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Affaire du président : l’impossibilité d’une piste…


Lu sur le web
Samedi 20 Octobre 2012 - 11:56

Le président de la République, Mohamed Ould Abdel Aziz, est interné, depuis dimanche dernier, à l’Hôpital d‘instruction des armées, Percy-Clamart, dans le département 92, en banlieue parisienne. La veille, il était, durant plus de douze heures, retenu à l’hôpital militaire de Nouakchott. Où, aux alentours de vingt heures, dans la soirée du samedi à dimanche, il a été admis, à la suite d’au moins une blessure par balle. La nouvelle s’est propagée, à la vitesse d’un éclair ou presque. Beaucoup de questions ! Peu de réponses. Celles, les réponses, fournies, par voix officielles, ou officieuses n’ont servi, jusqu’ à présent, qu’à ouvrir la brèche à d’autres questions. A d’autres pistes…


Affaire du président : l’impossibilité d’une piste…
Il était vers 19 heures, à l’heure de la prière post-crépusculaire (Al maghrib), que le président et ses compagnons, gardes de corps, et son ami et cousin, Ahmed Ould Abdel Aziz, ont accompli sur une dune, pour que peu après, le convoi prenne la route de la capitale, Nouakchott, rapporte l’un des gardes de corps.

Le convoi, en deux voitures, l’une, à son volant, le président en personne, accompagné de l’unique passager, Ahmed Ould Abdel Aziz, assis, à sa droite ; et l’autre qui les suivait, sur la même piste abritait les gardes de corps.
A, à peu près, huit cents mètres de la route nationale (Nouakchott-Atar), les gardes de corps entendirent des coups de feu. Le président, souligne l’un des aides de camp, redoublait sa vitesse. Le téléphone de l’un des gardes de corps, sonne. C’est le passager qui dit que le président a été blessé et qu’il perdait du sang.

Juste après, c’est la voix du président, s’emparant du téléphone du passager, pour donner l’ordre à ses gardes de corps d’arrêter les agresseurs qu’ils allaient retrouver sur leur chemin. C’est à Toueïla, à quelques trente kilomètres, au nord de la capitale.
Arrivés, au niveau des assaillants, ils auraient échangé quelques tirs de sommation, pour découvrir, en fin de compte, rapporte la même source, qu’il s’agissait d’une patrouille militaire, ordinaire. Deux bonhommes, un lieutenant et son coéquipier, en alerte, à l’instar, dit-on, de la consigne générale qui mobilise, depuis trois semaines, les forces de sécurité.

‘’Vous savez que vous venez de tirer sur le président de la République et que vous l’avez blessé, lance un garde de corps !’’ ‘’ Je ne sais pas sur qui j’ai tiré. J’ai reçu des ordres de tirer sur tout véhicule à vitres fumées, dont le conducteur refuse de s’arrêter, à la signalisation de stop.’’


Bavure…
Une erreur. C’est ce que dira, sur les antennes de la TVM, le ministre de la communication, Hamdi Ould Mahjoub. A défaut d’autres sources, il n’y a pas le choix, la thèse officielle s’impose. Seulement, cette version ne convainquait, tout simplement, pas l’opinion. Bien des questions demeurent posées. Des cases vides. Des morceaux manquants au puzzle. Des interrogations sur la vraisemblance de la thèse officielle ne cessent de croître depuis le premier soir.

Le président a été blessé. ‘’Légèrement’’ dit le ministre de la Communication. Très tôt, l’opinion, ne trouvant pas d’explication, pour la rétention d’un président de la République, en dehors de son palais, dans un hôpital, pendant une heure, puis une autre, ensuite d’autres heures, à cause d’une blessure aussi légère que la décrivait le porte-parole du gouvernement. L’état de santé de l’homme était, d’évidence, prioritaire à son état politique, au moins pour les médecins mobilisés à son chevet.
Mohamed Ould Abdel Aziz devra rester pendant plus de douze heures à l’hôpital militaire. Une nuit qui a donné libre court à autant d’hypothèses, de thèses et d’antithèses.

Ce soir-là, l’intérêt de l’opinion était focalisé sur l’état de santé du président. On a un peu oublié l’accident. Les circonstances dans lesquelles est survenu l’incident passaient au second plan, ce soir-là. Les questions portaient essentiellement sur la santé.
De l’hôpital militaire ne filtraient pas beaucoup d’informations. Même si on ne pouvait pas maîtriser les indiscrétions des témoins et du personnel hospitalier. Les petits détails distillés par une infirmière effacée, rajoutés à la présence, à la première heure, de médecins chirurgiens et spécialistes, connus de tous ou presque, auprès du chef de l’Etat, renvoient à l’inéluctabilité d’une intervention chirurgicale.

La thèse d’une intervention chirurgicale devenait de plus en plus avérée, et sortait subrepticement de la sphère officieuse à l’officielle. Une intervention chirurgicale, d’accord, mais à quel niveau ? Le bas ventre où la balle aurait logé. La cage thoracique où une autre balle se serait infiltrée ? La nuque ? Certains agents du personnel de l’hôpital militaire ont parlé, et continuent de le répéter, jusqu’à hier, de l’atteinte de la vessie. C’est ce qui explique, peut-être, l’hémorragie attestée à Biladi par, au moins un conseiller de la présidence. D’autres insistances se faisaient sur l’atteinte du thorax, des poumons. D’autres sources, semi-officielles, évoquent l’atteinte de l’intestin grêle.


Évacuation
On parlera, par la suite, de l’imminence de l’évacuation du président en France, pour des soins plus poussés. L’avion médicalisé, fourni par la République de France, parqué depuis minuit, à l’aérogare de Nouakchott, devait attendre quelques heures pour qu’il puisse transporter le président. Celui-là, qui, selon une source proche de lui, refuse l’évacuation. Quoiqu’il partira, de toutes les façons affirme cette même source à Biladi, vers cinq heures du matin.

Un mystère ! On ne saurait comprendre l’immobilisation, pendant quelques heures, d’un avion médicalisé, dépêché, dans l’urgence, naturellement, sous prétexte que le patient, fusse-t-il un président de la République, ne souhaite pas quitter le pays, même si son état de santé l’y oblige ! Son état de santé, l’y oblige, c’est vrai, mais l’avis des médecins commanderait, peut-être, de garder le patient quelques heures afin de maîtriser l’hémorragie et pour pallier toute récidive éventuelle, au cours du vol.
Ce n’est que vers dix heures, le dimanche, que le président prendra son vol pour la France. Mais, auparavant, il a donné une déclaration à la presse publique. C’était un peu l’acte 2 (deux) de la communication officielle inaugurée, la veille par le ministre de la communication.

Cette fois-ci, il y avait le son et l’image. " Je voudrais après mes remerciements à Allah rassurer tous les citoyens mauritaniens quant au succès de l‘opération chirurgicale effectuée de manière excellente par l‘équipe médicale et les féliciter pour ce succès…’’ Ici, le président confirme l’intervention chirurgicale. Il va même un peu plus loin dans l’optimisme, en mentionnant le succès et l’excellence de l’équipe médicale. ‘’ Je rassure tous les citoyens sur ma bonne santé après cet accident causé, par erreur, par un groupe de l‘armée sur une route non bitumée dans les environs de Toueila.’’ Là, Mohamed Ould Abdel Aziz adhère et cautionne la thèse officielle. Un accident causé par erreur. C’est peut-être une manière de fermer d’autres pistes ouvertes par une opinion peu convaincue, jusqu’ici, par la version officielle.

C’est aussi un message, au cas où le président n’écarterait pas intérieurement la probabilité d’un complot, adressé aux comploteurs, pour qu’ils comprennent qu’il n’a rien vu et rien compris et qu’il croît entièrement à l’erreur. Question de faire dormir ceux-là, les comploteurs, sur leurs lauriers en attendant des jours de bonne santé pour faire les comptes. Ou, peut-être, souhaiterait-il écarter l’opinion d’autres pistes, peu convenables, qui se chuchotent pourtant, même si en sourdine, au sein de l’opinion.

En dehors de la voix présidentielle qui a donné ces messages, il y avait l’image. C’est un autre message. De l’image, on voyait le visage uniquement, et un drap blanc recouvrant, pour ne pas dire dissimulant toutes les autres parties du corps. Normalement, cette image devait constituer un maximum. Une image optimum, en quelque sorte, quoiqu’insuffisante, voire diminuée. On espérait voir un peu plus. Deux mains, ou au moins une, une gestuelle, une chemise ordinaire couvrant un thorax bien portant. D’autres parties du corps qui suggèrent plus d’espoir. Plus d’assurance.

Et les circonstances ?
Après l’évacuation du président en France, l’opinion publique mauritanienne revient, quant à elle, à une question qu’elle a évacuée, depuis le premier soir : Les circonstances de l’accident :
Cet épisode du feuilleton cache bien des zones d’ombre. Il y a une version officielle. Et, il y a surtout des témoins, des acteurs, peut-être, ou des comparses. On ne saurait dire, plausiblement!

Ahmed Ould Abdel Aziz, le premier témoin, assis, au siège droit de la Toyota V8 que le président, blessé, par erreur, conduisait. Et, qui, miraculeusement n’a été touché par le moindre projectile. La déferlante de balles, 14 tirs, dit-on, n’a pas pu immobiliser la voiture. Pourtant, elle n’était pas blindée, la voiture présidentielle, visiblement. Puisqu’elle a laissé, si on en croit à la thèse officielle, passer les balles, mais, uniquement les balles qui allaient se donner rendez-vous, quelque part, dans l’organisme du président de la République. En l’absence d’une photo du véhicule présidentiel criblé, on est bien tenté de croire à une race de balles pernicieusement intelligentes. Celles-là qui se refusent d’affecter d’autres cibles que le président, en personne.

D’Ahmed Ould Abdel Aziz, on retiendrait des versions très nuancées les unes des autres. On retiendrait également un manque profond de quiétude, au-delà du choc qui lui causerait le danger encouru par un ami proche, président de surcroît.
Certaines sources vont même jusqu’à dire que ce témoin a passé la journée du samedi, en ville, à Nouakchott, pendant que le président de la République se reposait dans son ranch au désert. Les deux hommes sont venus, c’est établi, ensemble à l’hôpital militaire. Mais, ils venaient d’où, exactement ? Beaucoup de personnes émettent des doutes de l’étape de Toueïla. Les habitants de l’ilot C, quartier situé à l’Est du Palais présidentiel, ont constaté, dans la nuit du samedi à dimanche, qu’entre 20 heures et 21 heures, la route donnant accès à la maison de la République a été barrée, par des éléments de la sécurité, pendant, au moins quarante minutes, pour qu’elle soit libérée plus tard.

Parmi, les acteurs, il y a aussi le lieutenant, le tireur. El Hadj Ould Mahmoudi. Celui-là retient véritablement, sans hésitation, la même thèse. Le mot d’ordre qui lui a été donné de tirer sur tout véhicule suspect refusant d’observer l’arrêt. Il aurait été entendu par tous les chefs de corps. Et, il a été aussi déchargé de son acte. Il n’a fait que son boulot, disent les différents généraux qui l’ont interrogé.

Pas de piste…mauvaise piste…
Depuis trois jours, le président est admis à l’hôpital militaire parisien de Percy. On s’attend à des informations de ce côté-là. Officiellement, la presse privée, citant une source gouvernementale, rapporte que le Président de la République n’a pas besoin de subir une seconde opération. Et, que l’opération faite par les médecins mauritaniens était un succès et ne nécessitait pas une chirurgie supplémentaire. Avant-hier soir, la télévision nationale, montrant la photo du docteur mauritanien accompagnant le président de la République, a indiqué que celui-ci n’avait pas besoin d’une seconde intervention chirurgicale. On aimerait bien savoir qui a souhaité une seconde intervention chirurgicale pour le président de la République. C’est comme si on répondait à une insistance sur la nécessité d’une seconde opération. Ou bien espérerait-on écarter, ne serait-ce qu’au sein de l’opinion mauritanienne, à travers cette communication, l’impératif d’une intervention chirurgicale que les docteurs français jugeraient vitale.
Il est bien possible, cela se fait, que les docteurs français soient amenés à parler aux médias internationaux, qui ont pignon sur rue à Paris, afin de dissiper toutes inquiétudes que les mauritaniens pourraient nourrir sur l’état de santé de leur président.

Il suffirait que le gouvernement mauritanien le veuille ou ceux qui le représentent à Paris, en expriment le besoin.
A Paris, certains milieux évoquent l’éventualité d’une seconde opération au niveau de la cage thoracique. On parle, à ce titre, d’une balle logeant encore dans cette partie de l’organisme.

En l’absence de thèse officielle fiable, logique et convaincante pour l’opinion, le gouvernement, ou ce qui en tient lieu, ouvre la brèche, sans le vouloir, sans doute, à toutes les supputations.
Chaque jour qui passe apporte son lot de rumeurs et inaugure de nouvelles pistes pour les commentateurs. Chaque communication officielle peu crédible, au sujet du séjour parisien du président de la République, propose d’autres pistes, et suscite davantage de questions.

Dans tous les cas, en l’absence d’une thèse émanant d’une source fiable, on n’a pas trop le choix. On se contente de la thèse officielle, même si elle est suggestive de pistes encore moins sûres. On n’a pas le choix. La piste, en tout cas, qu’empruntait le président de la République, l’autre samedi soir, n’était, certes, pas des plus sûres.

AVT
Pour Biladi


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