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B’il a dit...Au nom du Père…du fils et du beau-fils…


Tribunes
Jeudi 25 Septembre 2014 - 17:30

B’il a dit et redit des tas de choses. B’il dira et redira des tas d’autres choses. Ce sont des petites choses anodines, ordinaires, dit-on, dans ce qu’on dit, qui échappent aux personnes d’un certain rang, qui font vraiment la différence entre celles-ci. Le Père de la Nation mauritanienne, Moktar Ould Daddah, a reçu, une fois, un chèque libellé, en son nom personnel, de la part d’un chef d’Etat africain. A l’émissaire et porteur du présent, Moktar allait dire, allez-y remettre le chèque au trésor public.


B’il a dit...Au nom du Père…du fils et du beau-fils…
C’est en votre nom qu’il est libellé, répondit le commis. Moktar devait lui dire à peu près ceci : ‘’Je n’ai pas de nom en dehors du pays que je dirige. Ould Daddah sur une dune de Boutilimitt ne saurait recevoir une telle faveur de quiconque et à quel titre justement si ce n’est ma charge présidentielle. Je ne serais qu’un illustre inconnu dans ce monde.’’ On évoque de temps à autres Moktar Ould Daddah, aujourd’hui. Dimanche dernier son nom a été convoqué, au détour de la projection avant-première du film Timbuktu du réalisateur mauritanien Sissako. Pour dire que la présence de Mohamed Ould Abdel Aziz était la deuxième fois qu’un président assiste à la projection d’un film réalisé par un mauritanien.

Après la présence de Moktar l’une des productions cinématographiques de Hammam Fall, l’un de ses films, Maïmouna ou Tergit. Il y a quelques mois, Mohamed Ould Abdel Aziz était devenu le deuxième président mauritanien, après Moktar, toujours, à diriger la présidence de l’Union Africaine. Il aime bien parfois, Mohamed Ould Abdel Aziz, dans ses propensions ‘’ à la gomme’’, de gommer toutes les époques de règnes entre lui et Moktar. Et se branche, directement, sur l’année 1978, comme pour se dire une continuation du Père de la Nation.

Il lui arrive même de gommer toutes les époques, y comprise celle de l’homme auquel il tente quelquefois de s’identifier. Ibn Khaldou, dans le chapitre quarante de sa fameuse Mouqadima, ne recommande pas vraiment le commerce au sultan. Ce qui, selon lui, détruit et le peuple et le pays. Moktar Ould Daddah, en créditant le compte du trésor public d’un montant qu’il lui était destiné, ne semblait pas être, en tout cas intéressé par toute forme d’enrichissement personnel. Mener une activité commerciale, en parallèle à l’exercice de sa charge sultanienne, n’était pas, non plus, sa vocation. A l’époque, on lisait l’histoire avant de porter une ambition pour l’Histoire. Pour y jouer un rôle de premier plan.

Qu’est-ce qu’on retient, aujourd’hui, de Moktar ? Des évocations comparatives. Ou une route, qui porte, désormais son nom. Sur cette route se tient des commerces, des cafés, des magasins où on propose des tas de choses, des véhicules, des cartes à crédits, d’autres à débits, des coiffeurs qui coiffent, des charcutiers qui charcutent. Une charcuterie a choisi le nom bien symbolique d’Al Madina. Est-ce le sens littéral du mot en arabe qui veut dire ville ou le nom béni de la ville Sainte, Médine, où s’est réfugié le Prophète, Mohamed, Paix et Salut sur Lui, il y a quatorze siècles.

Et où est situé son tombeau, et les tombeaux de ses premiers et fidèles compagnons. Cette charcuterie fournit la présidence de la République, en matière de viande et de bien d’autres produits de nourritures terrestres. C’est toujours intéressant de savoir d’où s’approvisionne un président ? D’où, il achète son pain, le matin. Son thé, son sucre, son riz, son couscous, son huile, ses oignons, ses viandes rouges et blanches. A qui appartient cette charcuterie ? Ce n’est pas important. Elle serait détenue par un citoyen mauritanien. Un pauvre boucher.

L’un, parmi ces milliers de pauvres bouchers, qui aurait, enfin, pu profiter sous le règne d’un président qui a juré un jour de distribuer la justice, de combattre la gabegie, le népotisme et toutes les formes de passe-droits et de frustrations. Qu’elle soit située, cette charcuterie, sur la route qui porte le nom du Père de la Nation, l’assimilerait-elle, par quelque magie fondatrice, au régime, tout le régime, de Moktar ? Tout le régime, entendons-le, aussi bien comportemental que nourricier. Pour quelqu’un qui a cédé son patrimoine ‘’personnel’’, dit-on, pour qu’une école normale supérieure puisse voir le jour, on n’oserait pas attribuer, ni attribuer, à celui qui se mesure à lui, une quelconque velléité charcutière.

Par analogie, la charcuterie ne saurait appartenir, ni au président actuel, encore moins, à aucune personne qui lui serait proche. On ne saurait y songer un instant. Pour le second en tout cas après le Père, c’est improbable. Puisqu’il est un fils du Père fondateur, ou presque. Au nom du Père, il ne saurait se le permettre. Au nom du fils qu’il serait, non plus. Ni même au nom du beau-fils ! Ni du père de ce dernier. C’est au nom du Père…

B’...

Source:Rmibiladi
Noorinfo


              

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