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B’il a dit… “La Plaisanterie…”


Tribunes
Jeudi 5 Juin 2014 - 12:16

B’il a dit et redit des tas de choses. B’il dira et redira des tas d’autres choses. ‘’Une valeur galvaudée et une illusion démasquée ont le même pitoyable corps, elles se ressemblent et rien n‘est plus aisé que de les confondre.’’ La Plaisanterie de Milan Kundera. La plaisanterie de l’auteur de l’Insoutenable Légèreté de l’Etre, qui s’invite, non elle ne s’invite pas. La plaisanterie, elle s’invoque de nos jours de fin de mandat présidentiel, de l’entame d’un autre, dans la foulée d’une campagne, qui a déjà commencé avant qu’elle ne commence.


B’il a dit… “La Plaisanterie…”
C’est une histoire de plaisanterie, moins le destin tragique de Ludvik. Fait de plaisanterie en plaisanterie. De la première, celle, qui, dans sa jeunesse de plaisantin, de la Tchécoslovaquie de l’après guerre, qui l’a conduit au bannissement du parti communiste, au bagne tout court, pieds et mains longs dans les abysses du totalitarisme. Une valeur galvaudée. Une illusion démasquée. Un même corps. Une ressemblance voire une confusion. On y est. Qu’est-ce qu’on n’a pas galvaudé, ici ? La lutte contre la gabegie, même ça n’en est pas une. Les chantiers à n’en pas finir, même s’ils ne finissent jamais. Et les initiatives, initiatives. Les soutiens, soutiens. On est dans la plaisanterie aussi bien dans son acception littéraliste que kunderienne. On plaisante. Tous. Le premier citoyen du pays plaisante.

Plaisante au cours début de son mandat, à mi-parcours et à la fin, qui est le commencement d’un autre mandat à plaisanterie. Quand une plaisanterie rapporte, permet de donner une onction de légitimité à un mandat présidentiel, elle saurait bien faire moins à un citoyen lambda et même pour un banquier en mal de devise, un industriel en mal d’industrie, un commerçant en mal de commerce. C’est là où nait l’initiative. C’est là où nait la plaisanterie. C’est là où la valeur se confond avec l’illusion. C’est là où, tout simplement, les mots perdent leur sens. Et empruntent le chemin du champ lexical où poussent les herbes de l’insignifiance, de l’illusion, du néant et du rien du tout. Admettons qu’on ose plaisanter un peu.

Et plaisantons alors. Et disons, dans nos plaisanteries, une seule, par exemple : Un enfant. Un collégien, disons, revenant de son cours de langue et qui, dans ses airs de collégiens, fouineur et indiscret, tombe sur un bout de papier. Un papier juste un papier, qui traine, là, sous ses pieds et qu’il tente de lire le petit texte, l’unique mot griffonné dessus. Il lit : Initiative. Et s’en va de son chemin tout droit consulter un dictionnaire. Dans lequel il allait lire à-peu-près ceci : Initiative : Action de celui qui, le premier, propose, entreprend, réalise quelque chose de lui-même. Prendre l‘initiative de (qqc.); à/sur l‘initiative de (qqn). Plus tard dans la soirée, il entendra sur la bouche du journaliste de la télévision locale le même mot. Et ensuite l’image qui viendra après avec des banderoles et affiches, à n’en pas finir, sur lesquelles le même mot est repris autant de fois. Imaginons son désarroi. Le doute, qui le saisirait.

Le doute, oui, puisque ce qu’il a vu, là, il l’a déjà vu, depuis sa prime enfance. Des gens qui soutiennent le président actuel. Et, pour lui, c’était tout sauf une initiative. Ce mot génial, et tellement frais, parce que dépourvu de surfait. A moins que la référence de la langue qu’il a consultée n’ait pas tout dit sur le sens de ce vocable. Le petit jeune n’a certes pas encore lu La Plaisanterie. Autant que le journaliste d’en face, qui ne la lira jamais, celui-là. Autant que les initiateurs de l’autre scène. Sinon, on comprend mieux. Si une valeur galvaudée et une illusion démasquée pourraient se retrouver, telle une âme, à l’intérieur dans un seul corps, pitoyable, soit-il, ou impitoyable, c’est qu’une initiative sait mieux s’auto-élire siège sous n’importe quel abri, tout avec n’importe quelle antinomie.

L’initiative, ici, même si elle est l’enfant incestueux, parmi une fratrie d’incestueux, de pères illégitimes, elle est tout de même le produit d’une époque. De son temps. Celui-là même où on peut parler de la lutte contre la gabegie et le népotisme pour dire le contraire. C’est dire que ce n’est pas l’unique mot qui a perdu son sens, ici. On ne sait pas ce qui fait perdre aux mots leurs sens, ici. On a intérêt, peut-être, à réfléchir, un jour. Un jour, si les mots allaient se révolter et revendiquer leurs vrais sens. Si même, on ne sait jamais, en plaisantant, dans leurs plaisanteries de mots, ils décideraient un coup d’Etat. Une loi lexicale. Radicale et spartiate. Ils trouveraient bien qui y croiraient.

Qui jureraient de leur règne de mots. De la stabilité des contrées, des chantiers, acquis et performances réalisés en si peu de temps. Jamais un président, ni chef d’Etat n’en a réalisés autant. Et même, si ce jour-là, le jour des mots, le plus fort, le plus gros des mots, allait dire : ‘’écoutez, bonnes gens d’humains, c’était une plaisanterie, cette histoire. Nous sommes des simples mots du langage. Nous espérons tout simplement un retour à la normalité.’’ La normalité des mots. Initiative, soutien, inaugureront, certes, ce jour-là une autre acception. Qu’en dira-t-on ? Initiative de soutien à l’initiative de soutien à l’initiative de soutien. Ça ne finit jamais, cette histoire-là. C’était, peut-être, une plaisanterie. On ne sait plus. B‘...

Source:Rmibiladi
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