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Aqmi: L’incertitude demeure sur la mort d’Abou Zeid


Actualité
Vendredi 1 Mars 2013 - 16:10

TERRORISME - Des tests ADN auraient été pratiqués en Algérie sur deux membres de la famille de l'émir d'Aqmi, afin de tenter de confirmer son identité, selon un journal algérien...


Image tirée d'une vidéo publiée le 25 décembre 2012 par Sahara Media, montrant l'émir d'Aqmi, Abdelhamid Abou Zeid. Le djihadiste aurait été tué par les forces français dans l'extrême Nord du Mali, a indiqué la télévision algérienne Ennahar TV le 28 févri AFP PHOTO / SAHARA MEDIA
Image tirée d'une vidéo publiée le 25 décembre 2012 par Sahara Media, montrant l'émir d'Aqmi, Abdelhamid Abou Zeid. Le djihadiste aurait été tué par les forces français dans l'extrême Nord du Mali, a indiqué la télévision algérienne Ennahar TV le 28 févri AFP PHOTO / SAHARA MEDIA
L’émir d’Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) Abou Zeid a-t-il vraiment été tué lundi par les forces françaises au nord-est du Mali, près de la frontière algérienne? La question n’a toujours pas été tranchée ce vendredi, mais pourrait l’être dans les prochains jours grâce à des tests ADN.

Jeudi, la chaîne de télévision algérienne Ennahar, bien informée auprès des services de sécurité algériens, rapportait que 40 combattants islamistes, dont Abou Zeid, un des chefs les plus radicaux et les plus craints d’Aqmi, avaient été tués et plusieurs autres capturés. Une «source fiable proche des opérations militaires en cours dans le nord du Mali» a ensuite confirmé l’information au Monde.

Pas de «confirmation officielle»

Abou Zeid aurait été tué il y a quelques jours -probablement en début de semaine- lors d'une opération française combinant bombardements aériens et offensive au sol, dans les contreforts du massif de l'Adrar des Ifoghas, dans l'extrême nord-est du Mali, le «sanctuaire» des djihadistes. C'est l’un des terroristes capturés qui aurait appris à l'armée française qu’Abou Zeid figurait parmi les victimes.

Mais, si un responsable militaire français a bien confirmé jeudi qu'une quarantaine d'islamistes avaient été tués lors de violents affrontements dans la région du massif de Tigharghar sur la semaine écoulée, les autorités algériennes, maliennes et tchadiennes n'ont pas confirmé la mort d’Abou Zeid, et le ministère français de la Défense a refusé de s'exprimer sur le sujet.

Ce vendredi, la porte-parole du gouvernement français, Najat Vallaud-Belkacem, a déclaré que l'annonce de la mort d'Abdelhamid Abou Zeid était «à prendre au conditionnel», en l'absence de «confirmation officielle». «Nous n'avons pas de confirmation officielle, (...) ni confirmation, ni infirmation», a-t-elle dit. Cette information «n'a pas été recoupée», a-t-on confirmé dans l'entourage du président François Hollande, précisant qu'il appartenait aux autorités maliennes d'identifier les personnes qui ont fait l'objet d'actions militaires sur leur territoire.

Tests ADN en cours

Cette confirmation pourrait intervenir sous peu. En effet, des tests ADN ont été pratiqués en Algérie sur deux membres de la famille d'Abou Zeid, afin de tenter de confirmer son identité, rapportent le quotidien algérien El Khabar et la radio française RFI, qui cite une source proche des renseignements français. «Les services de sécurité sont en train de comparer l'ADN de deux proches parents d'Abou Zeid avec des échantillons prélevés sur les restes d'un corps remis par les forces françaises» aux autorités algériennes, précise le quotidien.

Abou Zeid, Mohamed Ghedir de son vrai nom, est l’émir des zones sud contrôlées par Aqmi. Agé de 46 ans et originaire de la localité de Debdeb, à la frontière algéro-libyenne, cet ancien trafiquant devenu djihadiste a rejoint le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), ancêtre d'Aqmi, durant la guerre civile des années 1990. Abou Zeid est apparu pour la première fois en 2003 comme adjoint d'Abderrezak Le Para, ex-numéro deux du GSPC lors du spectaculaire enlèvement de 32 touristes européens dans le grand sud algérien.

Jugé par contumace à Alger en janvier 2012, il a été condamné à la perpétuité. Parmi ses onze co-accusés se trouvaient cinq membres de sa famille qui ont chacun écopé de 10 ans de prison pour constitution de groupe armé international.

L'un des chefs les plus cruels d’Aqmi

Décrit comme un homme de petite taille, à la barbe grise et à l'allure calme mais stricte, toujours armé d'une kalachnikov, Abou Zeid est considéré comme l'un des chefs les plus cruels d’Aqmi. On lui attribue l'enlèvement d'une vingtaine d'Occidentaux dans le Sahara ces cinq dernières années, et on estime qu'il a procédé à deux exécutions: celle du Britannique Edwin Dyer en 2009 et celle en 2010 du Français Michel Germaneau. Robert Fowler, un diplomate canadien qui fut otage au Sahara, a raconté comment Abou Zeid avait refusé de fournir des médicaments à deux otages souffrant de dysenterie, dont l'un avait été piqué par un scorpion.

Lorsque les groupe sislamistes contrôlaient le nord du Mali en 2012, Abou Zeid a régné de longues semaines sur Tombouctou, mettant en oeuvre une forme de charia extrême avec amputations et détruisant des lieux saints soufis. Il aurait quitté la ville juste avant l'arrivée des forces françaises fin janvier.

Source: Bérénice Dubuc avec Reuters

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