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Assurances en Mauritanie: Un des maillons faibles de l'économie


Economie
Lundi 18 Juillet 2011 - 10:44

Entre les assureurs et les assurés mauritaniens, la confiance ne règne pas. La faute à des indemnisations tardives, qui, quand elles arrivent sont jugées extrêmement faibles par rapport aux sinistres.


La circulation routière est la principale zone de sinistres qui entraînent des émissions de primes
La circulation routière est la principale zone de sinistres qui entraînent des émissions de primes
«Les compagnies d'assurance nationales sont relativement faibles» admet d'emblée un des cadres du secteur qui a requis l'anonymat.. La structure même du marché est en cause, mais pas uniquement. Si le marché est relativement petit, et qu'à cela s'ajoute la pauvreté de la population (dont presque la moitié gagne à peine un dollar par jour), en plus des raisons culturelles et religieuses qui tendent à un comportement fataliste face aux aléas de la vie, la faiblesse de l'assurance en Mauritanie se justifierait plus largement par la mauvaise réputation des assureurs. «Devant la mauvaise volonté des assureurs à remplir leur part du contrat d'assurance, lors des accidents automobiles (qui est le contrat d'assurance le plus répandu- ndlr), les clients potentiels ne voient pas la nécessité de recourir à de telles compagnies» explique le jeune cadre.

Cette obligation de l'assureur consiste, conformément à l'article 10 du code des assurance, «lors de la réalisation du risque ou à l’échéance du contrat, à exécuter dans le délai convenu la prestation déterminée par le contrat et ne peut être tenu au-delà». Ce délai, de trois mois dans les textes, est notamment destiné à donner le temps aux deux parties de réunir les documents nécessaires à la détermination des responsabilités en cause et à l’évaluation correcte du montant du préjudice. Mais toutes les compagnies d’assurance en Mauritanie l’ont systématisé et en ont fait un préalable même pour un dossier dont la limpidité est sans équivoque. «Ça fait deux mois que je cours après une indemnisation qui m'est due, suite à un accident de voiture. Leur expert a reconnu le fait que j'étais victime et des témoins l'ont confirmé. Mais ils font traîner les choses. Et je suis sans recours. Entre le transport et les appels incessants j'ai déjà dépensé une partie de la petite indemnisation qu'ils me remettront un jour si Dieu veut!» raconte Aissata Sidibé, restauratrice, cliente d'une des sociétés d'assurances en Mauritanie.

De ce fait, découlerait la principale raison selon laquelle les assurés ne souscrivent que les assurances légalement obligatoires, et encore seulement celles dont la souscription est effectivement contrôlée (responsabilité civile des propriétaires de véhicules, et assurance de voyage). «Cela est essentiellement dû aux particularités du marché mauritanien de l’assurance: absence d’intermédiaires de l’assurance, l’émission des contrats n’est pas effective pour les contrats, qui pour la plupart s’en moquent royalement d’ailleurs, l’essentiel étant d’être couvert juridiquement en cas d’accident, et pouvoir la présenter à un éventuel contrôle de police» explique Sidy Mohamed Diallo conseiller chargé de l'audit et du contrôle à la NASR.

Une assurance faible

Les primes émises par les neuf sociétés d'assurance en 2008 étaient d'un peu moins de 4 milliards d'ouguiyas selon la Direction du contrôle des assurances. La NASR à elle seule émettait presque la moitié de ces primes! Et celles-ci augmentent chaque année. Toutefois, le PIB ayant été de 950 milliards ouguiyas en 2010, la pénétration de l'assurance ne serait que de 0,5% du PIB, ce qui est un taux extrêmement faible, même par rapport à des pays dont le niveau de développement économique est comparable à celui de la Mauritanie. Quant à la densité de l'assurance (primes annuelles moyennes par habitant), elle s'élèverait à 841 ouguiyas, soit un peu plus de 3 dollars (au Maroc 37 dollars, 10 au Sénégal, 8,4 en Algérie), une misère donc.
Un professionnel du secteur pointe surtout du doigt «des produits d'assurance mal adaptés à la réalité mauritanienne et excessivement chers». «Mais ce n'est guère étonnant si on tient compte du fait que les assurances n'échappent pas au phénomène de «commerce» que subit toute activité génératrice de gros bénéfices, et malheureusement par des non-professionnels. Combien de pharmacies créées et gérées par des non-pharmaciens? Une majorité. À l'instar, les assurances n'échappent pas à la règle. Il y a un déficit de professionnels dans le secteur.» dit-il.

Mamoudou Lamine Kane
Mamoudou Kane


              

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