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Afrique du Sud: Zuma reconduit à la présidence


International
Jeudi 22 Mai 2014 - 11:00

Dans la foulée de la victoire de l'ANC aux élections du 7 mai, le président Jacob Zuma a été reconduit mercredi par les députés à la tête de l'Afrique du Sud, mais l'incertitude demeure quant à sa future orientation politique.


Afrique du Sud: Zuma reconduit à la présidence
Critiqué, l'ANC a reculé aux législatives, mais le parti qui pour de nombreux Sud-Africains a vaincu le régime ségrégationniste de l'apartheid a tout de même recueilli 62,15% des voix. Avec une majorité de 249 sièges sur 400 à l'Assemblée nationale, la reconduction de son leader pour diriger le pays n'était qu'une formalité. Jacob Zuma sera officiellement investi pour son second mandat samedi lors d'une cérémonie à Pretoria. Sa réélection à la tête de l'Etat a été d'autant plus vite expédiée, sans réel vote, que les partis de l'opposition n'avaient présenté personne contre lui. Ils contestent pourtant la personnalité de celui qui dirige le pays depuis 2009, qu'un diplomate étranger comparait récemment à un "cafard capable de résister à une catastrophe nucléaire". Jacob Zuma est en effet critiqué pour la corruption et les gaspillages de son gouvernement, et plus récemment pour avoir fait rénover sa résidence privée aux frais du contribuable pour 17 millions d'euros.

Mais il tient l'appareil du parti dominant, et a survécu à tous les scandales. Seul fait majeur de la journée de mercredi, le parti du jeune leader populiste Julius Malema a fait une entrée en scène fracassante. Après avoir dansé sur les marches du Parlement et entonné des chants révolutionnaires, les 25 élus des "Combattants pour la liberté économique" ont prêté serment, entièrement vêtus de rouge et en bottes d'ouvriers --contrairement à leurs nouveaux collègues en tenues traditionnelles africaines, tailleurs ou costumes-cravates. L'air goguenard, ils ont donné un avant-goût de la verve anti-capitaliste et du style provocateur que l'ancien leader de la jeunesse exclu de l'ANC promet de déployer à l'Assemblée. Avec plus d'un million de voix, "Juju" a su rebondir et capter la soif de changement des plus déshérités. Il a notamment remporté plus de 20% des suffrages à Rustenburg (nord), le bassin minier paralysé par une grève sans précédent depuis janvier. Dans un pays dont la population active augmente bien plus vite que le nombre d'emplois, la question pour Jacob Zuma est maintenant de savoir s'il va agir avec plus de fermeté pour déplacer plus le centre de gravité économique vers la majorité, autrement dit vers les Sud-Africains noirs qui vivent toujours dans la pauvreté vingt ans après la fin de l'apartheid.

Car ce débat économique de fond a été étouffé par la réconciliation des années Mandela et le virage libéral pris par l'ANC depuis qu'il est arrivé aux affaires en 1990. Le discours d'investiture du président, samedi, dira si le statu quo, mélange de flou, d'incantations et d'immobilisme, va perdurer. Ou s'il va engager une politique moins molle. Conscient de l'impatience alimentée par le chômage, les mauvais services publics, les bas salaires et l'inflation, Jacob Zuma a déjà donné des gages avant les élections. "Cela inclut des changements à la loi sur les ressources pétrolières et minières, des évolutions sur la réforme de la propriété foncière (majoritaire blanche) et une loi digne de la Corée du Nord sur l'investissement" étranger pour remplacer les traités bilatéraux, observe Attard Montalto, de la banque japonaise Nomura. Mais dans le même temps, le Plan de développement national (NDP), document d'inspiration libérale contesté par les syndicats et la gauche du parti, continue d'être présenté comme la pierre angulaire du programme de l'ANC adopté au dernier congrès de décembre 2012.

Difficile de spéculer sur la ligne que pourrait suivre M. Zuma, souligne la note de M. Montalto qui décrit un pays "à l'heure des choix" et incite les investisseurs "à tenir bon, à surveiller attentivement les débats internes à l'ANC (...) et les sables mouvants de son alliance tripartite" avec le Parti communiste et la confédération syndicale Cosatu. Les milieux d'affaires se féliciteront sans doute si M. Zuma confirme le numéro deux de l'ANC, syndicaliste reconverti dans les affaires Cyril Ramaphosa, comme vice-président. Les nominations aux portefeuilles ministériels économiques clés apporteront peut-être aussi de la clarté. Mais rien n'est moins sûr, M. Zuma n'ayant pas intérêt à s'aliéner les investisseurs ni ses alliés en affichant trop de radicalité, dans un sens ou dans un autre.

Source: AFP
Noorinfo


              

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