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B’ IL A DIT...


Actu Mauritanie
Mercredi 29 Janvier 2014 - 08:00


Oualata de toutes les fascinations…

Oualatta
Oualatta
B’il a dit et redit des tas de choses. B’il dira et redira des tas d’autres choses. Oualata est une cité antique. Un passage obligé du grand désert. Un comptoir et une route aussi bien du savoir que du commerce caravanier. Ibn Batouta, l’explorateur marocain, Hassen El Wazane, connu, en Occident par Léon l’Africain, l’ambassadeur du dernier roi arabe d’Espagne, auteur du livre Description de l’Afrique, tous les deux ont été marqués par cette ville. Le grand Saint Cheikh Sid’Ahmed El Bekaye y séjourna. Son mausolée surplombe la ville aujourd’hui. Oualata c’est un condensé d’histoire, de savoir, de sainteté et de citadinité. Restée en marge de toute politique de développement, elle a su se conserver, se maintenir. Demeurer citadine. 

Les régimes, qui se sont succédé à la tête du pays avaient comme ambition de lui faire perdre son âme. Au lieu de réhabiliter  sa mosquée antique, restaurer la richesse de ses manuscrits, considérer son art culinaire, bien à elle, ses enluminures, ses fresques et son architecture, l’autorité publique avait un peu une sorte coquetterie dans l’œil pour tout ce patrimoine. Mais, elle faisait, l’autorité publique mauritanienne,  les yeux doux à une adresse, et une seule, la prison d’Oualata. Le cachot, où les colons français embastillaient les indociles. Un clin d’œil pour la continuité coloniale. Quoiqu’ils s’agissaient, tout de même,  de compatriotes. Plus même. Des présidents. Des chefs d’Etat. Il faut dire qu’ils ont réussi. Oualata, aujourd’hui, dit, dans ce qu’elle dit, ou ce que lui ont fait dire ses gouvernants, la torture et la mort des opposants des hommes forts de Nouakchott. A chaque fois qu’un compatriote disait non à Nouakchott, on le faisait exiler à Oualata. Un lieu de bannissement. D’injustice. D’intolérance et d’arbitraire. 

L’autre jour, Oualata était un rendez-vous. Un rendez-vous, pour ce qu’on appelle, depuis bientôt quatre années, le Festival des Villes Anciennes. Le premier citoyen du pays était de la partie, comme il a été de toutes les parties précédentes, Chinguitti, Ouadane, Tichitt et bien d’autres parties, qui échappent, sans doute, aux uns et aux autres. 

Il était là-bas pour marquer l’événement. Un mois auparavant, les autorités locales et celles de Nouakchott s’associaient pour rendre la ville plus belle, les routes plus accessibles, l’Internet à plus haut débit, l’eau plus potable. Pour que le président des pauvres ne voie pas ses pauvres. La ville allait se peupler le temps d’un festival, même pas ce temps, les vingt-quatre heures présidentielles, pour que le premier citoyen du pays ne voie pas les vrais citoyens. Et que son regard de premier magistrat ne se porte que sur les bonnes gens de Nouakchott. Ceux qu’il voit à toutes les heures de la journée dans toutes les télévisions nouakchottoises et dans ses mondanités. 

Les temps ont changé depuis. Depuis, le Saint Cheikh Sid’Ahmed El Bekaye, depuis  Hassen El Wazane et Ibn Batouta. Ils ont même changé depuis Haïdalla, Taya et bien d’autres militaires en chef. Il fallait se distinguer. L’embastillement des opposants est bien révolu. C’est un acquis irréversible. 

Ses prédécesseurs n’avaient pour fascination que le bagne colonial sur la crête orientale de la ville. Un déni, en somme, à la mosquée séculaire. Et aux livres et manuscrits empoussiérés dans la bibliothèque antique. 
Mohamed Ould Abdel Aziz et son ministre de la culture ont chacun prononcé un discours. En arabe. En arabe, théoriquement. Il était, dans un passé récent, beaucoup plus récent que l’historicité d’Oualata. C’était un peu l’occasion pour lui et sa femme de Livre de reconsidérer Oualata. A leur manière. Dans un arabe, bien à eux. Un moment, un autre moment de déni. De déni aux enseignements de la grammaire arabe dispensée naguère dans cette ville. Un déni aux contenus des manuscrits de références littéraires et grammaticales. ‘’ Une résurrection’’ du grammairien arabe, d’origine persane, Sibaweyhi, atterré par les balourdises langagières d’une langue pour laquelle il a consacré  toute une vie normative.

Les bavures de l’ère de la rectification, à Oualata, se font sur le front culturel. Torturer, assassiner une belle langue. Ses mots. Ses belles lettres. Et ses lignes Saintes. Et prendre à témoin une citadelle, où la langue arabe a connu, jadis, ses lettres de noblesses. A chacun sa fascination. 

B’…

Sur la forme et sur les fonds…

B’ IL A DIT...
B’il a dit et redit des tas de choses. B’il dira et redira des tas d’autres choses. Après l’affront aux normes linguistiques arabes, le président, à Oualata, s’est permis quelques largesses. Quarante millions offerts aux jeunes du Hodh Ech Charqi. Un geste certes louable. Qui augure d’une précampagne présidentielle généreuse. Mais bafoue ce qu’on appelle les formes. Aucune information n’a été donnée sur l’origine du don présidentiel ! Serait-ce de l’argent public ? Et auquel cas, de quel chapitre budgétaire ? Ou tout simplement du patrimoine pécuniaire de la personne du président des pauvres ? Ce sont des précisions utiles et nécessaires à savoir. Pour pouvoir évaluer le geste à sa juste contre-valeur.

Un président ne doit pas sortir l’argent n’importe comment. Même s’il n’est pas du tout habitué à la sortir du tout. Il doit faire un effort. Pour la forme. Sinon, on ne peut s’empêcher de donner du crédit aux cris des opposants de la C.O.D, lorsqu’ils parlent de malversations, de Wärtsilä, la société finlandaise, dont il serait l’opérateur tireur de ficelle et de fonds. En période pré électorale, c’est important de se faire généreux. Mais, c’est aussi une arme à double tranchant. Et, c’est surtout une arme, qui tranche un peu avec l’image que les Mauritaniens se font de leur premier citoyen. 


B’...

Pour Biladi
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