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Aux collègues universitaires à propos de l’esclavage et des castes en Mauritanie


Tribunes
Jeudi 12 Mars 2015 - 01:00


Professeur Martin Klein
Professeur Martin Klein
Le Professeur Martin Klein (Université de Toronto), est un historien spécialiste de la période coloniale dans l’Ouest africain. Ses travaux sur le thème de l’esclavage et ses transformations au Sénégal, au Soudan [Mali] et en Guinée, font autorité dans le milieu de spécialistes de ces pays africains. Il a publié un livre très important sur ces questions qui doit être traduit et publié en France prochainement [Slavery and Colonial Rule in French West Africa, Cambridge University Press, 1998]. Le Professeur Klein a participé dans notre livre Colonisations et héritages actuels au Sahara et au Sahel, M. Villasante (dir.), Paris, 2007), dans lequel nous avons traduit trois chapitres de son livre. [Voir : Chapitre 11, De la conquête du Soudan (Mali) au début de la colonisation française, 1879-1899. Les tensions entre le système colonial français et le système d’esclavage africain (Vol. I, Klein 2007 : 457-533).

Ayant appris les faits concernant l’emprisonnement de Biram ould Dah ould Abeid et la condamnation à mort de Mohamed Cheikh ould Mkhaitir, le Professeur Martin Klein a écrit un message adressé à ses collègues africanistes du Canada, des États-Unis et d’ailleurs. Nous le publions ici pour informer les universitaires mauritaniens et étrangers intéressés dans les affaires des droits humains de Mauritanie.

Dr Mariella Villasante Cervello (Rabat)

Message envoyé le 8 mars [traduit de l’anglais]
La plupart des membres de cette liste de diffusion savent que la Mauritanie est l’un des derniers pays du monde où l’esclavage est toléré. La Mauritanie a fourni des preuves de l'existence de l'esclavage lorsqu’il a été aboli en 1981. Malheureusement, la loi n’a pas été appliquée et il n’y a pas eu même de sanctions pénales. En 2007, une nouvelle loi a établi des sanctions pénales, mais elle aussi n'a pas été appliquée. La Mauritanie a permis toutefois à d’anciens esclaves et à des personnes connues sous le nom de « hrâtin », de s’organiser et de faire campagne pour mettre fin à l'esclavage, aux handicaps et aux stigmates liés aux origines serviles.

El Hor et SOS-Esclaves ont parfois été harcelés et leurs chefs ont parfois été arrêtés. L'organisation la plus récente est l'Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA). Son leader, Biram Dah Abeid a participé aux dernières élections présidentielles et a recueilli 8% des suffrages ; il a organisé des rassemblements importants, et en 2012 il a brûlé un livre de loi qui légitimait l'esclavage.

En novembre dernier, lui-même et deux de ses collaborateurs ont été arrêtés dans le cadre de la Caravane contre l’esclavage foncier, et d'autres arrestations ont suivi. Ils ont été accusés de rébellion et d'appartenance à une organisation illégale. Trois militants ont été condamnés à deux années de prison. Ils sont détenus dans une petite cellule, ne sont pas autorisés à lire, et ils ne peuvent avoir de conversation privée, même avec leurs avocats.
Walk Free, une organisation australienne anti-esclavagiste a lancé une pétition pour la libération de ces militants.

La pétition se trouve ici :
https://www.change.org/p/free-mauritania-s-anti- slavery-activists

Le problème a maintenant dépassé la question de l'esclavage. Un jeune ingénieur, Mohamed Cheikh ould Mohamed ould Mkhaitir a écrit en 2013 un article en arabe en faisant valoir qu'il n'y avait aucune base pour légitimer les « castes » d'artisans dans l'Islam, et que le Coran et d'autres écrits historiques ne mentionnaient même pas cette institution. Il a exigé l'égalité sociale pour tous les forgerons. En réponse, les oulémas de Nouadhibou l’ont accusé de blasphème. Après un an de prison, il a été condamné à mort et il fait maintenant appel.

Pour une description de ce cas – en français – voir ici :
http://www.opinion-internationale.com/dossier/pas-de-contrainte-en-islam-il-faut-liberer- mohamed-cheikh-condamne-a-mort-pour-ses-idees-en-mauritanie

Vous pouvez également écrire directement au président de la Mauritanie Mohamed Ould Abdel Aziz, ou à l’ambassade mauritanienne de votre pays de résidence. 

Professeur Martin Klein (Toronto, Canada) 
Noorinfo


              

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