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Afrique : Les enjeux colossaux d'internet et de la téléphonie mobile


Economie
Jeudi 19 Septembre 2013 - 13:00

L’Afrique avance à pas de géants dans les usages de la téléphonie mobile. Avec l’espoir de bénéficier prochainement d’une couverture internet aussi importante ? Pour les opérateurs, les enjeux sont colossaux. Pour le continent africain aussi, qui pourrait bénéficier par la suite des effets économiques structurants d’un meilleur système de communication.


Une jeune femme téléphone sur un marché d'Abidjan en avril 2011. REUTERS/Finbarr O'Reilly
Une jeune femme téléphone sur un marché d'Abidjan en avril 2011. REUTERS/Finbarr O'Reilly
L’Afrique est en train de réaliser un véritable « saut quantique » en passant directement au téléphone mobile sans passer par la case du téléphone filaire. Les Africains pourront-ils bientôt envisager la même chose pour l’accès à internet ? C’est ce que certains analystes ne sont pas loin de penser , dont ceux de la société Bearing Point qui viennent de réaliser une étude intitulée « Les enjeux des télécoms dans les pays émergents ».
 
« Le monopole des opérateurs concerne moins de 10% des pays »
 
On apprend dans cette étude que les opérateurs qui verrouillaient les pays africains dans une situation de quasi-monopole, il y a une vingtaine d'années, se retrouvent au sein d’une concurrence somme toute bénéfique pour les consommateurs de nos jours. Ainsi, selon cette étude, en 1992, « 75% des pays africains n’avaient aucun réseau mobile et les 25% restants étaient en situation de monopole. Cinq ans plus tard, on retrouvait 95% des pays avec un réseau mobile, mais 75% étaient encore en monopole. En 2002, il ne restait plus que 20% de monopoles et aujourd’hui, le monopole concerne moins de 10% des pays. » L’Afrique ferait même rêver les opérateurs de téléphonie, tout comme les fournisseurs d’accès à internet ou les géants de la Toile. Exemples emblématiques, la firme Google qui s’intéresse à ce marché via son loon project et Twitter qui s’associe gratuitement aux opérateurs en se garantissant à peu de frais des abonnés.
 
L’Afrique représente moins de 5% des utilisateurs internet dans le monde !
 
Mais l’internet via haut débit fixe demeure peu développé en Afrique. Il s’agit même du continent qui a le plus de retard dans ce domaine, car l’Afrique représente moins de 5% des utilisateurs internet dans le monde ! Dans le même ordre d’idée, à l’intérieur du continent africain, le développement s’avère très inégal. Ainsi, on retrouve la moitié du total des usagers en Afrique du Sud, alors que la population de ce pays ne représente que 5% de la population africaine totale. La marge de manœuvre est donc grande et, d’ores et déjà, des moyens existent pour envisager de désenclaver l’Afrique via le développement des câbles sous-marins, par exemple. Ce qui fait écrire aux responsables de l’étude : « Nous sommes convaincus que dans le domaine de l’internet, l’Afrique va connaître le même "saut quantique" que dans la voix avec le développement accéléré de l’Internet mobile. » Ce désenclavement des régions grâce à l’internet fixe haut débit pourrait même devenir un enjeu gouvernemental et international, afin de soutenir le développement économique et social des pays africains.

Au Kenya 30% des flux financiers passe par téléphone mobile
 
Car les télécoms ont une réelle influence sur la croissance économique d’un pays. D’un côté, c'est une source de revenus considérable pour les gouvernements locaux. Selon l’étude, « le marché de la téléphonie mobile produit ainsi 7% des recettes fiscales totales de l’Afrique subsaharienne ! ». Et d’un autre côté, les téléphones mobiles en Afrique peuvent contribuer à développer de nouveaux usages. On découvre ainsi que le pays au monde où on utilise le plus le paiement avec un téléphone mobile, n’est ni le Japon ni les États-Unis, mais le Kenya !
 
« Un pays au sein duquel 30% des flux financiers passe par téléphone mobile », explique Jean-Michel Huet, directeur associé de la société Bearing Point et coordinateur de l’étude. Les usages liés au téléphone peuvent également modifier positivement les économies. De manière structurante, comme au Sénégal ou au Kenya, où la mise en place de systèmes d’enchères pour la vente de poissons avec SMS a amélioré la productivité et les conditions de vente. De manière innovante aussi quand un système de prêt de minutes via SMS renvoie à des usages séculaires en Afrique comme les tontines (« prêt » communautaire où plusieurs personnes co-empruntent pour que l’un(-e) d’eux ou une partie d’entre eux bénéficient d’un produit).  On peut penser également aux effets positifs envisageables dans les domaines de la santé ou du télé-enseignement. Ainsi, lors de ce qui est devenu sur Twitter #drameplateau en Côte d’Ivoire, (une bousculade, dans le quartier du Plateau, à Abidjan, qui a fait 61 morts et une cinquantaine de blessés le jour de l'An) c’est la mobilisation via les réseaux sociaux qui a permis d’améliorer les soins aux victimes et de retrouver les personnes disparues. Ce qui fait dire aux auteurs de l’étude : « Le déploiement des réseaux 3G, 3,5G, 4G quelle que soit la famille technologique retenue (UMTS, LTE, etc.) constitue l’enjeu technologique majeur de la décennie en Afrique. »
 
Le taux de pénétration des télécoms en Afrique, au niveau de l’accès à l’eau courante
 
Véritable paradoxe pourtant, on en vient à parler de bonne couverture téléphonique dans un continent où l’approvisionnement de son chargeur en électricité n’est absolument pas garanti. Car l’électricité est un produit rare en Afrique, continent au taux d’électrification limité à 42%, soit le taux le plus faible de l’ensemble des régions en développement. De plus, ce taux moyen masque à la fois de fortes disparités régionales (99% au Maghreb, mais seulement 31% en Afrique subsaharienne), et un clivage urbain-rural très marqué (69% en urbain contre 25% en rural). Ainsi, moins de 10% des populations rurales d’Afrique subsaharienne ont ainsi accès à l’électricité.
 
Reste, et c’est un autre paradoxe mis en avant par l’étude, que « le taux de pénétration des télécoms en Afrique est au niveau de l’accès à l’eau courante (64%), et il est largement supérieur à l’accès à l’électricité (40%) ou à un compte en banque (21%) ». Ainsi, en 2011 le cap des 50% de taux de pénétration a été franchi en Afrique subsaharienne, celui des 100% en Afrique du Nord, pour s’établir à 68% sur le continent. Cependant, seuls 11% des Africains (ensemble du continent) ont accès à l’internet. Aujourd’hui, le retard de l’Afrique sur le reste du monde réside bien dans l’accès haut débit. Le broadband mobile va-t-il changer la donne ?

Avec RFI

La Mauritanie pas en reste dans ce boom

Afrique : Les enjeux colossaux d'internet et de la téléphonie mobile
Dans le cadre de ce boom africain, la Mauritanie est pas en reste. "Dans le domaine des télécommunications, la Mauritanie est bien placée par rapport aux pays arabes et africains et frôle la moyenne européenne" explique un cadre de la Mauritel, première compagnie de téléphone du pays.

le taux de pénétration du pays dépasse les 120% en 2012, quand celui ci est de 123 en Europe et 60, la moitié à peine dans l'ensemble de l'Afrique ! "C'est certainement un des indicateurs les plus pertinents et fiables pour montrer le développement des télécommunications d'un pays" souligne le cadre.
Mamoudou Kane


              


1.Posté par barkeeje Baaji le 20/09/2013 14:50
YOO ALLA HOKKU EN HAWRUDE HEEN.

2.Posté par barkeeje Baaji le 20/09/2013 14:53
C'est une bonne chose.

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