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Anatomie : La douleur se lit dans les yeux


Lu sur le web
Samedi 27 Avril 2013 - 16:34

Puisque les yeux sont le miroir de l'âme, il n'y a finalement rien d'étonnant à ce qu'on puisse y lire la douleur. Réduire la subtilité d'un regard à quelques paramètres trivialement mesurables n'était toutefois pas chose aisée. C'est à cette tâche que se sont attelés des chercheurs de l'université Paris-Diderot 7 associés à l'Inserm (unité 738).


La taille de la pupille et sa contraction après une stimulation lumineuse seraient de bons indicateurs de l'intensité de la souffrance ressentie par un patient.
La taille de la pupille et sa contraction après une stimulation lumineuse seraient de bons indicateurs de l'intensité de la souffrance ressentie par un patient.
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Jean Guglielminotti, médecin anesthésiste, a choisi d'étudier le diamètre de la pupille et l'ampleur de sa contraction après une stimulation lumineuse dans un cas extrême: l'accouchement. «Nous voulions établir des liens entre ces deux paramètres, la douleur des contractions utérines au cours de l'accouchement et son soulagement par l'analgésie péridurale», explique-t-il. Avec son équipe il a donc filmé avec des caméras les pupilles de 24 femmes dans ces quatre situations distinctes: avant et après péridurale, avec et sans contraction utérine.
Quantifier l'efficacité d'un traitement anti-douleur

Les résultats confirment des travaux préliminaires menés dans les années 90 selon lesquels le diamètre de la pupille augmente avec la douleur. Ils établissent aussi que sa contraction est plus marquée après une stimulation lumineuse lorsque la souffrance est forte. En revanche, ces petites variations sont très difficiles à déceler à l'œil nu. Des caméras très précises et ultra-rapides sont indispensables.

Autre difficulté, les chercheurs n'ont pas réussi à déterminer un seuil générique permettant d'assurer si une personne souffrait ou non. «Néanmoins chaque individu pourrait être son propre témoin. Cela signifie qu'en mesurant l'évolution de ces paramètres au cours du temps, par exemple avant et après un traitement antalgique, il serait possible de déterminer l'évolution de la douleur et de savoir ainsi si ce traitement a été efficace ou non», explique Jean Guglielminotti.

Ces travaux, publiés récemment dans Anesthesia & Analgesia, pourraient donc permettre de juger de manière plus objective l'efficacité d'un traitement analgésique. A l'heure actuelle, la seule manière de jauger la douleur d'un patient est de lui demander de la classer sur une échelle allant de 1 à 10. Les chercheurs espèrent aussi pouvoir mettre au point une méthode permettant de déceler la douleur chez les personnes incapables de s'exprimer: jeunes enfants, patients comateux ou atteint d'un «locked-in» syndrome.

Tristan Vey
Pour lefigaro.fr
Mamoudou Kane


              

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