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B’il a dit…Histoire de cœur et du cœur…


Tribunes
Vendredi 21 Novembre 2014 - 10:20

B’il a dit et redit des tas des choses. B’il dira et redira des tas d’autres choses. Toute ville, toute bourgade, village, même quelques familles rassemblées, par exemple, autour d’un point d’eau dans le nulle part disposent d’un centre, un point central, qui marque un peu le centre de gravité, le cœur de la petite ou grande cité.


B’il a dit…Histoire de cœur et du cœur…
Les premiers venus se servent les premiers. De toutes les façons, la concurrence ne devrait pas faire rage. Le monde était si petit. Le besoins si minimes. 

Les égos si réduits. Au fur et à mesure qu’une cité évolue, évoluent son petit monde, ses besoins et ses égos. 
Or le cœur d’une ville reste toujours son cœur. Quelles que soient les velléités qui naîtraient par la suite et le désir surgissant des venants d’après. On a essayé avec le Tarhil. 

Tiens ! On délocalise la misère et on lui concède, gentille misère, mais enfin, sympa tout de même, un ancrage dans la ville, ça embrasserait le cœur de la chose, à défaut de le posséder. 

Haut-et-fort, on verse quelques larmes, on pose devant les objectifs de télévisions cédant son épaule à une misère et on dit l’ami des pauvres, leur allié. Ensuite, on pose une pierre pour marquer la route qui relie la misère à la chimère. Ça fait travailler des camions, des engins, terrassements et remblais. 

Les pauvres sont un peu oubliés, même si on bosse pour les rendre heureux. Puis les routes deviennent noires d’asphaltes. Télévisions, caméras, dépêches. Un sacré coup médiatique. Une adresse on ne peut plus clémente envers les nouveaux anciens et toujours bannis de la ville. 

Mais alors, on est encore loin, très loin du cœur, loin de cœur. Tout cela n’est rien. C’est vrai, on s’est loti, on s’est nanti. Des terrains à n’en  pas finir, à madame, au gendre, à la belle fille, et la mauvaise, au beau-fils et mauvais. Et encore. A Soi. Mais encore ? Mais encore rien, ce n’est rien. De la petite valeur. Des abats. Des abatis. 

Rien que ça. Pas plus que les parties immangeables d’un mouton ou d’une volaille. Quand on a raté le cœur aucun autre morceau ne saurait suffire. On a une impression éternelle d’une famine aussi éternelle qu’indomptable. C’est dans le cœur. C’est aussi dans la tête.

‘’Le cœur a ses raisons que la raison ignore.’’ Ça se dit. Or, la raison a un cœur que le cœur ignore. Une route qui donne à une route qui donne à une route jusqu’à donner au cœur n’est ni une route de cœur ni du cœur. Un périph sempiternel. Une valeur condamnée et damnée à la honte de tous les jours. 

Il faut coloniser le cœur. Il n’y  a plus rien. Aucune place. Un cœur impossible ! Si, pourtant, tout est possible. Il faut y croire. L’oser. Et aller au-delà des limites. Et appeler, on est roi des noms, de toutes manières, pour dire appeler ça aller vers l’avant. 

Comme pour appeler, loin des camions et terrassements, terrains et placements, le Tarhil le social. Dire que le cœur, le vrai, l’ancien et unique de la ville est défaillant. S’en débarrasser, une ablation, et lui greffer un nouveau cœur. Il y a un peu les parties communes qui n’appartiennent à personne et appartiennent à tous. 

On les coupe et on les occupe par d’autres occupants intermédiaires. Il y a les parties de trop, qu’on peut appeler par déformations pré ou postnatales. Ablation, puis occupation. Et il y a les parties privées. Rien à dire. Strictement privées. On peut tout dire. Qu’elles seraient porteuses du virus Ebola, par exemple. 

En Afrique subsaharienne, il n’y a pas meilleur et dramatique raison pour mettre en quarantaine. On place en quarantaine, voyons. Un périmètre dangereux et nocif et funeste. Eloignez vos enfants, s’il vous plait du périmètre. Annonces et communiqués. 

Il est demandé à toutes les populations de la ville d’être vigilantes. Des corps étranges et étrangers à la société circulent librement en ville. Ils élisent domicile généralement dans le cœur des villes. Attention, à vous et à vous enfants. On libère le cœur. Et on le coupe et on l’occupe. 

Tout cela est bien possible aujourd’hui.  La ville a bien grandi. Elle s’étire vers toutes  les directions, comme pour accueillir, entre ses bras,  des populations désolées et désolantes venues de toutes les contrées. Elle les accueille juste par ses bras avant qu’ils ne fléchissent sous le poids. La famille tombe. 

Le village trébuche.  Chaque jour, une enflure pousse en elle ; c’est une famille que vient de débarquer de la vallée de la soif. Une saillie où s’enfonce un village qui croit  mettre terme à son exode. Les gens ne rient plus. Il n’y a plus assez de mots pour faire rire tout le monde. Plus d’histoires drôles. A l’histoire la plus marrante, on entrevoit à peine un rictus se dessiner sur les lèvres d’un citadin, sans savoir vraiment s’il voulait rire ou pleurer. 

Il faut couper et occuper le cœur. L’histoire d’une ville se fait par son cœur. On le comprend. On vient de la comprendre. Désolé, pour les enflures. Désolé pour les abats et abatis. Villages et familles. On n’a pas le choix. C’est une histoire de ville et de cœur. C’est une histoire de ville et du cœur. Désolé. 


B’...

Source:
Rmibiladi
Noorinfo


              

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