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Afrique: quand la croissance économique ne change rien à la pauvreté


Economie
Vendredi 4 Octobre 2013 - 11:46

Entre 2002 et 2011, la croissance annuelle moyenne en Afrique a été de 4,8%. Pourtant, la grande majorité des Africains a le sentiment de ne pas avoir profité de cette croissance. C’est ce que révèle Afrobaromètre, qui a présenté son rapport 2012 sur les conditions de vie dans 34 pays africains, mardi 1er octobre à Johannesburg, en Afrique du Sud.


La Sierra Leone enregistre une croissance de 21,3% en 2012 grâce à la découverte de nouveaux gisements pétroliers. REUTERS
La Sierra Leone enregistre une croissance de 21,3% en 2012 grâce à la découverte de nouveaux gisements pétroliers. REUTERS
Afrobaromètre regroupe plusieurs instituts de recherche en sciences sociales et en économie du continent. Le rapport présenté mardi 1er octobre à Johannesburg regroupe une série d'études d'opinion réalisées de 2010 à 2012. Plus de 50 000 personnes ont été sondées.
 
Toutes les personnes sondées ont évoqué en détail leurs conditions de vie. Combien de fois leur famille a manqué de nourriture ? D’eau potable ? D’argent ? D'électricité ? Aux vues de leur situation, 53 % des sondés estiment que le développement économique de leur pays ne les touche pas*.
 
La croissance n’est pas synonyme de réduction de la pauvreté
 
«Les populations se plaignent beaucoup d’absence de ressources, et aussi de la non-disponibilité des services publics de base. Cela peut être lié au problème de redistribution des fruits de la croissance. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’efforts qui sont faits sur le continent, cela veut simplement dire que ces efforts ne sont pas encore suffisants, en tout cas, pour impacter directement les conditions de vie des citoyens », analyse Cyriaque Edon, chef de projet au Bénin pour Afrobaromètre.
 
Le continent africain affiche une croissance d'environ 5 %. C'est l'une des plus importantes du globe. Mais, d'après Boniface Duliani, directeur des opérations d'Afrobaromètre, le dynamisme économique seul ne suffit pas. Pour éradiquer la pauvreté, les gouvernements doivent mettre la main à la pâte. «Certains pays ont enregistré une croissance très importante ces dix dernières années - comme le Botswana, la Tanzanie ou encore l’Afrique du Sud - et ont pourtant connu en parallèle une augmentation de la pauvreté. Et puis, il y a également des pays où la pauvreté a reculé, sans pour autant qu’ils aient eu une croissance économique fulgurante. C’est souvent dû à des politiques gouvernementales efficaces pour lutter contre la pauvreté», relève Boniface Duliani.
 
La moitié de la population sous le seuil de pauvreté
 
Philippe de Vreyer, directeur adjoint de l'institut de recherche Dial, spécialisé dans le développement, juge cependant qu’il convient de se méfier du ressenti, qui ne révèle pas forcément la réalité économique. « Si vous êtes dans un ascenseur qui monte lentement et que vous voyez à côté de vous un ascenseur qui monte très rapidement, bien que vous montiez, vous avez l’impression de stagner» résume-t-il. «Il est vrai qu’il reste aujourd’hui en Afrique des taux de pauvreté qui sont très élevés. Le continent est marqué par une croissance de la population qui est importante, de sorte qu’il reste, quand même, beaucoup de pauvres, même avec un niveau de croissance élevé, reconnaît-il, mais, malgré tout, cela ne veut pas dire que, forcément, l’Afrique stagne.»
 
L'Afrique possède 12 % des réserves mondiales de pétrole, 42 % des réserves d'or, 80 % des réserves de platine et 60 % des réserves de bois. Selon la Banque mondiale, près de la moitié de sa population vit pourtant sous le seuil de pauvreté.
 
■ Les principaux chiffres de l’Afrobaromètre
 
Afrobaromètre est un institut qui se présente comme «indépendant et non partisan» et qui se donne pour objectif de donner au public une voix dans la construction des politiques publiques. L’enquête qui a donné lieu au rapport présenté à Johannesburg a été menée dans 34 pays et «représente les vues d’environ les trois quarts (76%) de la population du continent», selon Afrobaromètre, qui a basé son travail sur des techniques d’échantillons représentatifs. En tout, 51 605 personnes ont été interrogées.
 
Les principaux chiffres de ce rapport sont les suivants :
 
Situation économique : 53% des personnes interrogées considèrent que leur pays est dans une situation économique «mauvaise» ou «très mauvaise». Ils sont un tiers (29%) à juger la situation économique du pays où ils vivent «positive».
 
Evolution : 31% des personnes interrogées jugent que l’économie nationale du pays où elles résident s’est améliorée au cours de l’année écoulée. Ils sont 38% à considérer qu’elle s’est empirée.

Conditions de vie : 32% des personnes interrogées jugent que leurs conditions de vie se sont améliorées au cours de l’année écoulée, contre 33% qui jugent qu’elles se sont empirées, et 34% qui considèrent qu’elles n’ont pas évolué.
 
Efficacité des politiques publiques : 56% des personnes interrogées jugent les politiques économiques menées par leur gouvernement «mauvaises» ou «très mauvaises» ; 69% estiment que les politiques de lutte contre la pauvreté sont «mauvaises» ou «très mauvaises» ; 71% jugent «mauvaises» ou «très mauvaises» l’impact des politiques publiques sur les créations d’emplois.
 
Optimisme : malgré ces chiffres, 57% des personnes interrogées disent s’attendre à une amélioration de la situation économique dans l’année à venir.
 

Source : RFI
Mamoudou Kane


              

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