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Au pays du gâchis (L'intégral)


Vu de Mauritanie par MFO
Samedi 21 Avril 2012 - 01:57


Partie 1

Au pays du gâchis (L'intégral)
Le Président de la République Mohamed Ould Abdel Aziz a commencé, hier dimanche, une grande tournée qui va le mener au Brakna, puis au Gorgol, pour revenir au Brakna. Une boucle qui va lui permettre de faire la démonstration de sa popularité dans des milieux supposés acquis politiquement à ses protagonistes. Démonstration faite dès l’étape d’Aleg, la capitale du Brakna.
Beaucoup de monde, venu même de Nouakchott. Et surtout une population locale très présente. Dans sa diversité ethnique (Négro-africains et Arabes) et générationnelle (jeunes et moins jeunes). Dans sa diversité politique aussi : toutes les écoles, anciennes et nouvelles, étaient là. On va toujours dire que les populations de l’intérieur du pays obéissent aux injonctions de l’administration – ce qui est faux, les choses n’étant plus ce qu’elles étaient.
 
L’itinéraire choisi répond aux activités prévues. C’est ici une adduction d’eau, d’électricité à inaugurer. Là, un projet de ville. Ici, des infrastructures à renforcer ou à créer…
 
Mais cet itinéraire correspond, à mon avis, au parcours dans le pays du gâchis. Le Président Ould Abdel Aziz aurait pu se contenter de parler de ce qui aurait dû être fait et qui n’a pas été fait dans les localités visitées. Rappeler que c’est la faute de gestionnaires qui couvrent, pour la plupart d’entre eux, aujourd’hui de leurs voix la scène.
 
A Aleg, où sont passés les centaines de millions du projet Lac d’Aleg ? où sont passés les quelques milliards engloutis pendant les trente dernières années ? où sont passés agriculteurs et éleveurs, laborieux et volontaires qui peuplaient cette plaine fertile qui ne produit toujours pas de quoi alimenter le marché local ?
 
La pauvreté est là malgré tout ce que les pouvoirs publics, les partenaires extérieurs ont envoyé comme fonds. Malgré les projets lancés en grande pompe et qui finissaient par mourir en silence, dans l’indifférence totale des premiers responsables. On n’a pas besoin d’inspecteurs, ni d’études, ni de contrôleurs pour voir que ce qui était destiné à développer la plaine d’Aleg a été détourné. Par qui ? Par des administrateurs, des hauts cadres responsables de projets, directeurs centraux, secrétaires généraux, ministres, Premiers ministres… celui qui se trouve à la base de la prédation «arrose» toute la chaîne. Les populations sont abandonnées à leur sort. Personne ne rend compte. Personne ne paye.
 
C’est pourquoi, ils peuvent hausser le ton aujourd’hui, prétendre à l’honorabilité et donner des leçons aux autres. Ils comptent sur la courte mémoire…



Partie 2

Boghé… Mais pour y aller d’Aleg, on passe par Azlatt, cette grande dune qui rompt la monotonie du paysage. La platitude et la noirceur du sol sont interrompus par ce grand «silk», une série de dunes qui se joignent pour ne plus faire qu’une. La difficulté de traverser apparait avec le détour que la route goudronnée est obligé de faire. Au lieu d’affronter la dune là où elle parait la plus dense, la route fait un virage, dangereux certes mais obligatoire.
 
C’est là où la dune semble mourir, à quelques deux kilomètres à l’ouest de la route (à droite), que la plupart des victimes des exactions commises en 1991 ont été enterrées. En cachette à l’époque. Quand je suis venu sur place en août 1991, les restes étaient encore visibles. Là aussi, les prédateurs ont sévi.
 
Il y avait bien des gouverneurs, des préfets, des responsables militaires (et politiques) qui ont commis le crime, qui l’ont couvert. Où sont-ils aujourd’hui ? que font-ils ? dans quel camp se trouvent-ils ? que veulent-ils ?
 
…Plus loin, toujours sur cette route qui relie Aleg à Boghé, un village moderne avec une grande auberge appelée «Auberge de l’unité». En mars 2009, il y avait là quelques tentes du HCR abritant les expulsés mauritaniens fraichement rapatriés du Sénégal. Avec quelques têtes de bétail, un petit fonds financier, une organisation des plus élémentaires, des dizaines de Mauritaniens injustement renvoyés de chez eux, revenaient sur ces terres qui furent les leurs… Aujourd’hui, c’est un gros bourg qui est là, avec une réelle activité économique, une réelle intégration sociale… avec surtout le recouvrement de la dignité et des droits.
 
En mars 2009, Ould Abdel Aziz avait fait un passage par ici, de retour de Kaédi où il avait effectué la fameuse prière de l’absent qui scellait la reconnaissance par l’Etat du mal qui a été fait.
 
Sur ces terres, ont vécu heureuses des populations qui ont toujours vu une richesse dans leur diversité, une complémentarité dans leurs modes de vie… qui ont fait de la fraternité une seconde religion, de la solidarité une valeur morale… et vinrent des administrateurs avides, des politiques calculateurs… pour s’approprier terres et biens des uns, ils les ont chassés vers l’autre rive prétextant leur non-appartenance à cette Nation… De l’avidité de ceux-là est née la fracture que la Mauritanie mettra du temps à soigner…
 

Partie 3

Je vous épargne toutes les étapes sur lesquelles nous reviendrons dans notre édition hebdomadaire…
Foum Legleyta… quelque part dans le département de M’Bout (prononcé M’Boud par les locaux)… Nous sommes ici au milieu du pays Aftout. Des plaines à n’en pas finir. Une monotonie rompue par les pics résiduels de la chaîne des Mauritanides qui affleure de temps en temps laissant paraître le plus vieux relief du monde, avec des escarpements travaillés par des centaines de millions d’années d’érosion et d’adversité.
 
Le plus grand barrage de Mauritanie… Depuis l’époque du premier régime civil, celui de Ould Daddah, les autorités avaient opté pour faire de la zone le grenier de la Mauritanie. Trente ans après le lancement des premiers projets, quelques dizaines de milliards d’ouguiyas engloutis depuis, la région est devenue la plus pauvre de Mauritanie. Misère et maladie.
 
Quand le Président prend la parole devant des milliers de gens venus l’acclamer, il doit voir à sa gauche les vestiges de l’ancienne antenne de la SONADER. De vieilles villas aujourd’hui abandonnées, une piscine, une salle de réunion, une grande villa de passage, des cuisines… témoins d’une splendeur qui n’a eu d’autres conséquences sur la population et sur la région que la provocation d’une urbanisation anarchique et d’un exode massif de populations qui ont abandonné leurs modes de production traditionnelle. Il n’y a pas d’électricité dans le gros bourg de Foum Legleyta, ni l’eau courante… du moins jusqu’au projet pour le lancement duquel le Président est venu.
 
Ce projet est ambitieux. Il vise à alimenter 472 localités de l’Aftout, éparpillées sur les territoires du Brakna, du Gorgol et même de l’Assaba, à travers des conduites d’un total de 800 kilomètres. D’autres activités économiques sont lancées en même temps. Notamment la pêche dans la retenue du barrage. Les pêcheurs nous disent qu’ils peuvent collecter jusqu’à 400 kilogrammes de poisson par jour. «Si nous travaillons en groupe, on peut facilement atteindre les 700, voire 800 kilogrammes». (nous y reviendrons dans le reportage de l’édition hebdomadaire).
 
La Société nationale de développement rural (SONADER) est sans doute le symbole de ce gâchis immense. Une trentaine de milliards – probablement plus – depuis sa création au milieu des années 70. Un résultat presque nul. Que représentent les coopératives encadrées par la SONADER dans la production nationale ? combien de terres cultivables occupent les projets de la SONADER et pour quel rendement ?
 
Rien que les PPG (petits périmètres du Gorgol, I, II et suite) ont englouti une quinzaine de milliards d’ouguiyas pour une production qui ne représente pas aujourd’hui les 5% de la production nationale. Et les CPB (Boghé) ? et la décrue de Maghama ? et le Lac d’Aleg ? et Foum Legleyta ? qui en a réellement profité ? où sont partis les fonds ? où sont les gestionnaires véreux ? que cherchent-ils actuellement ?
 

Partie 4

La route serpente les monts Wawa, des affleurements de la chaîne des Mauritanides, le plus vieux relief du monde. De part et d’autre s’étalent des plaines rocailleuses. Le sol est noir et n’importe quel souffle est prétexte pour que s’élèvent des nuages de poussières. Le goudron s’arrête brusquement. 

Pour aller à M’Boud, il faut finir en piste renforcée. On entre dans la ville sans s’en rendre compte. Pourtant on est dans l’une des plus vieilles villes de cette partie de la Mauritanie. C’est d’ici que l’administration coloniale a géré, pour quelques temps, les régions de l’Assaba, du Guidimakha, du Tagant (en partie)… pour faire plus simple, tout le pays Idaw’ish fut géré de M’Boud…

Mais M’Boud pour moi, c’est d’abord le pays qui a vu le poète Erebâne Wul A’mar Wul Maham souffrir les affres d’une prison qui va lui faire composer l’un des plus beaux poèmes dits en pays Bidhâne. Il y décrit son état de prisonnier obligé de transporter le bois pour le camp, dure épreuve pour ce chef traditionnel, prince du romantisme mauritanien. Etat qu’il semble mieux supporter que le fait de voir l’hivernage venir, les dépressions de M’Boud verdir, les bourgeons pousser… Parce que cette période-là signifie nécessairement que les campements Idaw’iish sont partis vers le nord lointain : le temps de fuir le sud et ses moustiques vient avec l’hivernage. Le regret du poète, c’est que ne viennent plus ceux qui apportent les nouvelles de Ebbo’aiish, cette bien-aimée avec laquelle la prison l’a séparée…
 
«Raaçi dhalli haamil min ‘uud
‘aalim ba’d elhay el ma’buud
Ennou çaa’ib wu thqiil u kawd
Hamli biih u gaasi u qriish
Enni maa nigdir kint en’uud
Saabig dha nirvid ‘uud ihshiish
Ghayr ethqal min dhe yel ma’buud
Eçayv ‘gueb wu dhlaam aniish
Wu khdhaaru legrayir vi Mbuud
Wu nzaahit virgaan idaw’iish
U guellit zaad khbar had i’uud
Kaan ijiib akhbaar Ebbo’aiish”
 
Quand on voit l’Aftout, on se demande comment un poète a pu chanter ces terres poussiéreuses et «hérissées» ? Le génie de Erebâne s’exprime dans tout ce qu’il compose. Dans un poème célèbre, le poète chante la période où les campements désertent les grandes dunes pour les dépressions alluviales…
 
«kelhamd illi manzal la’laab
dahru vaat u gafaat shaab
likhriiv u taavi ‘aad ish haab
il harr u varqet yaajoura
u vraq baass ilkhayl illarkaab
ilmin ha kaanit ma’dhuura
u khlat bard ellayl u lemdhal
waryaaissehwa mahruura
u khlazaad igiliiw u dhal
ilkhayma hiya waamur»
(Les grandes dunes ne sont plus occupées,
ce temps-là est passé, bonheur !
le temps des pluies hivernales s’éloigne,
les fortes chaleurs/ont baissé, bonheur !
comme le souffle de l’harmattan
qui empêchait de monter les chevaux,
-prétexte pour les mauvais cavaliers, ha !
et se sont accordées la fraîcheur de nuit et la fraîcheur de jour,/
le vent du nord ouest a soufflé,
 s’est fondu dans l’air encore humide des marigots asséchés,
dans l’ombre des tentes et celle des acacias)
 
Merci à Nick Gewinner pour la précieuse aide dans la traduction.

Partie 5

Je n’ai pas encore parlé des forêts classées… déclassées. De ce déboisement programmé par une administration corrompue et irresponsable pendant des années. Pour ceux qui, comme moi, ont connu les plaines alluviales du Walo et du Diéri, pour ceux qui ont connu la forêt d’El ‘Atf au Gorgol et tout l’espace qui s’étend sur les régions du Brakna, Gorgol, Guidimakha et un peu Assaba, pour ceux-là la vision de ces berges dénudées, de ces étendues aujourd’hui dégarnies, provoque une profonde tristesse…
 
Tout a commencé à la fin des années 80, avec les événements de 1989. Il n’y a pas que les hommes qui ont souffert de l’avidité des administrateurs et de l’exercice quotidien de l’arbitraire. La terre a aussi souffert. Parce que, aux yeux de «nos» administrateurs de l’époque (dont certains sont aujourd’hui des moralisateurs), ces terres étaient bonnes à cultiver… Cultiver… Non !
 
En fait, chacun distribuait les parcelles au profit de ses parents et amis, les revendait lui-même à de soi-disant agriculteurs. Cela était le prétexte pour accéder au crédit agricole, aux subventions de commercialisation, aux aides pour faire face aux fléaux qui ravageaient les cultures… Chaque année, le circuit était le même. Tout le monde y trouvait son compte. Tout le monde ? Non ! Perdaient dans ce jeu perfide, les populations locales, l’activité agricole et le pays tout entier.
 
Les forêts commencèrent à souffrir dans un deuxième temps, quand il n’y avait plus de terres cultivables à arracher aux populations, à «exploiter» en… exploitant l’Etat. Arrivèrent alors les commerçants de charbon de bois.
La loi dit que le charbonnier a le droit de consommer les arbres morts. Les administrateurs – toujours les mêmes – octroyèrent des permis à de riches commerçants de Nouakchott et d’ailleurs. Dans les années 90, on comptait parmi ces «opérateurs», des Guinéens et des Maliens.
 
Les heureux gagnants de ce loto destructeur de l’environnement utilisèrent d’abord le bois mort. Bientôt épuisé. On commença alors à «tuer» les arbres. Les méthodes s’apparentaient à des meurtres d’hommes. Deux méthodes étaient utilisées.
La première consistait à planter un clou géant au cœur de l’arbre (au milieu du tronc), à laisser la sève couler. Trois, quatre jours et voilà le bel arbre qui perd ses feuilles et qui meurt en versant des larmes (sève). La deuxième consiste à «pister» les racines pour en découvrir les bouts au loin. Autour de chaque bout de racine, on allume un feu qu’on entretient durant six à sept jours. L’arbre meurt lentement et inexorablement.
 
On fabrique ainsi le bois mort qui alimente le commerce des charbonniers. Une véritable maffia qui a été plus forte que tous les efforts de nos partenaires et ceux des collectivités locales qui voyaient ainsi dilapidée l’une de leurs ressources premières.
Je me souviens que la coopération française et le Groupe BSA avaient entrepris une action en vue de protéger ce qui restait de ces forêts. C’est la Garde nationale qui fut sollicitée. On a même envisagé de monter une unité de cavalerie pour surveiller cet espace. C’était trop tard : l’Etat était déjà à genoux devant les maffias et il ne restait pas grand-chose des belles forêts d’antan.
Les Mauritaniens d’aujourd’hui peuvent, s’ils veulent avoir une idée du gâchis ainsi opéré, regarder de l’autre côté de la rive du fleuve Sénégal. Ils verront une berge boisée et des forêts classées, réellement protégées.




Partie 6

Il s’appelle ‘Beyd el Barka – littéralement «l’esclave de la Baraka». Un nom typique d’esclave de la société Bidhâne traditionnelle. Lui n’a jamais connu la condition servile franche. Il a vécu libre avec cependant une forte dépendance vis-à-vis de ceux qui sont supposés avoir été ses maîtres.
 
Sa forme rondouillette lui donne l’air d’un diminué mental. «Enveloppé», pour ne pas dire le mot «gros» qui vexe quelques-uns, ‘Beyd el Barka joue l’homme de milieu social modeste mais qui est de toutes les discussions. Rien ne lui échappe : aucun sujet ne lui est vraiment étranger, même s’il essaye d’abord de jouer l’innocent, l’ignorant qui découvre.
Tout le monde y trouve son compte. Ceux qui se plaisent encore à vivre les vestiges d’une aristocratie désuète et anachronique en se faisant servir par un plus faible sur lequel il est encore possible de déverser son trop plein de frustrations. Lui qui fait payer au plus fort le service qu’il rend et la compagnie qu’il propose.
 
Très vite on se rend compte qu’un éléphant ça trompe énormément… Quand on fait la somme de la journée – des discussions et des dépenses -, on se rend facilement compte que le perdant n’est pas ‘Beyd el Barka qui aura fait passer ses messages. Son rôle social lui donne le droit de ne pas mâcher ses mots. A chaque occasion, il aura rappelé combien la situation d’aujourd’hui était à son avantage, lui le descendant d’esclave qui travaille et produit, qui fait la politique à ses heures perdues, qui aide ici et là et qui milite pour une intégration entre anciens maîtres et anciens esclaves. Il ne rate jamais l’occasion d’amener la discussion autour du sujet, de culpabiliser ses interlocuteurs en les rendant responsables des fractures qui existent, de provoquer chez eux une colère qui en dit long sur leur incapacité à s’adapter et à faire face aux nouvelles règles de la vie.
 
A la fin de la journée, si l’on fait les comptes, c’est bien la poche de ‘Beyd el Barka qui aura été garnie au détriment des autres poches…
J’ai, dès les premières répliques de ‘Beyd el Barka, compris que j’étais en présence d’un esprit structuré, d’une personnalité politiquement formée, d’une intelligence éclairée… Quand il commence à me jouer la même partition que les autres, je lui dis franchement comment je le perçois. Au début renfrogné, il finit par éclater de rire. «Tu sais, quand je suis venu à Nouakchott pour la première fois, je suis allé dans la maison de mes parents Ehl Yessa. C’est là-bas où je me suis approché de Jemal et de Abderrahmane, des garçons brillants et très engagés. A l’époque, il y avait le MDI (mouvement des démocrates indépendants, mouvement de jeunes libéraux des années 80 et 90, ndlr). Même si j’ai refusé l’engagement politique pour lequel je n’avais pas le temps, j’ai appris beaucoup de choses de ces jeunes qui espéraient défaire notre monde. Après, j’ai dû rentrer chez moi. Grâce à mes parents, j’ai eu un boulot dans une boîte locale qui m’a permis de m’installer parmi les miens, de les aider à évoluer, à changer…»
 
C’est, selon lui, sa manière de participer aux changements sociaux, «à la révolution qui doit être calme et douce». Discuter, remettre en cause, rassembler, libérer, émanciper… en douceur.
En attendant, la préoccupation de ‘Beyd el Barka, en ces jours de visite présidentielle, c’est de trouver Hacenna Ould Ahmed Lebeid, l’homme d’affaires envoyé à Foum Legleyta par le parti UPR (union pour la République) pour organiser l’accueil. Notre homme le cherche, mais l’envoyé est introuvable. Ni la veille, ni le jour-même.
Il finit par dire, et il a raison de le dire, qu’il ne sait pas quelle est l’utilité de ces envoyés sur des terrains conquis, à «des populations qui viennent à Mohamed Ould Abdel Aziz et non à son parti… que de gâchis !»


Fin provisoire

Probablement le dernier épisode de cette série qui retrace un itinéraire dans un pays où l’histoire récente est une superposition de gâchis, de rendez-vous manqués, d’entreprises avortées, d’aventures irraisonnées, de potentialités dilapidées, de Mozart(s) assassiné(s) …
Nous continuons de perdre du temps en conjectures politiciennes. A savoir si les élections organisées en juillet 2009 étaient régulières. Si le Président élu à l’époque, reconnu entretemps par l’ensemble de la classe politique, est légitime. S’il a le droit de terminer son mandat ou non, de choisir ses hommes ou pas, de mettre en œuvre son programme ou pas…
 
La classe politique nous impose un surplace qui nous donne l’impression d’être aux premières heures de 2008-2009, de n’avoir jamais été à Dakar, de n’avoir jamais signé un Accord, mis en place un gouvernement d’union nationale avec pour mission d’organiser des élections pluralistes avec toutes les garanties de transparence… Avec l’impression que cette classe politique n’est pas celle qui a fini par reconnaitre ces élections…, n’est pas celle qu’on connait…
On perd du temps à chercher à provoquer un changement «brusque», soit par un coup d’Etat – on ne s’en est pas caché -, soit par une révolution dont on ne prévoit ni la mise en scène ni l’aboutissement. Alors que la sagesse et le sens «démocratique» auraient dû dicter à toute la classe politique de préparer calmement et sûrement les échéances prochaines. Celles très prochaines des législatives et des municipales, celle plus lointaine de la présidentielle (fin de mandat).
 
Mais on semble pressé. On veut provoquer de nouvelles élections. Au plus vite. On ignore que cette recherche effrénée d’une nouvelle crise retarde encore la maturation de l’évolution politique tant espéré.
Je comprends. La classe politique sait plus que nous autres, que la période de transition ouverte en 2005 ne s’est pas refermée. Que parmi ses conséquences figure forcément une profonde refonte de l’entreprenariat politique, voire un rajeunissement des acteurs, une reformulation des discours. On retarde cela et on perd du temps en cherchant à avoir tout (le pouvoir) et tout de suite. On continue à croire que l’on peut accéder à l’accomplissement sans mérite…
 
Les postes de contrôles (police, gendarmerie, douanes, eaux et forêts, et groupement routier) continuent de perturber la circulation des personnes. Les questions de savoir qui sont ceux qui passent, d’où viennent-ils et où vont-ils continuent d’occuper ces postes qui nous donnent l’impression que nous vivons sous un Etat de siège.
 
Nous perdons du temps… un temps précieux qui aurait pu servir à redonner goût au travail, à la vie… servir à réhabiliter l’intelligence et la compétence… à vaincre la médiocrité qui a sévi tout ce temps.
Quel gâchis !!!!!

Mohamed Fall Oumeir
 
oumeir.blogspot.com


              

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