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Ahmedou Ould Abdallah : "L’ordre apparemment donné à certains établissements ou entreprises publics de retirer, simultanément, leurs avoirs à la Générale des Banques de Mauritanie(GBM) constitue une menace actuelle et future pour tous"


Actualité
Lundi 11 Février 2013 - 10:55

Plusieurs fois ministre, ancien ambassadeur de la Mauritanie et ancien haut fonctionnaire onusien, Ahmedou Ould Abdallah a décidé depuis quelques années de revenir au pays et de s’y installer. Il a lancé Centre des Stratégies pour la Sécurité Sahel Sahara (C4S) à Nouakchott. De l'affaire Bouamatou à la crise malienne, il répond aux questions de Biladi.


Ahmedou Ould Abdallah : "L’ordre apparemment donné à certains établissements ou entreprises publics de retirer, simultanément, leurs avoirs à la Générale des Banques de Mauritanie(GBM) constitue une menace actuelle et future pour tous"
Qu’est-ce qui vous a frappé depuis votre récent retour à Nouakchott ?

Je me suis imposé une ligne de conduite simple par rapport aux événements qui se déroulent dans notre pays, pour intervenir uniquement sur les grands thèmes nationaux, ces dossiers qui peuvent constituer une menace pour le présent et le futur. L’affaire dite Ould Bouamatou, dans certains de ses aspects, fait partie de ses dossiers.

Un soutien, donc, à Bouamatou ?

Cela n’est pas l’objectif des mes propos, même si l’homme doit être respecté, en particulier, pour son ardeur au travail. Le fait est que j’estime, en effet, que chaque citoyen doit s’acquitter convenablement de ses impôts. Particulièrement les opérateurs économiques, pour la simple raison que l’Etat vit de la collecte de ses impôts. Mais ce qui interpelle dans cette affaire, c’est plutôt l’utilisation délibérée de la puissance publique pour s’attaquer à des fondements essentiels de tout Etat moderne et démocratique : la justice et l’équité.

En clair?

C’est simple. L’ordre apparemment donné à certains établissements ou entreprises publics de retirer, simultanément, leurs avoirs à la Générale des Banques de Mauritanie(GBM) constitue une menace actuelle et future pour tous. Ce genre d’agissements mine la confiance dans tout système légal et économique d’un pays. A terme, il peut en provoquer l’écroulement, ce qui, naturellement, est mauvais pour tous.

Sur un autre plan, un pays, comme le notre, n’a aucun intérêt à faire fuir les investisseurs étrangers, milieux dans lesquels l’information circule presque instantanément. C’est ce qu’il faut craindre par rapport au contentieux entre la direction des impôts et BSA Ciment, dont 65% des parts sont détenues par le groupe étranger bien connu, Vicat.

Par rapport à la crise malienne, comment voyez-vous ses derniers développements ?

Vous savez que j’ai toujours été réservé face à une action militaire extérieure avant la conclusion d’un accord politique négocié entre maliens. Je préconisai plutôt la négociation afin d’aboutir à une solution juste et durable de ce problème récurrent du nord Mali. Dans mon esprit, une intervention armée doit venir conforter un accord politique. Autrement, elle peut contribuer, en effet, à créer des malentendus entre les nationaux et entre eux et leurs amis extérieurs. Chacun se demandant : en faveur de qui s’est-elle faite ?

Et Maintenant ?

L’intervention française a constitué une riposte rapide à la violation d’un statu quo. Saluée par tous, elle a changé la donne sur le terrain en mettant fin à l’occupation des régions septentrionales du Mali par les différents groupes de radicaux et narcotrafiquants qui les contrôlaient depuis la chute d’Amadou Toumani Touré. Cependant, le problème de la gestion des populations du nord demeure entier. Un problème qui attend une solution durable.

Et la Mauritanie dans tout ça ?

J’estime que la Mauritanie ne peut rester ni neutre ni spectatrice. Depuis une dizaine d’années, elle a beaucoup investi, en hommes, équipements, temps et énergie dans la crise malienne pour ne pas participer, aujourd’hui et demain, au nouvel effort consenti par la communauté internationale au Mali.
En dehors des droits et devoirs liés aux politiques de bon voisinage, une participation effective à l’effort international, donnera l’opportunité de peser dans la solution future. Une aspiration d’autant plus légitime que notre pays abrite le plus grand contingent des réfugiés maliens et que notre sécurité est menacée. En plus des liens humains séculaires qui nous lient en particulier à cette partie du Mali, pays avec lequel nous avons une frontière commune de 2200 km de long.

Propos recueillis par Moussa Ould Hamed
Pour Biladi


Source : Biladi le 10/02/2013
Mamoudou Kane


              

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