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Aly Sy, président de NAPEO-Mauritanie : «Il faut développer les projets à l'intérieur pour ralentir et stopper l'exode rural»


Economie
Dimanche 2 Juin 2013 - 20:05

Le partenariat d´Afrique du Nord pour les opportunités économiques (NAPEO) est un réseau de dirigeants économiques, entrepreneurs et personnalités de la société civile des Etats-Unis et d´Afrique du Nord dont la mission est de favoriser la création d´emplois et l´entreprenariat, particulièrement chez les jeunes. En Mauritanie, son président local, Aly Sy, présente cette structure et les échéances de projets en branle. Entretien.


Aly Sy. Crédit : Noorinfo/MLK
Aly Sy. Crédit : Noorinfo/MLK
Qu’est que le NAPEO concrètement ?
 
NAPEO est une entité régionale de Partners for a New Beginning (PNB) ; une initiative locale qui reçoit le soutien d´une coalition globale d´éminentes personnalités de la communauté économique et de la société civile. PNB encourage les partenariats mettant en avant les priorités locales.
 
Le PNB-NAPEO est né suite au discours historique de Barack Obama au Caire en 2009. Il y constatait notamment que l’image que les musulmans du monde avaient des Etats-Unis était biaisée, suite aux événements irakien et afghan entre autres.
 
Il a décidé alors de mettre en place des conseils locaux dans chaque pays musulman, coiffés par le département d’état américain aux affaires étrangères. Hillary Clinton avait diffusé sur le terrain l’idée, et John Kerry la perpétue aujourd’hui.
 
C’est ainsi qu’une organisation est née et s’occupe exclusivement des échanges commerciaux, et surtout localement, qui doit permettre de trouver les ressources nécessaires pour lutter contre le chômage et la pauvreté des jeunes, surtout.
 
Cette structure locale est constituée d’entrepreneurs nationaux, de gens de la société civile, des universitaires, qui ensemble, déterminent l’opportunité de projets qui peuvent aider à lutter contre la pauvreté et le chômage.
 
Vous êtes en quelque sorte des chercheurs de projets ?
 
En quelque sorte. Notre rôle ici en Mauritanie, c’est de repérer ces projets et de les soumettre au PNB qui en retour nous aidera à trouver des partenaires techniques et aussi éventuellement les financements.
 
Cela leur est facilité par le fait que dans cet organisme, figurent de prestigieuses compagnies, telles que Coca Cola, Kosmos, ou des institutions aussi dynamiques que l’USAID. Le tout est piloté par ASPEN Institute qui se retrouve le plus souvent dans le rôle du partenaire technique.
 
En Mauritanie, nous existons depuis janvier 2012. Et nous nous sommes divisés en plusieurs groupes thématiques, couvrant ainsi les différents domaines du monde de l’emploi, de l’agriculture à la culture, en passant par les mines et énergies. Ou encore la formation professionnelle et l’éducation.
 
Est-ce un aspect d’une nouvelle approche de l’aide américaine aux PED ?
 
L’idée, comme il nous l’a été expliqué à un groupe d’entrepreneurs maghrébins invité à Washington, est de court-circuiter l’aide qui passait auparavant par les états, et d’accéder directement à la société civile et aux entrepreneurs, avec un impact anticipé qui serait beaucoup plus important pour la population.
 
A ce titre j’ai émis le souhait d’un retour d’USAID en Mauritanie, qui a quitté le pays depuis le début des années 90 pour des raisons politiques (suite aux massacres de 1989- ndlr). Cette structure avait beaucoup aidé le pays dans l’agriculture, en distribuant notamment des bourses de formations de jeunes dans les domaines spécifiques de l’agronomie, liés à ce pan de l’économie. Mais également en informatique ou en comptabilité.
 
Et vu les ressources extrêmement importantes dans les mines ou la pêche, on a essayé d’inciter les Etats-Unis à investir dans ces domaines où ils ne sont pas présents en Mauritanie. Ca peut être une opportunité pour les entreprises américaines de pénétrer le marché mauritanien, desquelles nous aurions beaucoup à apprendre en termes de formation.
 
Car le développement ne passe toujours que par la formation, par l’évolution d’une population de plus en plus capable, chacun dans son domaine professionnel. C’est ainsi que la population mauritanienne, très pauvre dans son ensemble pourra aspirer à un meilleur pouvoir d’achat.

Lors de la rencontre du secrétariat d'état de John Kerry (photo) à Washington
Lors de la rencontre du secrétariat d'état de John Kerry (photo) à Washington
En ce sens avez-vous des projets particuliers ?
 
Nous avons initié trois projets depuis quelques mois. Le premier porte sur la mise en place d’un centre d’anglais, car toutes ces sociétés dans les industries extractives, sont pour la plupart anglo-saxonnes et utilisent la langue de Shakespeare comme langue de travail. Il y a un manque cruel de personnel parlant cette langue. Avec la jeune chambre de commerce, nous érigeons ce centre pour tous les étudiants sortant de l’université ou les jeunes cadres à la recherche d’un emploi, qui y apprendront gratuitement l’anglais, outil indispensable aujourd’hui pour intégrer le monde du travail.
 
Le deuxième projet, agricole celui-là, dans le Guidimakha, est un ambitieux projet qui vise à fixer les candidats à l’exode rural. Nouakchott étouffe déjà sous le poids de cet exode rural massif. Nouakchott accueille la moitié de la population du pays et il n’y a forcément pas assez de travail pour tous. On compte travailler avec des coopératives qui vont se réunir et à qui on va donner du bétail, et qu’on va aider à aménager des hectares de champs.
 
Le troisième projet veut mettre une unité de transformation de tomates, en pots de tomate concentrée, à Tékane, dans le Trarza. La tomate concentrée est un des produits alimentaires les plus courants en Mauritanie, et complètement importée à 99% d’Italie, alors que l’on pourrait facilement la produire chez nous, et qualitativement surtout dans cette zone qui pratique une culture maraichère de qualité et qu’on pourrait encore booster en réunissant une fédération agricole qui compterait 5.000 adhérents. Toute la production de tomates de cette fédération serait automatiquement achetée par l’usine. On passerait à une véritable étape industrielle.
 
Nous avons largement les moyens d’être auto-suffisants alimentairement, et ce genre de projets doit permettre de montrer la voie. Car au final tout est sous-tendu par une ferme volonté politique.
 
Ces régions du sud ont-elles autant de potentiel ?
 
Le potentiel de ces régions du sud est là, il est reconnu par tout le monde. Il a toujours été là il n’a pas changé. Ça fait 50 ans qu’on est indépendants, et ça fait 50 ans qu’on rame pour le développement des zones agricoles de la Mauritanie.
 
Des raisons d’y croire cependant sont là. La Banque Mondiale par exemple prévoit d’investir entre 300 et 500 millions de dollars dans ces régions, pour le développement de l’agriculture, en espérant que ce soit des montants cette fois-ci réellement alloués aux agriculteurs, et pas à des hommes d’affaires ponctuellement devenus agriculteurs.
 
Propos recueillis par MLK
Mamoudou Kane


              

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