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Après la levée des sanctions, l’Iran et l’Amérique face aux crises régionales : Arabie saoudite, Syrie, Irak. Première partie, par Michel Makinsky.


International
Jeudi 24 Mars 2016 - 15:09

Michel Makinsky est chargé d’enseignement à la France Business School, chercheur Associé à IPSE, Directeur Général d’AGEROMYS INTERNATIONAL.
Dernière publication : « L’Economie réelle de l’Iran, au-delà des chiffres », ouvrage collectif, Paris, L’Harmattan, 2014.


Après la levée des sanctions, l’Iran et l’Amérique face aux crises régionales : Arabie saoudite, Syrie, Irak. Première partie, par Michel Makinsky.
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Peut-il y avoir un rapprochement des points de vue entre Washington et Téhéran sur les crises régionales ? Ce n’est un secret pour personne qu’avant même la conclusion de l’accord nucléaire du 14 juillet 2015, des échanges de vues officieux se sont déroulés entre Américains et Iraniens en marge des négociations en vue du JCPOA, en dépit des dénégations iraniennes, le Guide ayant officiellement rappelé à Rohani et Zarif qu’il leur est interdit d’évoquer avec leurs interlocuteurs autre chose que les négociations en cours. En octobre 2015, intervient un tournant : Washington admet officiellement que l’Iran doit être impliqué dans les négociations sur la Syrie (1), et impose ceci aux Saoudiens fort contrariés.

Aussitôt l’Implementation Day atteint (16 janvier), l’administration Obama a fait savoir qu’elle souhaitait étudier avec la République islamique les possibilités d’agir de concert sur les problèmes régionaux, tout en précisant que la guerre civile sévissant en Syrie ne pourra prendre fin tant que le président syrien est au pouvoir (2). Lue rapidement, cette position peut, sans doute à tort, se comprendre comme un blocage pur et simple des deux parties. Un examen plus attentif autorise une lecture différente : le départ de Bachar al-Assad n’est pas un préalable à tout examen de solutions politiques pour la Syrie, mais son maintien définitif au pouvoir n’est pas davantage une exigence absolue, tout dépendant de la volonté des protagonistes du conflit, et (accessoirement ?) des vœux de la population dont il n’est guère question. Lors de son passage à Paris, fin janvier, le président iranien confirme que l’Iran est partie prenante des négociations avec la Syrie avec l’Amérique qui, selon lui, voit son pays comme « la seule puissance de la région capable de s’attaquer au terrorisme » (3). Au forum de Davos, John Kerry a indiqué que l’administration Obama est passée d’une situation de confrontation à celle d’une éventuelle coopération : il faut « tester si nous pouvons ou non trouver le chemin de la coopération » à propos de la Syrie et du Yémen (4). Il ajoute : « Nous observons l’Iran pour faire de ce sujet un tournant… Mais à présent, nous avons heureusement la capacité de réduire les tensions dans d’autres régions où elles existent ».

Et le président Rohani a dit qu’il veut se servir de ceci (l’accord nucléaire, NDLR) comme d’un point de départ pour « quelque chose de neuf ». Il conclut que ce serait pure folie pour l’Amérique de « ne pas explorer » une nouvelle piste de coopération avec l’Iran. Comme le disent certains analystes, « l’administration Obama a conclu qu’il y a plus à gagner qu’à perdre en ouvrant un dialogue avec les Iraniens qui, que les USA les aiment ou pas, détiennent une gamme de cartes dans la région. Aucun conflit en Syrie, Irak ou Yémen ne peut être résolu sans l’inclusion de l’Iran dans la table » des négociations (5).
 

La crise lors du pèlerinage de La Mecque fin septembre 2015


  Dans la région, le rapprochement entre l’Iran et l’Arabie saoudite souhaité par Washington est fortement contrarié par la crise qui est née des deux graves incidents lors du pèlerinage à La Mecque : la chute d’une grue, puis la bousculade. Les Saoudiens ont affiché une légèreté dans le traitement des événements et une désinvolture à l’égard de plusieurs Etats : le Nigéria, l’Inde, l’Indonésie qui sont très mécontents mais l’ont exprimé de façon moins véhémente que les Iraniens. Il y a lieu de s’interroger sur la véhémence des Iraniens, en dehors du fait qu’ils ont eu le plus grand nombre de perte et de disparus, ce qui les a beaucoup exaspérés, et a déclenché des mécontentements unanimes aussi bien parmi les proches du gouvernement que les ultras : le décompte des victimes est incertain, on ne sait pas ce que sont devenues un certain nombre de personnes hospitalisées, l’accès aux décédés et aux blessés a été rendu difficile, et enfin, plusieurs victimes ont disparu (en particulier un ancien ambassadeur iranien au Liban) pendant plusieurs semaines jusqu’à ce que leurs cadavres soient retrouvés, ce qui a suscité toutes sortes de suspicions ‘complotistes’ (et une colère iranienne) avant que les incertitudes liées à une pagaille sans précédent ne soient levées. Le malaise est grand à ce propos entre les deux pays.
 
Avant la crise déclenchée par l’exécution du religieux chiite saoudien suivie de la dévastation de l’ambassade de Riyad, Téhéran a évité de donner une intensité excessive à ce grave incident malgré la rancœur accumulée. Rohani a privilégié le traitement diplomatique de cet épisode, préférant communiquer de façon à déconsidérer le royaume pour son irresponsabilité, évitant d’entretenir les rumeurs de noirs complots quant à la disparition de dignitaires du régime. Les Iraniens ont émis une revendication : que l’Arabie saoudite soit dessaisie de l’organisation des pèlerinages en raison de son incapacité à assurer ses responsabilités. Au-delà de ces graves incidents, les Iraniens tentent de discréditer la légitimité saoudienne. Cette légitimité est d’abord contestée en interne du fait de la succession dynastique assurée sur le papier et non dans la réalité. L’Arabie saoudite, bien que suivie militairement dans son offensive militaire sur le Yémen par plusieurs pays dont les Emirats arabes unis, est exposée à ce que cette crise yéménite pourrisse. Cela pourrait avoir des conséquences sur ses voisins du CCG dont le soutien pourrait faiblir à la longue. La question qui risque de se poser est la suivante : si le premier fruit de cette opération est de renforcer Daesh et al-Qaïda, les effets retour chez les Saoudiens risquent d’être redoutables d’autant que l’on sait très bien que ceux-ci sont très exposés à la contestation islamiste interne qui ne cesse d’augmenter.

Elle monte d’autant plus que le contexte économique s’est considérablement dégradé. Les réserves financières s’épuisent, l’emploi est devenu dans un état si criant qu’une commission spéciale vient d’être créée. Il y a un risque de rupture du pacte social (6). S’ajoutent à cela les conséquences du cours bas du baril, un épuisement progressif des réserves et une diversification qui n’a pas été lancée. Voilà pourquoi l’Arabie saoudite, qui jouait l’homme fort de la région, risque de se retrouver comme un colosse aux pieds d’argile puisqu’il s’effrite de l’intérieur. Nous ne prétendons pas ici que le royaume va s’effondrer, nous nous bornons à signaler que de plus en plus de « clignotants rouges » commencent à s’allumer.
 
Washington, comme Téhéran, souhaite une baisse de tension entre l’Iran et l’Arabie Saoudite, à défaut de normalisation. Or, Riyad campe sur une posture inflexible basée sur le postulat que l’accord nucléaire (JCPOA), sur lequel le royaume demeure plus que réservé, alors que les Occidentaux s’en sont réjouis, laisse intacte aux yeux des Saoudiens la « menace iranienne ». La signature de cet accord a créé une véritable crise de confiance entre Washington et Riyad, une fissure que les déclarations américaines de soutien à la sécurité du Royaume ne suffisent pas à combler (7).Le prince Abdulmajeed Al-Saud le déclare sans ambages : « Pour ceux d’entre nous qui vivent et travaillent au Moyen-Orient à portée des ambitions expansionnistes iraniennes, l’Iran demeure la plus grande menace pour la paix et la sécurité régionale que nous ayons connue depuis la fin de la guerre froide (8). » Loin de constituer le début d’une réintégration paisible dans la région, cet accord, selon l’auteur, a été suivi d’actes et comportements qui ne font que confirmer les dangereuses visées iraniennes.

Prenant acte des ouvertures américaines en direction de la République islamique, Abdulmajeed Al-Saud constate qu’à cette occasion ceux qui critiquent les manœuvres iraniennes directes ou par allié interposé (proxy war) sont accusés d’incitation à la violence d’origine religieuse (sunnite) même dans les cas où la religion n’est pas à l’origine de ces tensions (9). Du coup, toujours selon l’auteur, l’Arabie saoudite est contrainte de renforcer sa sécurité et celle de la région par une coopération intense avec la Ligue Arabe et le Conseil de Coopération du Golfe. Il conclut que le respect de l’accord nucléaire n’est pas suffisant « quand un pays exporte le terrorisme à travers le globe ». Ce propos très convenu et truffé de clichés pourrait ne passer que pour un discours « langue de bois » tant il ne fait que répéter le « mantra » de Riyad. Au-delà de ce message ne varietur qui ignore les causes profondes des véritables périls (notamment intérieurs) qui pèsent sur la sécurité, voire la pérennité de la monarchie, il ne faut pas ignorer une réalité : l’Iran, à tort ou à raison, est effectivement perçu très largement comme une véritable menace tant chez les dirigeants du pays que dans de larges segments de la population. Il y a un véritable autisme stratégique à la tête de la monarchie, et il est de plus très largement partagé.
 
Sans grand risque de se tromper, on peut estimer que Barack Obama perçoit le côté dangereux de cette situation, en particulier le fait que cet antagonisme ne facilite pas la lutte contre Daesh. Mais cela suppose un préliminaire qui ne paraît pas encore rempli : les Américains ne semblent pas réellement avoir choisi, si l’on peut dire, leur camp. Si la priorité américaine est réellement la lutte contre les djihadistes, les actions sur le terrain ne sont pas cohérentes avec cette intention. L’aide militaire américaine massive à cette tentative hasardeuse en est la preuve. La constitution d’une coalition de 34 Etats dont plusieurs ont découvert leur participation par la presse tandis que d’autres n’ont adhéré que pour faire nombre après avoir reçu de gros subsides, est supposée rassembler ceux qui luttent « contre le terrorisme » (non précisé). L’Iran et l’Irak n’ont pas été invités, Oman a décliné toute implication militaire, et le Pakistan (prudemment) n’envoie pas de troupes au front rejoindre les contingents émiratis complétés de mercenaires sud-américains.

L’opération de la coalition menée par l’Arabie saoudite sur le Yémen non seulement n’a pas résolu la crise yéménite mais en plus a grandement favorisé al-Qaïda et Daesh. Aux Etats-Unis, et surtout en Europe (notamment en Allemagne et en Hollande) des voix autorisées s’inquiètent de l’alignement excessif de l’Amérique (10) et de plusieurs pays occidentaux sur une politique dont les buts sont douteux, l’efficacité incertaine, et la contribution (qui se caractérise par des livraisons gigantesques d’armement à la monarchie saoudienne (11)) à la solution de ces crises, inexistante. Les vrais objectifs saoudiens ne sont-ils pas une volonté de préserver une hégémonie régionale sous l’alibi de la lutte contre l’insécurité (12) ? Et plus probablement encore, de préserver sa stabilité intérieure (13). Il y a là une contradiction sévère. Or, en ignorant la véritable nature des rapports de force et des visées stratégiques des acteurs de la région, l’Amérique s’enferme dans ces impasses ou plutôt dans une sorte de non-choix qui inquiète la monarchie. Celle-ci doute quelque peu de la détermination américaine à soutenir son « allié », en dépit des spectaculaires livraisons de matériel militaire (14).

Quand Riyad a encouragé la baisse des cours du baril, ce n’était pas Téhéran qui était visé, mais la production de gaz de schiste américain. Or, si les intérêts changent, les attitudes peuvent aussi changer : Téhéran a donné son accord au plan saoudien de stabilisation des prix du baril dont la faiblesse menace les intérêts de tous les producteurs. Ce qui n’empêche pas la très âpre rivalité des deux pays de se poursuivre dans un climat toujours tendu (15).
 

La crise suite à l’exécution du Sheikh Nimr al-Nimr


  Cette tension n’est pas près de retomber après la mise à sac le 2 janvier de l’Ambassade saoudienne à Téhéran et du consulat de Riyad à Mashhad, par des manifestants qui protestaient contre l’exécution du dignitaire chiite saoudien Nimr al-Nimr le 2 janvier 2016. Celle-ci avait déclenché la fureur unanime de toute la classe politique iranienne. Les tenants et aboutissants de cette attaque sont encore obscurs (il est probable que cette action fort peu spontanée a été organisée par des nervis appartenant à des « services parallèles », des agitateurs professionnels pilotés par des ultras qui veulent affaiblir le président Rohani et son gouvernement et aussi torpiller toute détente entre l’Iran et la monarchie saoudienne, et si possible troubler par la même occasion tout rapprochement avec les Occidentaux (16).

Comprenant immédiatement la gravité de la situation, Rohani a non seulement condamné vigoureusement ces exactions, exigé des services judiciaires et sécuritaires une enquête immédiate et fait savoir à l’Onu que l’Iran confirme son engagement au respect des diplomates et des locaux diplomatiques et s’emploierait à condamner les coupables. Si au regard de la communauté internationale, comme au plan intérieur, la réaction présidentielle a été crédible, en revanche, les dégâts dans les relations avec la monarchie saoudienne sont considérables : non seulement le royaume a rompu ses relations diplomatiques avec Téhéran (17), mais a pesé de tout son poids pour que les autres Etats du Golfe en fassent autant. Sans aller jusqu’à la rupture, beaucoup ont réduit le niveau de leur représentation diplomatique. Or cette tension, ce qui contrarie Washington qui ne semble guère avoir de prise sur elle, ne cesse de s’amplifier au point que certains laissent entendre que les deux rivaux pourraient en arriver à un conflit armé (18), ce qui est peu probable.
Les Américains avaient tenté en vain de dissuader les Saoudiens d’exécuter le religieux chiite, les mettant en garde contre les conséquences prévisibles d’un tel acte au vu des propos belliqueux entendus régulièrement en Iran.
 
Cette mise à mort est un message délibéré des monarques ; il comporte plusieurs destinataires : d’abord la minorité chiite du pays qui est prévenue de la sorte qu’elle doit une soumission absolue allant jusqu’à la négation de ses droits, l’acceptation de toute répression aveugle. Le religieux ayant été mis à mort aux côtés de terroristes islamistes, les chiites saoudiens sont ainsi désignés comme étant sur le même plan que les pires ennemis jihadistes, un quasi-statut de cinquième colonne. On imagine mal quel succès pourrait être escompté, dès lors, de toute politique d’apaisement, de non-discrimination. En sus, les chiites saoudiens, comme la plupart de leurs coreligionnaires du Golfe, se rattachant aux modèles religieux (marjas) irakiens, les procès d’intention qui leur sont faits sont malvenus. L’autre cible principale de ce message est à l’évidence la République islamique. Il signifie une interdiction absolue de s’ingérer dans les affaires intérieures du royaume, et, au-delà un coup d’arrêt à toute prétention d’hégémonie régionale, un thème qui est aussi sous-jacent à la dénonciation sempiternelle des menaces que fait peser sur l’Arabie saoudite l’appui iranien aux insurgés Houthis que les Saoudiens présentent comme des marionnettes entre les mains de l’Iran.

Ce faisant, le royaume fait semblant d’ignorer les vraies causes et la vraie nature de l’insurrection d’origine tribale et politique et désigne Téhéran comme bouc émissaire alors que l’Iran n’a fait que saisir l’occasion d’affaiblir la monarchie en aidant assez modestement (faute de moyens) les insurgés. Mais les rodomontades des généraux pasdarans ou chefs bassiji entretiennent dans de larges cercles de la population le syndrome de l’encerclement iranien malveillant. Lors du pic de tension que déclenche l’attaque de l’ambassade saoudienne à Téhéran, la diplomatie américaine a derechef essayé précipitamment de calmer l’ire du royaume, appelant ses dirigeants à retenue.
 
Toujours est-il que sur tous les terrains régionaux, Riyad s’emploie à cultiver une confrontation avec l’Iran partout où les deux concurrents luttent pour asseoir leur influence. Un nouveau témoignage en a été récemment donné au Liban où les Saoudiens ont annulé l’aide militaire (19) (sous forme de matériel livré par la France) notamment pour « punir » le Liban de ne pas avoir condamné l’attaque de l’ambassade de Riyad à Téhéran (20). Le royaume s’irrite aussi de l’influence du Hezbollah soutenu par l’Iran dans son combat aux côtés de Bachar al-Assad, jugée trop importante. Plusieurs monarchies du Golfe ont suivi le royaume en sanctionnant le Liban par diverses mesures (interdictions de voyages, annonces de fermetures de banques….). Contrastant avec la raideur saoudienne, la diplomatie iranienne s’évertue à signaler que l’Iran veut maintenir un dialogue apaisé avec son voisin, comme l’a rappelé Zarif à la conférence de Munich sur la sécurité (21), mais il ne semble guère écouté.
 
Au procès instruit par Riyad, Téhéran répond invariablement que l’Iran n’a pas de visée hégémonique régionale, et que bien au contraire, c’est son rival qui peut être accusé d’ingérences dans les pays voisins, voire de tentatives de déstabilisation, comme à Bahreïn ou au Yémen. Bien plus, le voisin perse dénonce la politique incohérente de la monarchie, dont les actions désordonnées reflètent un manque de vision stratégique. Hossein Moussavian vante, à l’inverse, l’« attitude responsable » de la République islamique. Celui-ci appelle de ses vœux à une reprise du dialogue, à la restauration de l’accord de sécurité conclu avec Rohani en 1998, à la constitution d’un système de coopération régional, en suivant une approche identique à celle qui a conduit à la signature du JCPOA nucléaire (22). Comme le souligne l’analyste saoudienne Madawi Al-Rasgeed, les dirigeants du royaume savaient bien ce qu’ils faisaient en exécutant Sheikh Nimr, et ont tiré, pensent-ils, un bénéfice des exactions iraniennes contre l’ambassade de Riyad à Téhéran (en se posant comme victimes fondées à rallier le concours de la communauté des pays sunnites) mais, de la sorte, ils ont créé une situation périlleuse dommageable à toute la région, alors que mieux vaudrait emprunter la voie de la coopération au lieu d’une improbable confrontation (23).

Le ministre iranien des Affaires étrangères Zarif a rappelé lors de la conférence de Munich sur la sécurité qu’il n’y a pas d’autre choix : « Nous devons travailler ensemble » ; il ajoute : « l’Iran et l’Arabie saoudite ne peuvent s’exclure mutuellement de la région ». Il adjure ses « frères saoudiens » : « Nous sommes prêts à travailler avec l’Arabie saoudite… Je crois que l’Iran et l’Arabie saoudite peuvent avoir des intérêts communs en Syrie » (24). Il n’est pas sûr que le royaume soit parvenu à la même conclusion.

lesclesdumoyenorient


Notes :
(1) Syria conflict : Iran to be invited to key talks, US says, BBC News, 28 octobre 2015.
(2) US Eyes More Iran Engagement, Iran Financial Tribune, 19 janvier 2016.
(3) Rouhani Says Iran Taking Part in Talks With U.S. on Syria, Le Monde, Bloomberg, 29 janvier 2016.
(4) M. K. Bhadrakumar, US, Iran shift to working relationship, Indian Punchline Blog, 22 janvier 2016.
(5) Giorgio Cafiero, Daniel Wagner, The US and Iran’s Common Interests in Syria, The Huffington Post, 10 novembre 2015.
(6) Michel Makinsky, Jusqu’à quand tiendra l’Arabie saoudite ?, Outre-Terre, N°3, 2016.
(7) Voir notre analyse : Iran-Arabie Saoudite : quel dialogue après l’accord nucléaire ? Orients Stratégiques, N°3, 2016.
(8) HRH Abdulmajeed AlSaud, Know Your Enemy, Embrace Your Friends : A Call for Caution in Relations with Iran, Iran Matters, 18 février 2016.
(9) Aveu intéressant de ce que le sempiternel refrain de la lutte entre le « croissant chiite » et « l’arc sunnite » est un paravent qui dissimule la véritable nature du conflit : une concurrence régionale. Voir Sanam Vakil, The Saudi-Iran standoff is not really sectarian, Middleeasteye, 11 janvier 2016.
(10) Percevant le risque de distanciation, les Saoudiens ont lancé en Amérique une campagne de lobbying sans précédent : To counter Iranian rival, Saudi Arabia steps up Washington lobbying, The Christian Science Monitor, 8 février 2016.
(11) Eldar Mamedov, The West Should Stop Reassuring Its Middle Eastern Allies, Lobelog, 3 février 2016.
(12) Voir l’excellente analyse de James Dorsey : Saudi Arabia And Iran : Battle For Hegemony That The Kingdom Cannot Win, Eurasia Review, 4 février 2016.
(13) Jane Kinninmont, Saudi Foreign Policy : A State of Flux, The Caravan, n°1610,11 février 2016.
(14) L’inflation des fournitures militaires ne fait qu’alimenter la conflictualité régionale en l’absence d’une vision stratégique. Voir William D. Hartung, More Arms to Saudi Arabia : More Mideast Conflicts, LobeLog, 25 février 2016.
(15) Plunging oil price brings Saudi Arabia and Iran together in alliance of enemies, The Guardian, 26 février 2016.
(16) The Mystery Behind the Saudi Embassy Attack, RFE/RL, 6 janvier 2016. Voir aussi : Who was behind Saudi Embassy attack in Iran ?, Al-Monitor, 25 janvier 2016.
(17) Comme ceux de Washington, les intérêts de Riyad sont désormais représentés par la Suisse : Saudi Arabia says Switzerland to handle its consular affairs in Iran, The Daily Star, 14 février 2016.
(18) Is Iran prepared for more Saudi surprises ?, Al-Monitor, 22 janvier 2016.
(19) Hussein Ibish, Can Saudi Arabia Afford its Aid Cut to Lebanon ?, The Arab Gulf States Institute in Washington, 25 janvier 2016.
(20) Bruce Riedel, What is Riyad’s endgame in Lebanon ? Al -Monitor, 29 février 2016.
(21) Iran says ready to put rivalries aside with Saudi Arabia, realiran.org, 13 février 2016.
(22) Hassan Mousavian et Mehrdad Saberi, Iran-Saudi and the end game, Iran Matters, 18 février 2016.
(23) Tensions Between Riyad, Tehran Detrimental to Arab World, Iran Review, 22 février 2016.
(24) Iran says ready to put rivalries aside with Saudi Arabia, Realiran.org, 13 février 2016


              

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