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Noorinfo

Avec la victoire de son cheval, Ahmed Ould Mouknass est donc vraiment parti…


A.O.S.A
Mardi 17 Décembre 2013 - 03:47


Avec la victoire de son cheval, Ahmed Ould Mouknass est donc vraiment parti…
Chez nous comme au Sénégal, en français, en wolof et en hassanya pour dire que quelqu’un a définitivement réussi dans la vie, les gueux du pays des leux disent  avec plus ou moins de bonheur : «il est parti» ; ce qui en dit long sur l’état des lieux pour ceux qui restent. La dernière fois que j’ai entendu parler d’A.O.M, c’était en lisant quelqu’un qui le défendait après une attaque sur le net à propos d’une affaire au port. La dernière fois que j’ai vu sa photo, c’était sur le net à l’inauguration de la «banque des jeunes». Il avait les cheveux plaqués en arrière comme le font encore les arabos à l’abri du besoin et comme cela se faisait encore il y a quelque temps en Italie. Mais à son air, à sa façon de regarder les gens autour de lui, on sent qu’il est parti machallah.
 
Il est donc devenu un vrai petit boss pas de l’acabit de ces imposteurs qui pullulent au pays avec tout dans la voiture mais pas de quoi changer l’amortisseur qui coûte une fortune. Aussi, quand j’ai lu hier que son cheval a gagné pour la première fois aux USA, je me suis dit : «il est vraiment parti» surtout que son cheval s’appelle Lucayan ; du nom de l’archipel des Bahamas : tout est dit ! comme chez nous : «mayeu vae vi chi» comme disent les restés...

La dernière fois que j’avais entendu parler de lui, il y a des années, à cet âge où les amis d’enfance se demandent : «qui est devenu quoi», on m’avait dit en passant qu’il était à Londres en Ferrari, ce qui ne laissa en reste à l’auditoire que ces quelques mots : «il est définitivement parti» car Londres c’est plus cher que Paris. Comment a-t-il pu avoir cette trajectoire là où tant d’autres sont restés sans partir ? C’est, dit le téléphone arabo, parce qu’il a hérité des licences de pêche que le père, yarahmou, avait reçues de Taya. De quoi dormir tranquille pour longtemps car ces licences se louent une fortune à des armateurs, il ne reste plus alors qu’à vivre en rentier.
 
Il faut croire qu’AOM ait su en tirer le meilleur profit sans tout brûler comme d’autres qui finissent sur la paille et l’homme n’a pas changé même si c’est difficile quand on fait fortune. On a l’exemple d’un de nos amis qui du jour au lendemain s’est retrouvé milliardaire, le pauvre, il a mis du temps à encaisser ne sachant plus alors qui sont ses amis ou pas. Son père ne l’avait pas préparé à cela, croyant qu’une éducation simple suffirait pour qu’il garde les pieds sur terre or c’est l’inverse qui s’est produit. Avec l’âge, apparemment ça va mieux mais à quel prix ?
 
AOM a mûri mais n’a pas changé. La dernière fois que je l’ai vu c’était il y a 3 ou 4 ans : j’étais à plage en train de me promener avec une charmante demoiselle que l’avenir semblait conjuguer en promise quand finalement ce n’était apparemment que l'indicatif d'un futur qui se conjuguerait au passé plus ou moins simple si ce n’est composé de mille choses adorables comme éternelles. C’était ce moment juste avant le crépuscule où il n’y a plus personne à la plage que vous seuls, la mer, le sable fin et l’horizon tranquille.
 
Soudain sans s’annoncer, freine à côté de nous, un bolide V8 parfaitement silencieux. Il freina tellement sec qu’il creusa la plage. C’était notre ami AOM que je n’avais pas vu depuis 10 ans peut-être sinon plus. Il était avec un co-pilote, de ceux qu’on trouve toujours assis à la place du mort un pied sur le tableau de bord ayant un air sympathique ; en un mot, le pauvre ami du riche. Celui qui chez nous vit très bien, voyage et se fait même offrir costume et accessoires quand l’ami fait ses courses.
 
AOM est descendu et j’ai pu voir ses yeux : c’était lui mais avec quelque chose de changé ; certainement l’habitude du confort assuré. Je me souviens de lui avoir présenté la promise en lui disant qu’elle fait une thèse sur les arts plastiques en Mauritanie ; visiblement impressionné comme quelqu'un qui n'y saisit goutte, notre ami voulut faire de l’esprit et dit en souriant : « c’est vrai qu’il y a beaucoup de plastiques en Mauritanie ». Sur le coup je n’ai pas trop su comment relever ce trait qui me parut plat et son ami était trop loin pour entendre le sourire du patron qui du coup s’est retrouvé sans l’écho habituel de l’ami embarqué pour ce réflexe.
 
J’ai alors jeté un coup d’œil furtif à la promise pour savoir comment elle a goûté ce trait, elle avait l’air sympa comme après un compliment. En un clin d’œil, entre le moi philosophe et le moi-même aux aguets, j'ai fait un rapide procès à la situation dès que l’ami fut parti car elle m’a dit que son expression la fait rire. Vu qu’elle est étrangère, je lui ai pardonné cette remarque innocente même si dans toutes les langues cela donne bien matière à jalousie car même si l’homme a le même prénom que moi, cela n’explique pas, au coeur de la nature jalouse de l'homme arabo, cette soudaine sympathie sous son nez de surcroît. 
 
Bah ! Me suis-je dit, ne soyons pas aigri même si c’était un peu tard. AOM était parti après nous avoir invités à partir avec eux au cabanon où il y avait tout dit-il « quad, jet-ski etc. ». Nous avons échangé nos numéros et depuis on ne s’est jamais appelés. Lui certainement habitué à être appelé et moi estimant qu’une trop grande différence de fortune rend une amitié impossible surtout quand les échanges ne sont pas d’ordre spirituel mais plutôt au chapitre du divertissement permanent.

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chezvlane


              

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