait l’absurde beckettien.

Et en président de l’Union Africaine, il se fait dans la littérature africaine. C’est comme s’il avait lu ‘’ En attendant le vote des bêtes sauvages’’ d’Ahmadou Kourouma. Koyaga, le chasseur et président-dictateur de la République du Golfe, l’homme à veillées légendaires qui retracent l’entièreté de son parcours. C’était bien légitime pour Kourouma de donner la parole, la voix, aux bêtes sauvages. Des voix dignes des démocraties africaines.

L’entièreté chez Ould Abdel Aziz, ça se délègue. Il n’avait pas compté avec et sur la mort d’autrui. Il se prend, peut-être, bien, lui, dans une station bien suprême aux humains. Son slogan Aziz avec nous, en dit long et haut sur l’idée qu’il se fait de lui. Aziz, en arabe qui est l’un des quatre-vingt-dix-neuf attributs d’ALLAH. Et que tout musulman ne saurait se l’attribuer sans l’accompagner d’un vocable rappelant sa station humaine, en opposition à celle du Créateur. Il pensait que ses électeurs étaient mortels.

C’est comme s’il s’était rendu du contraire, à l’issue du scrutin. Pour, lui, le vote des morts était une affaire normale. Seulement, on aurait pu créer un mécanisme fiable qui le permettrait. Avec un enrôlement biométrique des plus fiables de la sous-région on aurait bien pu encore les laisser loin derrière, les pays de la sous-région, en faisant voter les morts.

Et le taux de participation en sortirait encore meilleur. On a attendu Godot pour la légitimité, lors de la campagne présidentielle. Le jour du scrutin, on s’attendait, pour encore plus de légitimité, au vote des morts. Finalement, le cimetière n’a libéré aucune âme qui vote. Il fallait bien faire le second mandat avec les terriens. Ceux qui bougent encore au-dessus la terre. Un mandat terre-à-terre. En attendant le vote des morts…

B‘...

Tous les électeurs se valent…

B’il a dit et redit des tas de choses. B’il dira et redira des tas d’autres choses. Lors du scrutin, Mohamed Ould Abdel Aziz a tenu à impliquer les hommes d’affaires. Ils devaient travailler sur le taux de participation. Ils n’avaient pas songé aux morts. Ils étaient peut-être un peu naïfs sur ce coup là. La missions consistait à rendre disponible un moyen de locomotion pour chaque électeur, qui souhaite voter. N’importe où.

A n’importe qui. Les candidats à la présidentielle, ce jour-là, sont revenus à un. Un retour un peu aux origines. Un électeur était utile. Qu’il soit un électeur de Biram, Boidiel, Sarr, Lalle. Tous ces candidats sont redevenus, en l’espace d’une journée, des synonymes, pas des synonymes, des équivalents, disons, de Mohamed Ould Abdel Aziz. Puisqu’on vote pour le taux de participation. Et pour élire un candidat, dont l’élection est sûre. On ne défonce pas une porte ouverte. Même si elle ouvre sur Ould Abdel Aziz. Surtout. Les hommes d’affaires qui ont profité du système de Mohamed Ould Abdel Aziz, pour certains d’entre eux, ne souhaitent pas trop s’afficher. Ils préfèrent casquer et s’éloigner.

Avoir le beurre, l’argent du beurre et éviter la galère. La galère, ici, c’est connu, elle vient après chaque changement de régime. Et certains aiment bien brouter l’écart, sans être vus, pour que demain ils ressurgissent encore pour vilipender ceux qui ont profité du système anté. En malin, Mohamed Ould Abdel Aziz, ne veut plus porter, à lui, seul la Responsabilité. Et quand, il y a des comptes à faire un jour, il n’y a pas mieux qu’un homme d’affaires !

B‘...

Source:RMIbiladi
Noorinfo


              

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