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Ahmad Harara, héros tragique de la révolution égyptienne


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Samedi 26 Novembre 2011 - 10:42

Aux yeux des révolutionnaires égyptiens, Ahmad Harara est devenu un symbole, quoique malgré lui. Ce dentiste égyptien de 31 ans a été de tous les combats place Tahrir, au Caire. Et, il en porte les stigmates : il a perdu l'œil droit le 28 janvier, date inscrite sur son cache-œil, touché par de la chevrotine et le second le 19 novembre.


Ahmad Harara (photo retouchée, publiée sur le blog The Arabist)
Ahmad Harara (photo retouchée, publiée sur le blog The Arabist)
Ce jour-là, Ahmad s'est retrouvé à l'hôpital avec deux autres personnes ayant également perdu un œil sous les balles des forces de sécurité égyptiennes (en photo sur Al-Masry Al-Youm ).

L'histoire tragique de Ahmad Harara a fait le tour de la Toile, preuve de la brutalité de la répression exercée sous le régime de Hosni Moubarak, puis par le Conseil suprême des forces armées (CSFA) au pouvoir depuis la chute de l'ancien raïs, le 11 février. Le "soulèvement du 25 janvier" avait fait quelque 11 000 blessés et causé la mort de 800 personnes, rappelle Ursula Linsey sur le blog The Arabist. Au cours des quatre derniers jours de violence, ce sont 30 personnes -selon le dernier bilan du ministère de la santé égyptien- qui ont péri en Egypte. Plus de 2 000 autres auraient été blessées, selon des estimations diffusées sur la Toile.

Des violences d'une ampleur inédite
Mardi soir, l'ancien chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et candidat déclaré à l'élection présidentielle Mohamed El-Baradei, a qualifié de "massacre" les derniers événements de la place Tahrir, au Caire. "Du gaz lacrymogène contenant des agents innervants et des balles réelles sont utilisés contre les civils à Tahrir, c'est un massacre", a-t-il déclaré sur son compte Twitter. Le type de gaz lacrymogènes, utilisé de façon plus qu'abondante par les forces de sécurité comme en témoignent les vidéos des affrontements, soulève de nombreuses questions. Issandr Al-Amrani reproduit sur le blog The Arabist les inquiétudes exprimées par des médecins sur l'usage de Dibenzoxazépine (CR) aux effets irritants et réactifs.

Comme le rapporte Mohammed Elshahed dans une tribune sur le site internet de la chaîne Al-Jazira, "le recours excessif à la force et la brutalité des forces de sécurité surpasse de loin ce qui a été vu au cours des 18 jours du soulèvement" de janvier et février. Des militants ont fait état de l'usage par les forces de sécurité de balles réelles contre les manifestants. Selon les témoins, elles visent expressément la tête et le torse. Sur le blog collaboratif Allvoices, un contributeur nommé Bacham évoque des informations selon lesquelles ordre a été donné à l'armée de "tirer pour rendre aveugle". Une politique qui pourrait expliquer le nombre élevé de personnes blessées aux yeux, note-t-il.
 
Le militant égyptien Malek Moustafa blessé à l'œil, le 19 novembre 2011.
Des faits qui coïncident avec les observations rapportées par l'organisation Amnesty International dans un rapport en anglais, publié le 22 novembre, sur le triste bilan des droits de l'homme du Conseil militaire au cours des derniers mois. Page 18, l'organisation accuse "les forces de sécurité d'avoir recouru de façon excessive à des moyens létaux pour disperser les manifestations pacifiques". Depuis le 25 janvier, note Amnesty, "ils ont fait usage de gaz lacrymogènes, de bâtons, de balles en caoutchouc et de balles réelles pour disperser par la force les manifestants, ainsi que de véhicules blindés pour foncer dans la foule, disperser et blesser les gens. Des témoignages font également état de la présence de groupes de civils armés, utilisés par les forces de sécurité pour attaquer et disperser les manifestants".
La détermination de tout un peuple
La brutalité de la répression exercée par les forces de sécurité égyptiennes n'a pas entamé la détermination des manifestants de la place Tahrir, comme en témoigne la présence, encore mardi soir de milliers de manifestants et la poursuite des affrontements dans la rue Mohamed Mahmoud avoisinante. Victime de cette brutalité, Ahmad Harara incarne à juste titre la détermination de tout un peuple à mener sa révolution à son terme, quoi qu'il lui en coûte. "Je préfère être aveugle et vivre dans la dignité et la tête haute", sont les propos qu'on lui attribue sur les réseaux sociaux, à l'instar de Nour Khalil ci-dessous sur Twitter. Pour Lamis Khalilova, comme pour beaucoup d'autres, Ahmad Harara demeurera un "symbole de détermination et de défi".
 
Hélène Sallon /// http://printempsarabe.blog.lemonde.fr


              

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