Connectez-vous S'inscrire
Noorinfo

Attaques terroristes dans la sous région : A quand le tour de la Mauritanie ?


Actu Mauritanie
Mercredi 20 Janvier 2016 - 19:00

L’heure est aux interrogations au lendemain de la violente attaque qui a fait au moins 29 morts vendredi soir, à Ouagadougou, et qui a été revendiquée par la branche al-Mourabitoune, mouvement armé affilié à al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Il s’agit pour tous les Mauritaniens, de savoir si leur pays est dans le viseur des terroristes ?


Marché Capital de Nouakchott, côté est. Crédit: RFI
Marché Capital de Nouakchott, côté est. Crédit: RFI

La ville de Nouakchott, est-elle entièrement épargnée des attentats terroristes qui visent désormais les capitales de pays de la sous région ? La question mérite bien d’être posée au vu de la situation d’insécurité qui frappe les cités de la sous région ces trois dernières années ! Située aux confins du Sahara et à la porte ouest de l’Afrique noire, la Mauritanie se trouve géographiquement dans la zone africaine la plus investie par la nébuleuse d’al qaida. Certes, pour l’heure, rien n’indique que les terroristes s’en prendraient à Nouakchott, mais rien ne prouve aussi qu’elle soit toujours épargnée. Au contraire…

Il s’agit en fait d’une nouvelle stratégie des terroristes qui visent à ébranler les États cibles en s’attaquant à des hôtels situés dans les grands centres urbains… Boutés de leurs repaires des montagnes désertiques sahariens par l’armée française au cours de l’opération Serval et traqués par la force internationale de paix de l’ONU en place au Mali, les terroristes semblent avoir opté pour des attentats ciblés dans des lieux névralgiques : les hôtels de haute gamme voire les terrasses de cafés ! Il s’agit pour eux de viser des lieux sensibles fréquentés par une classe de privilégiés : les touristes, les hommes d’affaires, le cas échéant, les hautes autorités administratives.

C’est ce qui explique les attentats de vendredi dernier au Splendid Hôtel et au restaurant Le Capuccino de Ouagadougou avec sa trentaine de morts. C’est aussi ce qui explique la prise la prise d’otages dans un grand hôtel à Bamako en novembre dernier qui avait fait 22 morts, côté civil et 3 terroristes tués ou qui s’étaient fait exploser. C’est encore ce qui explique les attentats perpétrés, en mars 2015, au bar La Terrasse de Bamako qui avaient fait trois morts, trois occidentaux. L’occasion de souligner que jusque l’heure, les terroristes ont chaque fois, réussi ou prou leur objectif : tuer de civils et disparaître. Jamais en effet - au Mali comme au Burkina- ils n’auraient été entièrement pris au terme des attaques qu’ils ont menées.
Soutien

La nouvelle stratégie des terroristes d’al Qaïda qui consiste à envoyer des commandos dans les grands centres urbains de capitales ouest africaines pour s’en prendre à des hôtels haut de gamme a une même signature : chaque fois, le mode opératoire est le même avec des djihadistes qui forcent l’entrée des lieux avant d’ouvrir le feu en direction des personnes retrouvées sur place. Chaque fois, les revendications proviennent des mêmes auteurs, le groupe djihadiste Al-Mourabitoune de l’Algérien Mokhtar Belmokhtar et Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) !
Forts des liens qu’ils partagent avec les populations locales, les terroristes parviennent toujours à traverser les frontières pour se rendre dans les capitales cibles où ils prépareraient leurs opérations, jouissant de soutiens certains sur place. Et ce serait exactement là où le bât blesse pour la Mauritanie.

D’abord parce que, bien que dirigée par l’Algérien Mokhar Ben Mokhtar, al Mourabitoune est constituée en grande parties de jeunes mauritaniens, partis pour le djihad et qui disposent d’attaches certaines dans le pays ; ensuite parce que la Mauritanie est bien ciblée dans la guerre des terroristes. En 2015, n’avait-elle pas été visée par les menaces d’Ansar Dine qui promettait de « punir les ennemis de l’islam ? » soutenant à l’époque : « nous allons multiplier les attaques en Côte d’Ivoire, au Mali et en Mauritanie, des pays qui travaillent avec les ennemis de l’islam ! »

Autre donne qui fait que la Mauritanie ne soit pas entièrement épargnée : l’évasion il y a quelques jours de la prison civile de Nouakchott du salafiste Cheikh Ould Saleck. L’homme est d’autant plus dangereux qu’il a rejoint depuis le début de l’année 2015, le groupe Daech. Quand on sait que cette nébuleuse islamiste a demandé à ses membres de s’abstenir de rejoindre les champs de bataille en Syrie et en Irak mais d’agir sur place, quand on sait que Ould Saleck peut toujours se trouver à Nouakchott, et quand on sait la facilité avec laquelle les citoyens se déplacent dans la capitale, on mesure alors le fort risque d’un attentat ici.

En fait, cette malheureuse perspective constituerait une étape de plus dans la conquête des villes africaines par les différents mouvements terroristes dont l’objectif commun et avoué est d’instaurer la peur permanente dans les villes d’Afrique de l’ouest.

En définitive, la Mauritanie ne peut pas être totalement et indéfiniment à l’abri des attentats terrorises. Un jour ou l’autre, ce pourrait être son tour. Ce sera quand et dans quel site ? Nul ne sait ! Pourra-t-elle alors s’en remettre ? Là est une autre question !

MOMS
L'Authentic


« Qui a peur de la Mauritanie ? » : Un ancien reportage tout à fait actuel sur le risque terroriste
« Depuis des années je vois la peur contre le terrorisme pousser des pays occidentaux à diaboliser des pays mal connus comme la Mauritanie. Au fil des voyages et des reportages j’ai dû me rendre à une évidence : les Mauritaniens ne sont pas plus dangereux que les Européens ; la criminalité y est moins bien importante que dans n’importe quel pays européen ; la Mauritanie a connu une colonisation bien courte dans le temps, c’est un plaisir de rencontrer des gens pour qui l’étranger est le bienvenu, mais il ne doit pas imposer ses idées ; sans doute le seul pays en Afrique où le camping est pratiqué par une population d’origine nomade, ce qui signifie que le désert n’est pas si dangereux ; diaboliser un pays c’est le pousser à prendre ses distances, c’est donner à sa population l’impression qu’elle appartient à un autre ensemble géographique, humain, politique qu’elle ne connaît pas encore.
Depuis le 11 septembre 2001, le monde a bien changé. Le terrorisme est devenu la pierre de fronde de David face aux armées de Goliath avides de contrôler les ressources naturelles, moteur de l’économie mondiale. Les thèses islamistes font recette car elles fondent les bases d’un monde soumis, écrasé, qui veut se dédouaner d’une domination étrangère qui ne connaît aujourd’hui que la force. Il serait triste de voir tomber dans l’obscurantisme des pays aussi tolérants que la Mauritanie, mise au banc des nations sous prétexte que la région serait le terreau de groupes terroristes qui s’en prennent aux intérêts occidentaux. Gageons qu’on puisse maintenir le dialogue interculturel et prôner une vision plus solidaire entre les peuples aux intérêts divergents. Gageons qu’à l’avenir les ressources naturelles soient valorisées pour le bien de tous. »
Voilà la conclusion du documentaire produit entre 2010 et 2011 par Xavier Van der Stappen et Mathieu Blanchart, « Qui a peur de la Mauritanie ? » Elle est d’actualité au moment où les Etats-Unis d’Amérique viennent de déclarer, par le biais de leur ministère des Affaires étrangères, que la Mauritanie fait partie des pays dangereux pour leurs ressortissants. Elle est d’autant lus d’actualité quand on constate que le Quai d’Orsay continue de maintenir en zone rouge une bonne partie du territoire mauritanien.
Noorinfo


              

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Actu Mauritanie | Actualité | Economie | Sport | Culture | Société | Lu sur le web | International | Tribunes | Vu de Mauritanie par MFO | Blogs | videos | A.O.S.A | Communiqué | High-Tech | Politique | Sciences | Insolite | Histoire





Suivez-Nous
Rss
Recherche
Inscription à la newsletter
Les + populaires