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Afrique : Panorama des Banques en 2012


Economie
Vendredi 29 Juin 2012 - 16:00

L’heure est à la normalisation et à la sophistication des business models chez les banques des pays émergents. En Afrique, la prime est à la taille. Les marocaines, BCP et Attijariwafa Bank, aux premières loges, en termes d’ouverture de nouvelles agences en 2011.


Afrique : Panorama des Banques en 2012
Les Afriques publie en exclusivité les synthèses de la deuxième édition de l’étude annuelle «Emerging Banking Report» 2012 de Velhon Partners, un cabinet de conseil indépendant du secteur de la Banque et des Services Financiers. Cette étude repose sur un panorama analytique, multicritères et multi-pays et revient sur l’expansion et les performances financières des réseaux bancaires des pays émergents. Pour le secteur bancaire africain, c’est l’occasion d’une comparaison salutaire avec les dynamiques enregistrées en Europe de l’Est, en Amérique latine et dans les autres économies émergentes. L’échantillon retenu pour les besoins de cette étude, soit 366 établissements (contre 334 en 2011) dont 115 africains, représentant plus de 241 000 agences de 44 pays, permet de le dire, le quorum a été atteint.

L’étude débouche sur un benchmark Velhon300 qui classe les banques par l’ouverture d’agences et analyse les performances des réseaux bancaires. Fort d’une profondeur de 20 000 données construite sur un historique de 6 ans, l’Emerging Banking Report 2012 - disponible dès juin auprès des banquiers et des opérateurs financiers - offre un recul unique pour appréhender les conséquences de la relative décélération des économies émergentes, dans un contexte durci par la crise.

Il en ressort que chez toutes les banques des pays émergents, l’heure est à la normalisation. La folle période des accroissements rapides des agrégats financiers et comptable est derrière nous. En effet, après une période 2006-2008 caractérisée par une relative homogénéité dans le développement des marchés bancaires avec des taux de croissance des agrégats financiers supérieurs à ceux des PIB, l’on tombe dans une période de maturité caractérisée par le rattrapage des secteurs bancaires et la sophistication des business models. Ces tendances se traduisent selon les analystes de Velhon Partners par «une hausse du ratio crédit/dépôts. L’envolée de ce ratio est liée en partie aux surliquidités investies dans le système bancaire. Autre élément caractéristique de la période actuelle, la croissance du «coût de risque».

De même, ce retour à la normalisation se traduit aussi par une décélération dans le rythme d’ouverture de nouvelles agences. Ainsi, la croissance de l’extension des réseaux a été seulement de 2,8% en 2011 contre 4,1% en 2010, poursuivant une tendance déjà signalée en 2009. «En cause, la crise a accru la difficulté pour les acteurs de dégager les capacités d’investissements suffisantes et rentabiliser rapidement leurs nouvelles agences», souligne l’étude Velhon Partners. Cependant, il convient de noter que l’effet de la crise n’a pas été subi simultanément, ni avec la même ampleur au sein de chaque zone.

Ainsi, après un pic en 2009, la dégradation des performances financières des réseaux d’Europe de l’Est s’est stoppée, sans montrer toutefois de velléité de rebond. Cette zone semble avoir durablement perdu le dynamisme bancaire propre aux zones émergentes. Pour sa part, l’Afrique du Nord a ressenti l’effet de la crise mais avec un décalage d’une à deux années, principalement du fait de l’exposition de cette zone aux échanges ave l’Europe. Ce décalage existe aussi avec l’Afrique subsaharienne. En Asie, la performance des réseaux, caractérisée par une forte décélération en 2008, a significativement rebondi avant d’atterrir en douceur, sans rupture ni pic. Loin de la dynamique de ces différents ensembles, l’Amérique Latine est le seul endroit où le réseau bancaire croît plus vite que l’année dernière grâce au moteur Brésilien et à une faible sensibilité par rapport à l’Europe.

Prime à la taille

En dehors de l’Europe de l’Est, les banques locales restent les plus dynamiques, avec une croissance moyenne (hors Europe) de 7,6% en 2011, contre 9,2% en 2010. Alors que l’exercice 2009-2010 les avait plutôt épargné, les établissements plus petits ont été affectés en 2011 par un ralentissement significatif, à l’instar des banques de taille intermédiaire. Moins soumises aux contraintes de la crise, les banques d’état conservent généralement une expansion volontariste (croissance de 3% de leurs réseaux). Avec une croissance de 1,7%, les établissements étrangers confirment la fin de leurs dynamiques globales d’expansion, même si l’on constate encore quelques initiatives ciblées et un regain en Afrique.

L’avenir se joue dans le retail

Des modèles de distribution spécifiques aux banques émergentes se dessinent à travers l’innovation et l’industrialisation de leurs dispositifs «mass market». Ces stratégies s’avèrent déjà gagnantes en termes de rentabilité et de maîtrise des coefficients d’exploitation.
Si le maillage bancaire n’est pas un frein direct à la performance, l’analyse de la variation du PNB par agence illustre les choix et orientations des acteurs sur les différents marchés.

On constate que dans certains pays la «course à la taille» a été menée au détriment des revenus unitaires des points de vente. Plus d’1/3 de pays couverts ont vu leur PNB/agence (corrigé de l’inflation) décroitre au cours des 5 dernières années. C’est notamment le cas de «leaders» des palmarès du Velhon300 au cours des dernières années : Roumanie, Turquie et Maroc.

Les banques qui ont le plus ouvert d’agences en 2012

A noter que le lauréat du classement VELHON300 en 2012 est la banque brésilienne Bradesco (12ème du classement en 2010), qui a renforcé son réseau à hauteur de 28% avec l’ouverture de 1 009 agences sur un an. Elle remplace à ce rang State Bank of India (2ème en 2011 avec 516 agences), qui avait été premier du classement depuis 2008. Les deux premières banques du classement hors BRIC sont ukrainiennes et indonésiennes : PrivatBank et la Mandiri Bank, qui ont étendu leurs réseaux de 178 agences et de 167 agences.

En dépit d’une décélération générale, les banques les plus dynamiques ont globalement peu amendé leur stratégie d’ouvertures : 19 banques du Top50 ont connu une croissance à deux chiffres de leur réseau (3 dans le Top10). Le Top 20 est dominé à 90% par les BRIC, et notamment l’Inde qui se détache avec 10 banques présentes au sein du Top 50 et 2 557 nouvelles agences. Le Brésil a remplacé la Chine sur la deuxième marche du podium. Avec 7 banques classées dans le Top 10, l’Inde reste largement numéro 1.

Hors BRIC, les pays qui connaissent les croissances les plus notables sont l’Indonésie, le Vietnam, la Thaïlande, la Turquie, l’Ukraine, l’Afrique du Sud et le Maroc. L’Afrique voit cette année 8 banques africaines dans le Top 50 des banques les plus dynamiques. Elles sont exclusivement d’origines sud-africaines, marocaines et nigérianes. La Banque Centrale Populaire (Maroc) se place au 1er rang avec 95 agences crées en 2011, s’inscrivant, avec Attijariwafa (Maroc), parmi les seuls acteurs africains présents dans le Top 50 mondial sur trois années consécutives. Les banques à capitaux étrangers en 2010 ont marqué le pas, avec un seul représentant dans le Top 20 - Santander Brazil – et deux fois moins d’établissements dans le Top 50 qu’en 2008 (9 vs 17).

Adama Wade
Pour les Afriques
Mamoudou Kane


              

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