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Artistes mauritaniens : Épinglés par la misère, ils migrent


Culture
Lundi 3 Septembre 2012 - 10:16

Si l’art fait vivre ailleurs son homme, ce n’est pas le cas en Mauritanie où les artistes connaissent le calvaire des pays où la culture est le cadet des soucis des décideurs. Nombreux d’entre eux plient bagages pour scruter d’autres horizons.


Waraba, le rappeur mauritanien est certainement le plus doué de sa génération, mais il ne rencontre le succès qu'en migrant au Sénégal et en se fondant dans le collectif AURA de Didier Awadi.
Waraba, le rappeur mauritanien est certainement le plus doué de sa génération, mais il ne rencontre le succès qu'en migrant au Sénégal et en se fondant dans le collectif AURA de Didier Awadi.
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L’avenir de l’art est menacé dans le pays du million de poètes. Plusieurs artistes mauritaniens dans les secteurs divers de la culture migrent en vague vers l’Europe pour fuir la misère qui est leur lot quotidien. Des chanteurs, des musiciens et des rappeurs, en passant par des peintres... Tout ce monde cherche coûte que coûte à obtenir un visa pour " foutre le camp ". C’est le cas de Biz Jazz, d’AMD, Papis Kimmy, Moussa Watt, dDIAM MIN TEKKY, Bakhan… Tout dernièrement, c’est Ousmane Gangué qui ne se fatigue pas de souffler le chaud et le froid entre les deux continents. Rares sont ceux qui reviennent au pays pour se ressourcer. Mais tous entonnent le même refrain : "en Mauritanie, être artiste, c’est accepter de traîner une vie de misère".

Pour Dj Khalzo, l’immigration des artistes n’est pas une fuite mais plutôt une recherche d’expériences musicales, car selon lui, les artistes mauritaniens vivent l’enfer imposé par leur ministère. C’est ce qui les oblige à aller voir ailleurs, d’abord pour gagner en expérience professionnelle ensuite pour gagner leur vie décemment. " Il y a ceux qui sont partis pour ne plus revenir, ces gens là je les considère comme des traitres" peste l’animateur. Selon lui, partir en Mauritanie et rester sans y revenir, ni se faire connaître à l’extérieur, c’est un choix personnel, même si l’art se porte mal en Mauritanie.

Il a ajouté que tout est question de sincérité et de patriotisme. " L’Europe est devenue un carrefour des rêves brisés pour beaucoup d’artistes. Ils ont déserté le combat " estime Yéro Abdoulaye Sow, coleader du groupe MINENTEY.

Faire de la musique, selon Madou Fall, Manager de DIAM MIN TEKKI, est un grand calvaire en Mauritanie. Même pour le petit déjeuner, le groupe n’arrivait pas à s’en sortir. Pour un groupe si populaire c’est une déception, a-t-il relevé, ajoutant que le groupe a décidé à travers ses conseils, de partir et de rester en Europe pour ne revenir que lorsqu’il aura suffisamment de moyens pour poursuivre son combat.

Modou Fall a précisé que le groupe est parti en Europe pour avoir des forces sans dépendre de personne, précisant que la popularité sans les moyens de se prendre en charge d’honorer ses engagements, est tout simplement inutile." C’est le grand problème " dira-t-il.

Il a affirmé que quand DIAM MIN TEKKI sera prêt, il reviendra au pays avec un troisième album, dont les recettes peut-être ne serviront pas seulement à éponger des ardoises salées.

En attendant que l’art se développe en Mauritanie, plusieurs artistes rejoignent l’Eldorado en espérant des lendemains meilleurs.

Cheikh Oumar NDiaye
Pour l'authentique
Mamoudou Kane


              

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