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Noorinfo

Aller voter ? A quoi bon ?


A.O.S.A
Dimanche 28 Juillet 2013 - 01:17


Aller voter ? A quoi bon ?
De ma vie, à 38 ans, je n’ai jamais voté. La dernière fois, ayant fait campagne pour l’homme du 18, j’ai voulu y aller mais c’était impossible car c’était trop tard pour aller s’inscrire et obtenir une carte d’électeur. Cette fois, j’irai sans doute car l’âge faisant il faut participer, donner l’exemple aux plus jeunes et suivre le chemin admirablement bien tracé par les anciens ; j’irai surtout car si l’état décide que ceux qui n’iront pas voter n’auront pas droit à ceci ou cela, ceci et cela pouvant être n’importe quoi dont le citoyen lambda ne saurait se passer, alors j’irai en courant comme mes compatriotes qui refusèrent d’aller s’enrôler jusqu’au jour où la rumeur  annonça que quiconque n’irait pas s'enrôler n’aurait pas droit à son salaire s’il est fonctionnaire.
 
Il faut donc aller voter car si l’état nous y oblige par n’importe quel chantage, nous irons tous. Voter oui mais pas pour n’importe quoi : voter pour élire un maire cela a un sens celui de la proximité, des affaires immédiates mais pourquoi diable voter pour un député ? Par respect pour l’inutile ne parlons pas des sénateurs, juste des députés. Quand ils sont de la majorité, le pouvoir pourrait les remplacer par un bras mécanique qui voterait n’importe quoi sitôt que la présidence aurait besoin d’une loi surtout bancale ou de l’assemblée nationale pour cautionner par exemple des conventions iniques du crime économique par excellence comme la convention chinoise. Quand ils sont de l’opposition on pourrait aussi les remplacer par un autre bras mécanique qui voterait contre tout ce que propose la majorité comme elle-même vote tout ce que lui propose le pouvoir à ceci près qu’il faudrait pour le bras mécanique opposant ajouter  une voix, comme on entend au marché tieb-tieb qui hurle «  miyeu miyeu kilchi bmiyeu » qui menacerait en vain le pouvoir en le traitant de tous les noms : voleur, trafiquant de drogue, ennemi de la nation, raciste, esclavagiste sans jamais pouvoir mettre à exécution la moindre menace autrement qu’en perte sèche de salive.
 
Quand on sait ce qui se passe dans ce pays et ce que vaut le vote face aux manières cavalières de nos colonels qui reconnaissent l’autorité du civil qui les fit généraux mais pas quand cette même autorité décide de les limoger, quand on voit combien de fois les élections ont été truquées quand un civil de l’opposition pouvait remporter la mise et quand on voit  que les seules fois où le résultat fut crédible c’est lorsqu’un inconnu au bataillon, c’est le cas de le dire, fut élu et quand son tombeur militaire civilisé s’est présenté après son énième coup d’état, on est en droit de se demander ce que vaut un vote dans ce pays.
 
Comment en vouloir au petit peuple qui va voter car on lui a promis une petite somme pour gonfler les rangs ou quand il vend sa carte d’électeur pour dégonfler d’autres rangs ? Peut-on en vouloir à tous ceux qui font des élections la plus juteuse bourse de la république soit quasiment toute la scène politique et journalistique si on décompte les éternels dindons de la farce comme l’exception qui confirme la règle ? Quand on regarde partout, peut-on voir quelque part des démocrates qui se battent avec l’idéal plein les yeux comme un cap sans rien perdre des exigences du réel qui interdisent de mettre dans le même sac compromis et compromission et qui refusent les marchandages honteux, les trahisons cycliques, les machines  à laver infernales qui recyclent n’importe quel déchet en digne opposant ? A 38 ans, j’aurais aimé courir vers un candidat comme j’ai couru pour Aziz, me battant jour et nuit pour sa victoire, mais l’âge faisant me voilà condamné à voir les choses comme elles sont.
 
Doit-on alors jouer le jeu pour que les mêmes ancêtres mille fois corrompus d’une façon ou d’une autre, as de la trahison ou ayant mille fois démontré  leur naïveté impardonnable car éternelle qui saccage les occasions que lui sert le destin jusqu’à épuisement ? Doit-on rester là à accepter cela ? En vérité, ce n’est pas qu’il n’y ait rien à faire, c’est surtout qu’il faille tout refaire à partir de presque rien. Les anciens encore en exercice n’ont rien fait pour la relève car ils n’ont jamais travaillé que pour eux-mêmes obsédés par la victoire tout de suite ou le temps d’une vie sans jamais laisser de place ni de moyen à un combat qui demande plusieurs vies. Bilan, avec eux tout est plat, impuissant jusqu’au ridicule et sans eux : il restera moins que rien…
chezvlane


              

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