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Après 40 ans de peinture, Mokhis n’y croyait plus, c’est là que la ministre le réalise…


A.O.S.A
Dimanche 17 Mai 2015 - 22:48


Après 40 ans de peinture, Mokhis n’y croyait plus, c’est là que la ministre le réalise…

Figurez-vous qu’après 40 ans de peinture, l’un des pionniers de la peinture en Mauritanie, maître Mokhis, qu’on ne présente plus, n’a jamais pu mettre les pieds ni en Europe et aux USA alors que bien d’autres artistes plasticiens, pour la plupart ses anciens élèves, sont allés plus d'une fois, qui en France, qui en Espagne qui aux USA, Italie, Hollande etc. jusqu’en Irlande et en Chine !


C’est incroyable mais vrai ! Il faut croire que Mokhis n’ait jamais rencontré ni un collectionneur ni un ami des arts mauritaniens assez motivé pour lui organiser la moindre exposition en Europe n’importe où. Pourtant quel intellectuel mauritanien éveillé n’a jamais entendu parler de Mokhis soit en ayant chez lui une de ses toiles soit en les ayant vues partout de la présidence aux résidences des uns et des autres car l’artiste compte parmi ses clients toute la république du monde comme il faut et même comme il ne faut pas car c’est un artiste apolitique.


A ma connaissance, seul Aziz est totalement insensible à ces choses qu’il qualifie pêle-mêle de « littéraires » car leur auteur ne peut pas creuser un puits. Entre nous, l’un des fils du président, amateur de poésie, a échappé à cet héritage du complexe de Meknès qui aurait bien voulu faire Saint-Cyr.


Combien d’œuvres depuis sa première exposition à la foire de Nouakchott sous la bienveillance de madame Daddah, année de ma naissance, en 1975 ? C’est impossible à calculer car Mokhis est l’artiste mauritanien le plus vendu, le plus productif. A part l’art pour l’art, combien de portraits a-t-il réalisés pour les uns et les autres du commun des mortels à Ely Ould Mohamed Vall à Mustapha Ould Limam Chavi en passant par l’ex première Dame madame Sidioca, le très azizien maître Bal, le chinois, grand ami des artistes comme Ba Ould Saleck, Abdallahi Ould Mohamed Vall grand collectionneur sans lequel je n’aurais jamais connu la maison des artistes  ? Combien de portraits d’Aziz pour sa première campagne notamment pour un monsieur qui a placé le tableau géant à la fondation Khatou après la débâcle ?


Si on devait demander à tous ceux qui ont un tableau de Mokhis de le rapporter des quatre coins du monde pour une expo de ses 40 ans de peinture, quelle salle pourrait les contenir ? Si on devait rassembler tous les amis de son art à travers le monde, combien de nationalités, combien de centaines de connaisseurs ? Impossible à compter.


Pourtant l’homme est resté tout simple et accessible. Il ne refuse aucune commande que ce soit pour de l’art déco ou même faire un panneau publicitaire.


Avec ça aucune exposition en Europe ! Pendant les quelques années que j’ai passées avec les artistes notamment une année dans une chambre sans eau ni courant au milieu des tiques, on a bien eu souvent l’occasion de penser à l’expo Mokhis à Paris mais cela n’a jamais été possible car il fallait réunir bien des fonds qui n’étaient jamais au rendez-vous. Je me souviens encore d’un tableau éloquent acheté par un autre grand collectionneur d’Art mauritanien, l’ex patron du FMI l’excellent Philippe Callier. Le tableau prémonitoire  représentait l’immigration clandestine avant les vagues méditerranéennes que nous connaissons, c’est le cas de le dire. On voyait une mer de dune avec au fond la tour Eiffel comme ensablée mais au premier plan c’étaient des barbelés qui empêchaient les immigrés d’entrer. Fallait voir l’œil de l’un d’entre eux pour comprendre qu’il s’agissait bien d’autre chose…


Pour bien connaître Mokhis et ses projections, je savais bien que ces barbelés représentaient en fait le rêve impossible pour lui d’exposer à Paris. J’aurais voulu avoir le tableau mais c’est monsieur Callier qui l’a eu.


Tout ça pour dire qu’après 40 ans de peinture Mokhis va enfin exposer en Italie en accompagnant la délégation mauritanienne qui se rend à l’expo universelle. Ce n’est pas digne de 40 ans de peinture du peintre mauritanien le plus vendu et le plus prolifique que d’exposer au milieu de cette marmaille mais c’est mieux que rien. On peut dire merci à la ministre qui semble avoir demandé à chaque association de donner les noms d’un des leurs. Selon Mokhis c’est le président de l’union des artistes plasticiens de mauritanie, Khaled, qui a proposé son nom qui a été retenu. Preuve que la ministre ne place pas ses gens mais associe les associations directement au casting. C’est assez rare pour être noté.


Mokhis a besoin de sortir d’ici, pour prendre l’air se régénérer en prenant le temps de visiter les musées pour voir face à face les chefs-œuvre. J’entends d’ici quelques complexés dire « heurio ! Ne pas mettre les pieds en Europe ? Et alors ! Qu’il aille donc à Bagdad ou Damas, il ne sera ni déçu ni dépaysé ! ». Pour l’instant ce n’est pas possible, il ira ensuite inchallah s’il reste encore là-bas quelque chose debout ou digne de déplacement.


Si j’avais plus de moyens, je serai allé avec lui non pas pour l’expo universelle à Milan mais pour le mettre dans un avion pour voir Florence,  Paris et faire un saut à Cadaqués voir Dali dont le style a longtemps inspiré Mokhis à l’époque. Demandez-lui de vous parler de son tableau « les champignons de l’apocalypse » qui a disparu quelque part à Nouakchott…

chezvlane


              

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