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Ahmed OULD HAMZA : “…La vrai politique demande une hauteur d’esprit…”


Actu Mauritanie
Jeudi 2 Avril 2015 - 16:30

Après plusieurs mois de mutisme politico-médiatique, Ahmed OULD HAMZA se livre à nous en exclusivité sur plusieurs sujets nationaux.


Ahmed OULD HAMZA : “…La vrai politique demande une hauteur d’esprit…”
Biladi: On vous a vu très actif dans la célébration de la semaine de la Francophonie à Nouakchott. Ne craignez-vous pas qu’on vous accuse d’être à la solde d’un pays étranger ? 

Ahmed Ould Hamza (AOH): N’oubliez pas que je suis président de l’Alliance franco-mauritanienne de Nouakchott. Mais au-delà de cette fonction, je crois que nos citoyens doivent maitriser deux langues, l’Arabe et le français. Et même plus que cela pour affronter les changements rapides d’un univers international de plus en plus mondialisé. 

Biladi: Depuis votre départ de la CUN, vous vous êtes éclipsé de la scène politique et médiatique mauritanienne. Pourquoi ce long silence ?

AOH : Après sept ans d’activités intenses non stop et sans repos, j’avais décidé de prendre une année sabbatique.

Biladi : Ne serait-ce pas plutôt un deal entre vous et votre cousin et actuel Chef de l’Etat, suite à une audience que celui-ci vous aurait accordée, au lendemain de votre passation de service à la  CUN ?

AOH : Non. Il n’en est rien. Et l’on comprendrait difficilement qu’il en soit autrement. En effet,  s’il n’a jamais été question d’une telle entente au moment où j’étais en activité, à la tête de la CUN, je ne vois pas de raison pour un tel compromis politique avec moi, alors que je suis au chômage politique. 

Et si j’étais reçu par le Président de la République, c’est parce qu’il était, tout à fait normal, que l’intéressé  reçoive en audience le premier magistrat de la Capitale du pays, à la fin de son mandat, après sept ans de loyaux services rendus à ses concitoyens, au détriment de ses propres affaires. Cependant, je puis vous confirmer que, depuis le 09 février 2014 et jusqu’à ce jour, je n’ai pas eu l’occasion de rencontrer l’actuel Président de la République. Où est donc le deal dans tout cela ?

Biladi : Dans votre interview, lors de votre départ de la CUN, vous aviez déclaré que tous les problèmes avec votre Cousin Président relevaient, désormais, du passé. Qu’en est-il aujourd’hui ? Aussi, sur un autre plan et au moment où les médias font état de supposées affaires scabreuses dans lesquelles serait impliquée la famille du Président, nous voudrions savoir les commentaires que  cela pourrait vous inspirer ?

AOH : Je commencerai par répondre au deuxième volet de votre question en disant que dans notre pays n’importe qui peut écrire n’importe quoi et cela  sans la moindre preuve. La vraie politique demande une hauteur d’esprit appropriée. Aussi, le Président, en tant que personnage public, peut être l’objet de critique au sujet de sa gestion des affaires nationales, cependant, sa famille qui n’est pas concernée par cette gestion devrait être épargnée de toute critique pouvant être considérée comme pure diffamation. Il ne faudrait pas faire donc d’amalgame et mélanger les genres.

Pour répondre au premier volet de votre question, sachez, tout d’abord, qu’un Chef d’Etat n’a pas de cousin, car il est censé traiter tout le monde sur le même pied d’égalité. Aussi, concernant votre dernière question et n’ayant pas rencontré le Président de la République depuis un an, comme je l’ai dit plus haut, je n’ai pas de commentaire à faire.

Question : Un an après votre départ de la CUN, ne regrettez-vous pas celle-ci .Continuez-vous encore à vous intéresser à la CUN ?

AOH : Mon passage à la tête de la CUN a été, certes, pour moi une expérience très enrichissante, en dépit de ses nombreuses contraintes, surtout pour quelqu’un qui n’est pas du même bord politique que le Pouvoir en place. Un statut politique qui ne m’avait pas facilité la mission. Néanmoins et pour être honnête avec vous, je vous dirai que, malgré le manque criant de décentralisation réelle et de pouvoir chez le Maire, la proximité avec les citoyens et la possibilité de contribuer à l’amélioration de leur bien-être sont des tâches exaltantes. Voila ma réponse à la première partie de votre question.

Pour ce qui est du second volet de cette question, je vous répondrai en vous disant que, comme tout citoyen mauritanien, je continue à m’intéresser à ma ville, Nouakchott, mais de loin. Aussi, connaissant les difficultés de gestion d’une grande agglomération comme Nouakchott, ville qui constitue un bien commun pour tous les habitants, je profite de cette opportunité pour souhaiter plein succès  à l’actuelle équipe communautaire  et formuler le vœu que cette dernière fasse mieux que notre équipe, profitant au maximum de sa proximité politique avec le Pouvoir en place et réussisse là où nous n’avons pu le faire .

Question : Quelle lecture faites-vous de l’actuelle visite du Président de la République dans les deux HODHS, d’une part et la grève – qui n’a que trop duré – des travailleurs de la SNIM, d’autre part ?

AOH : Par rapport à la visite du Président de la République dans les deux HODHS, je pense que tout Président a le devoir de s’enquérir des problèmes rencontrés par les populations et cela par le biais du suivi continu des projets initiés par les Pouvoirs publics au profit de ces populations et par le biais, également, du démarrage ou de  l’inauguration de nouvelles réalisations. 

Ceci ne peut qu’être chose normale. Mais cela pouvait se faire, sans que toute la République ne fasse le déplacement. Un état de chose qui a toujours été critiqué, car il empêchait l’Autorité  de voir la réalité du vécu des populations concernées; réalité cachée et noyée par les venants d’ailleurs, même si certains sont originaires des localités visitées. 

De telles visites auraient été ainsi moins coûteuses et pour l’Etat et pour les citoyens. Il va sans dire que ces visites à caractère technique, en apparence, sont aussi des visites hautement politiques destinées à prendre le baromètre de la popularité du Pouvoir en place.

S’agissant de la grève des travailleurs de la SNIM qui aurait dû être réglée avant la visite présidentielle aux deux HODHS, je pense que c’est un grand gâchis pour la SNIM, pour ses travailleurs et, partant, pour la Collectivité nationale dans sa totalité. Tous les égoïsmes doivent être dépassés et un consensus trouvé dans les meilleurs délais possibles. La poursuite de ce mouvement de grève est en effet une catastrophe pour tout le pays. Ainsi, les travailleurs grévistes de la SNIM devraient accepter de reprendre rapidement le travail pour éviter l’irréparable. 

La SNIM devrait, de son côté, réintégrer tous les travailleurs licenciés à cause de la présente grève et s’engager, vis-à-vis de ses employés, à honorer les engagements pris pour améliorer leurs conditions de travail, en priorité, dès les premières améliorations de la situation financière de cette entreprise.

Question : Quelle est votre position par rapport au dialogue politique national en gestation ? Y croyez-vous ?

AOH : Le dialogue, comme vous le savez, est, en soi, une bonne et grande vertu. Toutefois, dialoguer pour dialoguer à des fins purement électorales pour que X ou Y soit élu Maire, Député ou Sénateur ne saurait être une fin justifiable. Cela est d’autant plus vrai que les maux les plus criants dans notre pays ont pour noms : unité nationale menacée plus que jamais,  crise économique et sociale aigüe, crise profonde d’identité, communautarisme excessif, exclusion et marginalisation éclatantes, racisme ouvert, pauvreté et chômage accentués, surtout, en milieu jeune et, enfin, injustice sociale caractérisée. 

Toutes ces tares handicapantes devraient être donc  combattues par tous. Il faudrait, pour ce faire, créer une solide harmonie entre toutes les composantes de notre peuple, créer les conditions de relance de l’économie nationale en encourageant, en particulier, l’initiative privée. Il faudrait, également, que tous les citoyens de ce pays se sentent égaux en devoirs et droits. 

Je ne terminerai ces propos sans demander davantage de décentralisation dans la gestion de nos cités et, surtout, la mise en place d’un climat d’apaisement politique par la libération de tous les détenus politiques  et, plus particulièrement, de Biram DAH ABEID et ses codétenus, sans oublier, bien entendu, le cas de HAMADA du groupe OULAD LEBLAD qui a bénéficié juste de liberté provisoire et demeure poursuivi.

Aussi, le dialogue national ne devrait pas se militer à la politique, mais englober tous les grands problèmes de la Nation mauritanienne.

Question : On vous croyait potentiel candidat à la présidentielle de 2014. Cette éventualité est elle encore envisageable dans l’avenir ?

AOH : Si certains l’avaient pensé ou voulu, personnellement, je n’ai jamais exprimé une telle ambition. D’ailleurs, lors de ma dernière conférence de presse du 09 février 2014, ma position avait été très claire par rapport à cette question.
Concernant l’avenir, je suis membre du parti RFD avec pour président M. AHMED OULD DADDAH qui est le plus populaire parmi nous et reste, de ce fait, le plus présidentiable. Et tant qu’il est intéressé par ce poste, je serai, pour lui, un appui et non un adversaire.

Biladi : Dernière question. Qu’est-ce que vous pensez des relations apparemment médiocres entre le Maroc et la Mauritanie ?

AOH : Personnellement, je crois plutôt qu’elles sont bonnes. Et ne peuvent que l’être, tant les deux pays sont unis par l’histoire, la géographie et la parenté… D’ailleurs on parle même d’une probable visite du Roi Mohamed VI à Nouakchott. Ce qui serait une bonne chose.

AVT
Source: Rmibiladi
Noorinfo


              

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