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Aziz/UPR: Désaccord ou Rébellion


Actu Mauritanie
Vendredi 21 Février 2014 - 12:19

Entre le président Aziz et sa formation politique, l’UPR, les relations ne sont pas au beau fixe. Les députés de la formation au pouvoir ont, en effet, catégoriquement rejetée la proposition présidentielle relative au bureau de l’Assemblée nationale. Et n’ont fait finalement qu’à leur tête.


Aziz/UPR: Désaccord ou Rébellion
C’est ce désaccord ou plutôt cette fronde surprenante qui a retardé la formation du gouvernement post législatives. La formation du nouveau gouvernement a pris du temps. Beaucoup de temps! Les nouvelles qui arrivaient au public sur les raisons du retard n’étaient apparemment pas du tout exacte. Tantôt, on disait que les autres partis de la majorité n’arrivaient pas à s’entendre sur leurs propositions. Et d’autres fois on présentait d’autres arguments liés à la volonté du boss et d’éplucher davantage les dossiers des prétendants afin de former une équipe gouvernementale performante à même de l’aider à affronter l’échéance présidentielle en vue. Tout cela s’est avéré peu erroné.

D’ailleurs la physionomie du gouvernement n’a presque pas changé. Sur un effectif global de 25 ministres, il y a onze rentrants affectés à des portefeuilles secondaires. Aucun ministère de souveraineté n’a changé de locataire et l’équipe économique a été reconduite telle quelle. Petite évolution tout de même : l’augmentation du quota des femmes qui occupent sept portefeuilles ministériels, ou fonctions assimilées, contre quatre dans le gouvernement précédent. Autre élément important, les hommes de Messaoud Ould Boulkheïr, président de l’APP et président sortant de la chambre basse, ne figurent pas dans le gouvernement nommé. On a, en effet, beaucoup spéculé sur l’entrée de parti d’opposition à la majorité présidentielle. Le vote de ses conseillers pour la candidate de l’UPR à la présidente de la Communauté présageait pourtant une alliance ou au moins un accord avec le pouvoir. Si accord il y a, il ne porte donc pas sur le gouvernement. Mais si l’absence de l’APP du gouvernement est plus ou moins compréhensible, celle des partis de la majorité autre que l’UDP parait comme une énigme. Surtout que les premiers responsables de ces formations étaient reçus par le premier ministre au lendemain de sa reconduction.

Et leur aurait, comme l’affirment-ils, demandé de lui apporter des propositions de noms de personnes susceptibles d’intégrer son équipe gouvernementale. Un barème a même été annoncé : un ministre pour trois députés. Deux pour cinq députés à six. Sur la base de ce calcul, l’UDP et Karama s’attendaient à bénéficier de deux ministères. Les autres partis : Vadila, PUD… devraient avoir, chacun, un portefeuille. Finalement, aucun parti de la majorité n’est entré au gouvernement, hormis l’UDP dont la présidente, Naha Mint Mouknass a hérité le poste, peu enviable, de l’Industrie, du commerce et l’Artisanat. Pourquoi a-t-elle été récompensée ? Et pourquoi les autres formations politiques de la majorité ne l’ont-elles pas été ? Qu’est-ce qui a provoqué la modification du scénario initial? Fronde à l’UPR Il parait bien que le scénario initial du président a bien été perturbé par ce qui n’est autre qu’une fronde au sein des députés du parti au pouvoir.

Surprenant de la part d’un parti-Etat ! Tout est parti, en effet, de la mise en place du bureau de l’Assemblée nationale. La coutume voulait que les noms de ses membres soient choisis au niveau du président de la République qui, en dépit de son statut de premier magistrat du pays interdit d’appartenir aux staffs des formations, est lui réellement qui tire les véritables ficelles au sein de ce qui est bien sa création : l’UPR. Dérogeant à cette tradition, le président de la République a remis au premier ministre, avant de s’envoler pour Addis-Abeba pour au sommet de l’Union africaine qui allait le propulser à la tête de l’organisation, la liste des parlementaires choisis de sa part pour appartenir au bureau de la chambre basse. Une liste qui devrait passer comme une lettre à la poste. Mais c’était sans compter avec les nouvelles dispositions qui animent, désormais, les esprits des députés de la nouvelle Assemblée.

Le PM a donc appelé le président de l’UPR pour lui passer la consigne. Ce dernier lui fait remarquer tout de suite que les élus sont fermement opposés à la proposition du bureau émanant du chef et qui a été largement diffusée par la presse électronique. Prudent, le PM demande à son interlocuteur rebelle d’attendre, dans ce cas, le retour du président. Il sera reçu au palais juste après l’arrivée de ce dernier pour lui exposer les données d’un problème auquel il ne s’y attendait pas. Sans détour, le président de l’UPR signifie à Ould Abdel Aziz la volonté des députés du parti, déjà mécontents du choix du président de leur institution, n’apprécient que très modérément, ou plutôt s’opposent avec véhémence, à la proposition qui leur a été communiquée par le PM. D’ailleurs, explique le président de l’UPR, les députés ont désigné des représentants parmi eux pour te rencontrer. Furieux, le président lui rétorque qu’il est prêt à les recevoir sur le champ. Les messagers des élus de l’UPR à la présidence, Mohamed Lemine Ould Cheikh (député de Rkiz) et Mohamed El Moctar Ould Zamel (député d‘Aoujeft), arrivent chez le président pour lui transmettre la position des élus de son parti : une opposition catégorique à sa proposition pour le bureau de l’Assemblée nationale. Face à leur insistance, le président, politiquement vulnérable à la veille de l’élection présidentielle, n’a eu d’autre choix que ‘’d’abdiquer’’.

C’est ce qui explique certainement l’hécatombe des membres de la direction de l’UPR, tous chassés du gouvernement post électoral. Au-delà de cette affaire, inhabituelle sous nos latitudes, il est clair que quelque chose a changé dans l’exercice de la politique dans notre pays et des rapports des gens avec le pouvoir.
Reste à savoir si cet incident aura une conséquence sur la vie de l’Assemblée qui pourrait bien être, il faudrait s’y attendre, de courte durée. Mohamed Mahmoud Ould Targui

Source: Rmibiladi
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