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Agriculture : La culture du riz en Mauritanie


Economie
Jeudi 2 Mai 2013 - 14:05

La ferme de M’Pourié de Rosso, qui, durant les années passées, a subi des échecs récurrents, occasionnant près de trois ruptures de contrat avec des sociétés chinoises et arabes, renaît de ses cendres.


Panicule de riz dans le Trarza. Crédit : Noorinfo/MLK
Panicule de riz dans le Trarza. Crédit : Noorinfo/MLK
Ces ruptures, liées au manque de volonté politique et à l’absence d’acteurs aptes à mener convenablement le travail, n'ont pas empêché la ferme de constituer un levier important de lutte contre le chômage et la pauvreté.

Sur une superficie brute de 4000 ha, 3000 ha sont aménagés dont 1150 ha destinés aux coopératives agricoles et 1850 ha réservés aux 185 diplômés-chômeurs, soit 10 hectares par personne.

Le Directeur général de la ferme de M’Pourié, Sidi El Khair a indiqué, à MauriSahel, que l’Etat a accordé une grande importance à cette ferme, pour plusieurs raisons dont l’insertion des chômeurs dans le cadre du PIDC initié en 2011 et la lutte contre la pauvreté à travers les coopératives.

La ferme accueille aujourd’hui 75 coopératives mixtes, avec environ 3500 adhérents, soit 2I000 bénéficiaires à raison de 6 personnes rattachées à chaque adhérent.
"on est maintenant à la quatrième saison et on peut dire, conformément aux résultats, que les objectifs visés ont été atteints. Ces objectifs étaient, entre autres, l’augmentation de la production nationale en riz et la création d’emplois", souligne le Directeur général.

Ould El Khair précise qu’au cours des trois campagnes précédentes, M’Pourié a enregistré une production de 15000 tonnes de riz, soit 5000 T par campagne. Cette production a eu une marge bénéficiaire globale d’environ 581 millions d’ouguiyas, avec une marge moyenne par exploitant et par an, estimée à 2 754 000 um.

Le Directeur général rappelle que les intrants agricoles ( semences , pesticides, engrais ) n’étaient pas toujours disponibles et étaient souvent de mauvaise qualité. Aujourd’hui, les intrants agricoles sont disponibles en qualité et quantité et sont subventionnés par l’Etat, à hauteur de 50%.

Il a souligné qu’en plus des emplois directs, le projet crée 870 emplois saisonniers et contribue à la couverture du besoin national en riz blanc à hauteur de 4,1 % par an.
La ferme de M’Pourié assure la disponibilité de l’eau, le suivi et l’encadrement des bénéficiaires, la préparation des sols et l’organisation des récoltes, en collaboration avec la SNAAT.

Diplômés chômeurs

Repartis en deux groupes dont 125 venus dès le début du projet et 60 après, les 185 diplômés chômeurs ont suivi une formation de deux mois, à Boghé, avant de bénéficier chacun d’un prêt de 600 000 um, lui permettant de démarrer ses activités. Ils ont droit à souscrire un crédit agricole, s’ils respectent les modalités de remboursement.

Selon les responsables de M’Pourié, seulement 15 diplômés chômeurs sont réputés "mauvais payeurs". Ces derniers sont interdits de crédit, jusqu’au remboursement de leurs dettes. Mokhtar ould Abey président des jeunes producteurs agricoles, une des associations des diplômés chômeurs, souligne sa satisfaction et note qu’il y’a des améliorations.

Durant la campagne agricole précédente, le rendement est estimé à 3,5 à 4 tonnes par hectare, soit 40 t par agriculteur.

Après remboursement de ses crédits agricoles, des frais liés aux intrants et aux salaires des employés, le producteur peut gagner, en moyenne, 1500000 um par campagne, soit en six mois . Ainsi, en moyenne, chaque diplôme chômeur gagne 250 000 net par mois.

Cependant les producteurs sont parfois confrontés à des problèmes liés à la pluie ou à l’humidité, ce qui affecte le rendement.

"Nous souhaitons que le nombre de moissonneuses augmente, car 20 machines sont insuffisantes ", déclare Mokhtar. Il se plaint du manque de semences, car selon lui, les producteurs de semences agréés, n’ont pas produit de semences certifiés. Certains bénéficiaires confient la culture et la surveillance des champs à des travailleurs, moyennant des salaires mensuels de 40 000 à 50 000 um.

Les rizières

Situés à l’ouest de la ville de Rosso, d’immenses champs de riz s’étendent à perte de vue. Les portions de champs ou brigades sont de l’ordre de vingt . Elles sont irriguées à travers des canaux qu’alimente la grande station de pompage, créée par les Chinois, en 1967 et nationalisée trois ans après. Wallo Traoré et Mohamed Melainine, respectivement chef dépôt-mise en valeur et superviseur, précisent que la station de pompage électrifiée en 2012, utilisent cinq pompes, pour un débit de 1100 litres par seconde et par pompe. L’eau usée est rejetée dans le fleuve via une station de drainage.

Les travailleurs ont confirmé qu’ils sont payés 50 000 um par mois ; certains sont nourris par leurs employeurs. Ils sont cependant inquiets, car certains employeurs préfèrent la main d’œuvre étrangère. Les travailleurs se plaignent de l’épidémie du paludisme.

Souleyman Ba
Pour maurisahel.com
Mamoudou Kane


              

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