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Afrique du Sud: les violences xénophobes embrasent le pays


International
Dimanche 19 Avril 2015 - 12:23

Des attaques xénophobes ont fait au moins six morts et 5000 déplacés depuis un peu plus d'une semaine en Afrique du Sud. Alors que le pays craint que la situation dégénère, le président Jacob Zuma tente de rassurer.


Afrique du Sud: les violences xénophobes embrasent le pays

La violence fait rage en Afrique du Sud. Après une nouvelle nuit de pillages à Johannesburg, le président Jacob Zuma  a annulé, samedi, un voyage en Indonésie pour se rendre auprès de victimes d'attaques xénophobes, afin de leur assurer que les étrangers avaient toute leur place dans le pays. 

 

En trois semaines, les violences, qui ont éclaté avant Pâques à Durban, la province natale du chef de l'Etat, dans l'est du pays ont fait au moins six morts, 15 selon une association, et 5000 déplacés. 
 

"Trop tard, trop tard"

La police a confirmé samedi la mort d'un autre étranger dans le township  d'Alexandra, où s'entassent 400 000 personnes à Johannesburg et où des échoppes tenues par des étrangers ont été vandalisées. Mais elle a refusé d'établir un lien immédiat avec les violences en cours et n'a pas révélé sa nationalité. Selon des photographes locaux, l'homme a été poignardé et est décédé à l'hôpital. 
 

Alors que la pression diplomatique s'accentue pour éviter un bain de sang comme en 2008 où les violences avaient fait 62 morts, Jacob Zuma s'est rendu dans un camp hébergeant des immigrés chassés de chez eux à Durban. Malgré un chèque d'aide de 50 000 rands (3800 euros), il a reçu un accueil hostile. "Trop tard, trop tard", "Go home, go home!" (Rentre chez toi, rentre chez toi!), pouvait-on entendre parmi ces victimes des violences, maugréant contre l'inefficacité de la police.  
 

L'armée réclamée

"Il ne peut y avoir de justification aux attaques contre les étrangers", a répété le président sud-africain avant d'assurer que "même ceux qui veulent rentrer chez eux doivent savoir que quand nous aurons stoppé la violence, ils sont les bienvenus pour revenir". Dans la soirée, il a appelé toutes les églises et leaders religieux à organiser des prières dimanche "pour envoyer un message de paix et d'amitié à toute la population".  
 

Jacob Zouma a prévu la semaine prochaine d'"engager le dialogue" pour normaliser la situation alors que le Forum de la diaspora africaine (ADF) a demandé l'intervention de l'armée. Samedi, des unités de la police municipale de Johannesburg et de la police anti-émeute ont été déployées en renfort dans les townships ou quartiers de la capitale économique. Les violences sont désormais surtout le fait de petits groupes de casseurs et de pilleurs selon la police qui a procédé à plus de 30 arrestations la nuit dernière. 
 

Violences récurrentes

A Alexandra, grand township pauvre du nord de Johannesburg à la réputation sulfureuse, plusieurs petits commerces tenus par des étrangers ont gardé leur rideau baissé samedi. Des violences se sont aussi produites vendredi soir à Thokoza, Cleveland et en particulier Jeppestown où un face-à-face violent a opposé les riverains d'un foyer de travailleurs à la police. En revanche, à Durban, le grand port sud-africain sur l'Océan Indien, le calme était de mise pour le troisième jour consécutif. 
 

Depuis 2008, les violences de ce genre sont récurrentes chez ce géant économique du continent, qui accueille deux millions d'émigrants africains officiellement recensés et de nombreux réfugiés et sans-papiers. Ces troubles reflètent les frustrations de la majorité noire du pays, toujours privée d'accès à une école de qualité, à des salaires décents ou à l'emploi tout court. 
 

 
Avec 
 

Noorinfo


              

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