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Ambassadeur malien en Mauritanie : « Il n'y a jamais eu sept morts mauritaniens, comme j'ai pu le lire dans une certaine presse ici»


Actualité
Vendredi 3 Février 2012 - 18:09

Au lendemain des rumeurs persistantes de sept morts mauritaniens, dans la foulée des pillages et des bastonnades d'étrangers à Bamako, l'ambassadeur malien à Nouakchott a convoqué une conférence de presse ce vendredi 3 février à la chancellerie pour tordre le coup à cette rumeur et évoqué la situation et le climat qui prévalent actuellement à Bamako.


Ambassadeur malien en Mauritanie : « Il n'y a jamais eu sept morts mauritaniens, comme j'ai pu le lire dans une certaine presse ici»
«Aujourd'hui, nous sommes focalisés sur la sécurisation des maliens et des étrangers vivant sur le sol malien» affirme en message d'accueil S. Haïdara, premier conseiller de l'ambassadeur malien, à la dizaine de journalistes venus couvrir la conférence de presse.

«Il y a eu des amalgames tristes et déplorables depuis hier. L'état malien fait en ce moment même tout son possible pour que les excès constatés ne se reproduisent plus» continue le conseiller.

Jeudi 2 février, en fin d'après-midi, des sites d'informations en ligne, ont informé de lynchages, et de morts de sept mauritaniens; une information qui s'est répandue comme une traînée de poudre dans tout Nouakchott, et semé une certaine panique, dans toutes les communautés, le syndrome de 1989 toujours en tête. «Au-delà du climat tendu existant au Mali, le plus important est que toutes les parties, surtout la presse se méfie de certaines informations qui ne doivent être publiées qu'une fois vérifiées, pour éviter le sensationnel. En l’occurrence, il n'y a pas eu sept morts mauritaniennes, comme j'ai pu le lire dans une certaine presse ici. Aujourd'hui, le calme est revenu à Bamako» dit l'ambassadeur malien Souleymane Koné.

«Les amalgames doivent être évités, comme l'a rappelé le Président du Mali, Amadou Toumani Touré, dans son allocution du mercredi soir. Il avait eu ce même discours unificateur en 2006, lors de la troisième grande crise touarègue, car c'est une préoccupation constante de l'état, que toute crise au nord ne mette pas en cause l'unité nationale du pays» argue l'ambassadeur malien, qui évoque aussi l'origine culturelle et sociologique brassée, métissée, de toutes les familles maliennes.

Il est revenu aussi sur la manifestation qui a dégénéré à partir de laquelle les rumeurs avaient courru. Et son origine. «Des mercenaires touaregs venus de Libye et en coalition avec certains groupes salafistes du Mali mènent des opérations de déstabilisation par des procédés que nous maliens n'avions jamais vus sur le territoire malien, même dans les temps les plus aigus de rébellion» soutient le diplomate.
«Jamais nous n'avions constaté des atrocités de cette ampleur commises par des pseudo-rebelles, qui sont des voyous : des femmes et des enfants de soldats, et des populations tués sommairement.
Face à ces faits inédits, d'autres parents de militaires ont spontanément organisé une marche supposée pacifiste, d'humeur et de soutien par rapport à ce qui se passe dans le Nord. Dans ce mouvement qui a dérapé, et où des biens ont été pillés, et des étrangers maltraités, selon leur couleur de peau, à aucun moment, jusqu'au moment où je vous parle des morts, surtout mauritaniennes, n'ont été déplorées» continue longuement le diplomate.

Il a insisté sur la généralisation de cette vindicte déplorable et «injustifiée», et qu'elle n'a jamais été dirigée vers une communauté en particulier. «Beaucoup d'étrangers ont payé le prix de cette vindicte, il n'y a pas eu une communauté particulière visée par une chasse aux sorcières. La colère d'une foule en colère est aveugle. Nous savons de par notre histoire sous-régionale, ce qu'est être un bouc-émissaire, et c'est pourquoi des mesures ont été prises pour que cela ne se reproduisent plus jamais et que les personnes et leurs biens ne soient plus inquiétés» explique Souleymane Koné.

«Et tous les leaders, religieux, syndicalistes, politiques et culturels, ainsi que les grandes familles fondatrices de Bamako, dont beaucoup sont maures et touarègues, faut-il le rappeler, sont actuellement mobilisés pour que ce qui s'est passé ne se reproduise plus et que les amalgames soient évités» conclut l'ambassadeur malien.

MLK

Mamoudou Kane


              

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