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Afrique : Les 10 chefs d’Etat qui nous font rire


Lu sur le web
Lundi 13 Août 2012 - 00:40

Pour peu qu’on apprécie la tragicomédie, les palais africains offrent une galerie hilarante de portraits à s’en décrocher la mâchoire.


Afrique : Les 10 chefs d’Etat qui nous font rire
Quand les sbires de la sécurité ne fracassent pas ledit appareil buccal, les satiristes, caricaturistes et polémistes de tout poil s’en donnent à cœur joie.

On ne remerciera jamais assez les présidents et les rois qui nous amusent; même ceux qui n’ont aucun sens de l’humour, devenus bouffons malgré eux, Ubu vecteurs d’un comique aussi involontaire qu’irrésistible.

Faire rire et frémir, faire passer des larmes de l’accablement à celle de la rigolade, tel est le secret de la longévité de certains dinosaures politiques, voire de certains tyrannosaures.

Qui ne finissait pas par tout pardonner à Omar Bongo, à l’écoute d’une envolée présidentielle teintée d’une joyeuse trivialité et d’un humour de comptoir?

S’il reste à vérifier que «Femme qui rit à moitié fidèle dans son lit», pourrait-on considérer qu’«Electeur moins taciturne à moitié fidèle dans les urnes». Humour du désespoir?…

Oublions quelques instants la morose Ellen Johnson Sirleaf, le glacial Paul Kagamé, le morne Mohamed Ould Abdel Aziz et le soporifique Alpha Condé. Rendons hommage à ceux qui, tout en étant “rois”, remportent la palme de fous du roi.

In memoriam, big up aux aînés qui ont tracé la voie: Mobutu et son programme spatial, Bokassa et sa traîne napoléonienne de 12 mètres, Amin Dada et son projet d’invasion d’Israël ou encore Kadhafi et sa photo d’Omar al-Mukhar plastifiée et agrafée à son uniforme, lors d’une visite à Silvio Berlusconi.

Prix spécial au seul digne représentant vivant de cet âge d’or de la loufoquerie présidentielle: le champion du stand-up Moussa Dadis Camara et son “Dadis show” télévisuel.

Esquisse de palmarès des “humoristes” toujours au pouvoir

par ordre décroissant…


10e – Abdelaziz Bouteflika et sa coiffure qui semble la victime collatérale d’une tornade. Peut-être le motif en spirale du sommet de sa tête est-il destiné à hypnotiser les satellites qui s’aventureraient à espionner l’Algérie.

Si le président algérien a crâné… ou plutôt frimé, le 16 juillet 2012, face à la calvitie assumée de Laurent Fabius, il ignore peut-être que sa chevelure est la risée des bloggeurs qui s’amusent à la décapoter en faisant mouliner Photoshop.

Une bourrasque aurait révélé qu’un cheveu déplié de Boutef’ mesurerait une quinzaine de mètres…

9e et 8e ex æquo – Salva Kiir et Omar el-Béchir renouvellent le numéro de duettistes inspiré de la tradition du cirque, celui de l’impénétrable clown blanc (et sa canne) et du loufoque clown auguste (et son chapeau trop grand).

Toujours en train de se chamailler pour un baril de pétrole, ces Laurel et Hardy soudanais oublient qu’ils sont des frères siamois qui partagent nombre d’organes vitaux. Situations cocasses garanties.

7e – Teodoro Obiang Nguema dont l’humour irrésistible n’a d’égal que l’épaisseur de ses sourcils. Doté d’une malice des plus spirituelles, le président de Guinée Équatoriale répond aux accusations de violations des droits de l'homme par la création d’une “Fondation pour la préservation de la… Vie”. 

Alors que 76% de sa population vit sous le seuil de pauvreté, il offre à l’UNESCO, dans des locaux parisiens situés entre deux biens mal acquis, un prix récompensant «les recherches scientifiques contribuant à améliorer la… qualité de la vie des êtres humains». Pince-sans-rire…

6e – Jacob Zuma qui se construit tout seul une réputation de DSK africain. Comme on s’enlise en se débattant dans des sables mouvants, le président sud-africain donne de l’ampleur aux histoires qu’il tente de contrer.

Accusation de viol agrémentée d’une théorie de la douche qui préserverait du sida, maladroit coup de sang de ses laudateurs face au tableau représentant la flatteuse verge présidentielle, rocambolesque(s) vie(s) conjugale(s)…

Zuma alimente sa propre légende. Et la verge folle, ça fait sourire les plus coincés d’entre nous…

5e – Letsie III et son feuilleton tout aussi intime, bien que moins salace. A la fin des années 90, le roi du Lesotho (pays dont la simple structure géographique prête déjà à sourire) n’a pas alimenté les ragots avec une kyrielle d’aventures amoureuses, mais plutôt avec ses difficultés à trouver chaussure à son pied royal.

Le feuilleton mondain “Recherche reine désespérément” –interrompu après son mariage inespéré avec Karabo Mots'oeneng– n’aurait peut-être pas été si fastidieux si le souverain n’avait pas l’habitude d’inspecter ses troupes blotti dans une couverture qui lui donne l’air d’émerger d’une grasse matinée.

4e – Robert Mugabe, le papy farceur qui profite du privilège de l’âge pour se lâcher, toujours prêt à distraire son peuple avec une blagounette populiste, des réformes “pétards mouillés”, de vrais feux d’artifice pour son anniversaire ou encore du matériel de farces et attrapes comme des billets de cent milliards de dollars dignes de la monnaie de Monopoly.

Comme beaucoup de comiques, le président du Zimbabwe aime qu’on rit, mais pas de lui. En février dernier, un Zimbabwéen était déféré devant la justice pour s’être demandé si Mugabe aurait encore la force de gonfler les ballons de son 88e anniversaire.

Mais peut-être cette arrestation était-elle une nouvelle forme d’humour. Celui du président octogénaire a tellement de niveaux…

3e – Yoweri Museveni qui ne se contente pas d’arborer ce chapeau à cordelette de cuir qui lui donne un air benêt. Passé allégrement du marxisme au libéralisme, l’inamovible président ougandais s’est inventé une carrière de rappeur, à l’occasion de sa dernière campagne électorale.

«Ye…Ye…Ye… Let me dedicate to you my rap…», distillait le flow de l’apprenti MC, dans un remix des stars ougandaises Eddy Kenzo et GNL Zamba.

Qu’est-ce qui ridiculise le plus: le jeunisme racoleur ou le manque de talent? Mais après tout, Museveni a l’homophobie en commun avec les plus fameux représentants du gangsta rap…

2e – Yaya Jammeh qui prouve que le ridicule ne tue plus. Le président-guérisseur de la Gambie nous gratifie de ses bouffonneries depuis 18 ans.

Pas besoin de mettre au point une sécurité sociale quand on prétend traiter soi-même le sida, l'asthme et l'hypertension artérielle de son peuple.

Il peine juste à trouver le remède de ce qu’il considère comme la pire des maladies: l’homosexualité…

1er – Mswati III. Facétieux, le monarque absolu du Swaziland exhibe son physique de bébé pour notre plus grand bonheur, ventilateur intégré à l’arrière de sa coiffe et logo de la marque d’huile Lesieur sur sa grasse poitrine.

Comme dans les meilleures comédies de série B des années 70, il nous offre l’humour coquin qui manquait à son collègue “III” du Lesotho.

En représentation inénarrable et permanente, il inspecte en public, et bedaine au vent, les tétons virginaux de milliers de jeunes filles, le temps de magnifier la danse des roseaux et de caster de nouvelles épouses auxquelles il offrira des voitures de luxe.

Le nombre de ses conjointes oscillant entre 11 et 14, le harem nécessite une comptabilité scrupuleuse. Surtout quand le roi réclame au gouvernement de quoi construire un palais à chaque dulcinée.

Une manière gentiment désopilante de consoler son peuple de l’interdiction des partis politiques, des arrestations de membres de la société civile ou des menaces de torture. Mourir de rire, c’est reconnu comme une forme de torture?

Le rire présidentiel ou royal est une chose trop sérieuse pour être confié au seul comédien britannique Sacha Baron Cohen. Alors préservons nos bouffons originaux.

Damien Glez
Pour slateafrique.com
Mamoudou Kane


              

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