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Aziz à Atar: La Fête du “Trône”


Actualité
Vendredi 10 Août 2012 - 21:18


Aziz à Atar: La Fête du “Trône”
C’est devenu une coutume. Depuis trois années, le président Aziz fête l’anniversaire de son élection, à travers un grand show médiatique, transmis en direct par la Télévision et la Radio nationales, baptisé : ‘’Rencontre avec le peuple’’. Un rendez-vous délocalisé, cette année, à l’intérieur du pays, à Atar, capitale de l’Adrar. Sans grand succès… Pour l’organisation de la troisième édition de l’émission annuelle du président Aziz ‘’Rencontre avec le peuple, rien n’a été laissé au hasard. La préparation des détails techniques de l’événement a été confiée à un artiste, un conseiller du président : le cinéaste Abderrahmane Cissako. Pendant plus d’un mois, il a élu domicile à Atar et ne s’est occupé que de cela, nuit et jour. Résultat : un décor réussi et impressionnant par ses tentes, ses belles nattes traditionnelles, ses moquettes aux couleurs nationales, le placement des caméras, les prises de vue, la lumière, le son et même les tenues du président et ses intervieweurs … On sentait bien une main experte derrière tout cela.

Dans des occasions de fête pareille, il n’est pas très bien vu, chez nous d’évoquer le coût, quelque soit son niveau ! Mais il faut accepter tout de même que la fête du trône qui vient de se dérouler à Atar a coûté cher, très cher à la collectivité nationale, dans la mesure où tout a été importé d’ailleurs. Même le public. Le parti au pouvoir a, pour cet effet, mobilisé le banc et l’arrière banc des soutiens présidentiels dans l’espoir d’assurer un succès éclatant au show d’Atar, la ville ‘’élue’’ pour abriter l’événement (qui n’est pas permis à n’importe qui et que d’autres villes, toutes les villes du pays envient à la capitale de l’Adrar).

Justement, beaucoup de monde continue de s’interroger sur le choix d’Atar, la ville du président déchu Ould Taya. Est-ce le président s’y était rendu pour se concilier avec cette population, ou cherchait-il à les humilier davantage ? Difficile de pencher pour l’une ou l’autre des deux hypothèses, même si l’invité de marque ne s’est pas gêné à donner l’exemple de ceux qui, matraquait-il, au détour d’une digression à une réponse, avaient bénéficié de virements gratuits de la Banque centrale. Plus qu’une allusion aux hommes d’affaires Smassides (qui étaient là de la partie festive) jetés en prison et sommés de ‘’rembourser’’ l’argent ‘’mal acquis’’ au trésor public.


Déplacer le débat

Il faut dire que la main artistique du conseiller cinéaste s’est arrêtée à la mise en forme du show présidentiel. Le fond revenait naturellement à l’acteur principal. Du déjà vu. Rien d’impressionnant véritablement. Rien de nouveau.
Pourtant, d’entrée de jeu, le président a déplacé le débat en le situant dans la sphère économique. S’appuyant sur des chiffres cautionnés, disait-il, par les partenaires au développement, essentiellement le FMI, Ould Abdel Aziz a présenté un tableau idyllique sur la situation économique du pays : compte excédentaire du trésor, importantes réserves de devises, chantiers faramineux de routes, d’hôpitaux, d’écoles, d’adductions d’eau, d’électricité…

Ses interlocuteurs, même s’ils avaient l’envie de le contredire ou d’orienter le débat vers un thème donné, ils n’en avaient pas les moyens. Sur la question politique, le président est resté catégorique, pour ne pas dire nihiliste, en méconnaissant l’existence de crise politique. La situation que d’aucuns qualifient de chaotique se résument tout simplement sur l’appréciation que se font certaines personnes de la Mauritanie d’aujourd’hui. Cette Mauritanie qui leur refuse désormais de s’en servir comme ils faisaient, comme ils savaient faire, depuis l’indépendance. C’est fini. L’Etat n’est plus une vache à lait au profit d’une poignée d’hommes.
Le président n’a pas pu cacher sa perturbation, visible aux téléspectateurs, lorsque des intrus s’étaient introduits pour gâcher la fête, en reprenant certains slogans de l’opposition. Une intrusion assez bien réussie dans la mesure où le programme du président a été perturbé par des contradicteurs inattendus qui, tout au long de l’émission, avaient fait entendre leur voix discordante. Ce qui, de temps à autre, agaçait visiblement le président.

Le président a certes évoqué beaucoup de dossiers, sans vraiment apporter de nouveau par rapport à ce que ressassent ses ministres au quotidien. Les seuls sujets sur lesquels le président a plus ou moins évolué sont la lutte contre le terrorisme et le dossier malien.

Pour le premier, plus de guerre préventive. Juste l’objectif de protéger le pays des attaques des bandes armées. Sur le second point, Aziz a été aussi lucide en rappelant que la clef du problème malien se trouve au sud en consolidant l’Etat.
Le président s’est laissé, parfois, emporter. En allant même déclarer des choses avec une facilité irréfléchie. ‘’Nous avons réalisé, en trois ans, 90% des réalisations qui ont été faites, en Mauritanie, depuis cinquante ans, martèle-t-il.’’ On peut bien attribuer cette déclaration outrée à un glissement euphorique suscité par l’ambiance du spectacle.

A part cela, pas de nouveau. Ce qui a amené un journaliste qui commentait le show présidentiel à dire que ‘’la presse, le président et le peuple étaient absents de cette rencontre où l’unique présent étaient les applaudisseurs importés’’…
Quoi qu’il en soit et à travers sa prestation dimanche dernier, quatre années après son arrivée au pouvoir, Mohamed Ould Abdel Aziz n’a pas changé. Il est resté le même. Un homme de détails qui refuse ou ne sent pas l’utilité de prendre de la hauteur.


Mohamed Mahmoud Ould Targui
Biladi

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