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B’il a dit...L’humiliation de la lutte contre la gabegie


Tribunes
Jeudi 2 Octobre 2014 - 12:11

B’il a dit et redit des tas de choses. B’il dira et redira des tas d’autres choses. La philosophie de la Mauritanie Nouvelle est construite- en dehors du néant philosophique qui en constitue le substrat fondateur- sur les dires et re-dires. On dit une chose. On la redit. Le premier diseur de la République dit. Puis redit. Les ministres, un à un, disent et redisent.


B’il a dit...L’humiliation de la lutte contre la gabegie
La Mauritanienne de son nouveau nom reprend l’écho. Et les autres échotiers de la presse répètent. En termes de communication, on appelle ça le matraquage. En termes d’informations, on appelle ça autre chose. Tous les projets et réformes phares de la Mauritanie Nouvelle sont nés pour être dits, redits. Ils ne vont jamais au-delà du niveau zéro de la naissance. De la naissance, ils n’ont que le nom. La lutte contre la gabegie, par exemple, en tête officiellement, sur la liste des dits, édits et redits, du premier re-diseur de la République n’a jamais dépassé une histoire de dires. On a bien placé en prison quelques marginaux, on a bien remboursé au trésor quelques radis. Mais, on n’ose même plus en parler aujourd’hui. Puisque, la lutte contre la gabegie, elle n’a pas seulement subi une mort à sa naissance.

Une mort pour elle serait bien plus reposante, plus digne. Mais elle a souffert d’une mort de l’âme. L’humiliation. On l’humilie chaque jour et dans toutes les contrées du pays. L’humiliation de la lutte contre la gabegie tient bien à faire son chemin, de terre, de fer, de mer et d’air. Pour laisser sur chaque point parcouru – parce qu’elle parcourt et court toujours aussi bien ici qu’ailleurs- du territoire une tâche d’humiliation, un déni du discours officiel. Tous les chemins ne mènent pas seulement à l’humiliation de la lutte contre la gabegie, mais ils sont jonchés de bornes d’infamie et de mensonge.

Le train minéralier le plus long du monde, parcourt, à toutes les heures de la journée et de la soirée parcourt les sept cents kilomètres, qui relient le désert ferreux de Tiris Zemmour et le port maritime de Nouadhibou. Sur son chemin ferreux, le train s’humilie, chaque instant, déraye quelquefois heurté par l’une d’innombrables stations de déni de la lutte contre la gabegie. Il y a toujours un monticule de sable par-là, un autre par-ci, pour humilier le contrat de nettoyage du chemin de fer, son désensablement, octroyé en faveur d’un bienheureux et bien nommé, pour la bagatelle de quelque million. Même à son arrêt, les rares moments d’arrêts, il y a une relève.

L’ATTM est là, pour octroyer au même veinard de la Mauritanie Nouvelle un autre marché, avec prime de notoriété, une avance à la simple signature du contrat. L’humiliation de la lutte contre la gabegie continue s’envole même dans les airs, et pas n’importe quels airs, les airs du hadj pour les lieux saints de l’Islam. Douze choyés de pèlerins, tous sur les frais du contribuable mauritanien, grâce à la générosité de l’un des désormais humiliateurs en chef de la lutte contre la gabegie. Celui-là même qui l’a humilié en interne et en externe de la SNIM. Sur la route de Mokhtar Ould Daddah. En chair et en os, elle s’humilie pour la soupe présidentielle. En fer et en béton, elle s’humilie, la lutte contre la gabegie.

L’Etat mauritanien prend désormais en charge les frais de pèlerinage, transports et autres, de bien des personnes, qui n’ont aucun statut officiel, en dehors de quelques liens de parenté avec le premier carré privé de la République. Dire redire et croire à ses dires. Les dires et re-dires du premier diseur de la République lui reviennent en échos à travers sa presse officielle et ses échotiers parapublics. Il y croit. Finalement, c’est vrai, cette histoire dite et redite, un jour passé. Comme l’histoire de l’exportation de l’électricité vers les pays voisins.

La production de l’électricité par le gaz Banda. On y croit. Même si les vrais spécialistes savent que le projet en question est irréalisable. Le coût est tellement hors de portée qu’il écarte toute possibilité de transformation en électricité. Il faut forêt deux puits et les relier par la suite et installer un robot permanent pour prévenir toute fuite éventuelle de gaz. La mise à disposition d’un robot nécessite des sommes faramineuses par heure. Il y a aussi un autre procédé, une plateforme pouvant accueillir un hélico en cas de faille. Un coût également hors de toute portée.

La SPEG risque bien de n’être qu’une énième humiliation de la politique énergétique de la Mauritanie Nouvelle. Qui s’ajoute à l’humiliation de la lutte contre la gabegie. C’est une affaire qui risque devenir un autre gouffre pour la SNIM. La vache qui dit le laissé aller de la Mauritanie Nouvelle. Elle qui achète des avions, pour trente neuf millions de dollars, des parts dans la radio de Mauritanie, prête à un projet plombé d’aéroport international, quinze milliards d’ouguiyas, qui risque de ne pas décoller, ni faire décoller aucun avion ni l’atterrir.

Aujourd’hui, la SNIM devra faire face à la chute du fer sur le marché mondial, elle qui a gaspillé argent, sans réfléchir, et qui a multiplié ses dépenses par trois, en conservant la même production, dans l’espoir de la croître plus tard après la fin de projet en cours, coûteux, qui risque bien ne pas connaître un amortissement de sitôt. La SNIM doit venir en aide à une autre filiale, l’ATTM. Elle a déjà coûté dix milliards de perte sèche, selon un audit de la SNIM. Plus huit autres milliards décidés par la SNIM, en début d’année en cours, pour sauver ce gouffre, qui ne sert qu’à enrichir les humiliateurs invétérés de la lutte contre la gabegie de la Mauritanie Nouvelle. Elle irait bien crier famine un jour proche chez une fourmi peu prêteuse.

Au temps chaud, elle chantait l’humiliation à tout venant du tout parvenant et parvenu. Dire et redire. La presse publique ne cesse de parler de la très prochaine exportation de l’électricité. On diffuse même pour étayer une information relative à la signature d’une convention entre le Sénégal et la Mauritanie, dans ce cadre. Elle est passée en boucle. C’est une affaire qui s’entamerait en 2015. Un peu comme l’aéroport international, inauguré en 2011 pour être opérationnel en 2013.

On est en 2014, bientôt 2015, et le 2016 d’après et le nouvel aéroport international, le nain, pour les intimes, ne fait décoller aucun avion. On l’attendrait plus à faire voguer des voiliers sur le sable mouvant que faire décoller un quelconque appareil volant. Un appareil volé. Oui, peut-être. Ça, oui, il le fera décoller, il décolle même déjà et s’y colle assez bien d’ailleurs.

B‘..

Source:Rmibiladi
Noorinfo


              

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