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Affaire de la drogue: Les procès-verbaux en question (Ou le retour du tayaisme?)


Actualité
Samedi 17 Septembre 2011 - 13:44

Le seul élément tangible dans cette affaire, du point de vue du ministère publics de la justice est relatif aux procès-verbaux signés par les ex-prévenus. Or ces derniers n'ont pas été traités de la même façon vis-à-vis des procès-verbaux, ce qui accentue l'impression de noyer un poisson déjà connu.


Affaire de la drogue: Les procès-verbaux en question (Ou le retour du tayaisme?)
L'affaire dite de la drogue suit son cours. Et de nouveaux éléments apparaissent, particulièrement sur les fameuses «preuves» que le ministère public auraient établi sur la culpabilité des ex-prévenus, acquittés, puis renvoyés devant la justice il y a deux semaines, par la cour suprême, qui a cassé la décision de la cour d'appel du pénal, qui avait acquitté tous les ex-prévenus «faute de preuves».

Les «preuves» en question donc sont les procès-verbaux que les suspects dans l'affaire auraient signé. Contraints et forcés. Or comme une source de l'affaire l'explique, les prévenus dans cette histoire n'ont pas été traités de la même façon. «La commission rogatoire que le juge aurait dû mener a été confié à l'ancien commissaire Dedahi Ould Abdallahi, au garage, revenu spécialement aux affaires pour ce dossier. Il a permis à son cousin Sid'Ahmed Ould Taya de ne pas signer son procès-verbal, lui donnant ainsi l'opportunité de contester celui-ci devant un tribunal.» explique la source.

La même faveur aurait été faite à son neveu direct, Ali Ould Moulay, fils de sa propre sœur. «Ali Ould Moulay n'a pas eu à faire de déposition, on l'a littéralement écarté de l'affaire, dans laquelle il est pourtant impliqué» continue la source.
Ceci peut paraître d'autant plus bizarre, qu'à aucun moment dans les séances d'interrogatoire (de tortures littéralement par moment, comme en témoigne un des prévenus) des questions n'ont été posées sur le fameux bus de drogue. «Ça ne veut dire qu'une chose: ils savaient où était ce bus, ou alors en tout cas à qui il était. Et cet élément a été aussi écarté de l'enquête. On veut lier toutes les saisies de drogue de ces dernières années à ces prévenus, pour faire croire que l'enquête avance» estime la source.

«Seul un magistrat peut prendre part à un procès-verbal du prévenu qui doit être accompagné de son avocat. Une commission rogatoire ne peut légalement servir qu'à des filatures, des mises sur écoutes, mais elle ne peut se substituer au juge! Aucunement.» continue-t-elle.

La personne du président de la commission rogatoire, Dedahi Ould laisse entrevoir la justesse des propos des juges qui ont acquitté les prévenus de l'affaire: pas d'éléments matériels, seulement des procès-verbaux extorqués sous la contrainte (comprenez tortures). Le tout-puissant chef de la sûreté sous le règne de Maouiya a au-dessus de la tête trois plaintes déposées entre la France et la Belgique.

«Cependant on ne peut s’empêcher de poser la question de savoir pourquoi le directeur de la police judiciaire qui normalement devait être en charge du dossier a été écarté au profit de Deddahi qui jusque là végétait sur une voie de garage (l’Inspection des services). Deddahi étant le spécialiste des coups tordus politiques, est ce qu’il n’a pas été justement chargé de ce dossier pour mouiller quelqu’un ?» s'interrogeait déjà le quotidien de Nouakchott en mai 2009.

Moctar Ould Salem
Mamoudou Kane


              


1.Posté par Saadna Ould Dahmoud le 18/09/2011 09:11
Wikileaks : Des révélations gênantes, certes, mais sont-elles infondées ?

Je viens de prendre connaissance d’un article de Le Quotidien de Nouakchott, dans lequel l’auteur s’insurge contre les révélations faites à un diplomate américain par Mohamed Ould Mouloud, président de l’UFP sur les manifestations du tribalisme dans les pratiques du régime de Mohamed Ould Abdel Aziz. B.C décrit ainsi Mohamed Ould Mouloud : « celui qui officiellement est un politique qui fait fi du tribalisme et de tous les particularismes, se révèle devant les américains sous un autre visage », insinuant ainsi que les accusations de tribalisme qu’il porte contre Mohamed Ould Abdel Aziz sont elles-mêmes « tribalistes ». Autrement dit, on ne peut dénoncer le tribalisme sans se voir renvoyer la forfaiture et donc ceux qui le pratiquent se trouvent protégés par ce terrorisme « moral ».
Il ne s’agit pas pour moi de défendre les thèses de Mohamed Ould Mouloud – que je ne connais que de loin, du reste – mais je pense qu’avant de lui renvoyer l’opprobre, il faut d’abord pouvoir infirmer ce qu’il dit. C’est pourquoi je me suis demandé si ces révélations étaient « infondées » et mes découvertes sont révélatrices.
Depuis sa prise du pouvoir, Mohamed Ould Abdel Aziz a pris plusieurs mesures qualifiables de tribalistes, dont je ne cite ici que les suivantes :
1ère : la nomination d’un gouverneur de la BCM d’aoulad Bousba (Ould Ebnou Hmeida).
2ème : La nomination de Ould Mohamedou comme ministre des affaires étrangères.
3ème : La création d’un Etat-major de l’armée de l’Air et la nomination d’un officier d’aouad Bousbaa – la colonel Ould Lehraitani – à sa tête.
4ème : La nomination de Ould Tomy, qui est à la retraite, comme chargé de mission à la Présidence. (Il éclipse aujourd’hui tous les cadres du Palais. Avez-vous jamais entendu parler de Med Lemine Ould Guig ? ).
5ème : La nomination de Ould Bousbey comme président du Conseil d’administration de la SNDE. Il a fait un bras de fer avec son Directeur. L’affaire est mémorable.
6ème : La nomination de Aziz ould Dahi comme directeur de la CNAM. Un scandale vient de secouer la boîte, dont l’un des cadres a écrit officiellement.
7ème : La création d’une Agence de l’Etat civil sur mesure pour Mrabbih Ould El Weli, un autre aoulad Bousba. Le pays risque de connaître une guerre civile à cause du recensement que ce Monsieur effectue.
8ème : L’octroi du marché de Ramadan et du reliquat du PSI initié par Sidioca à Ehl Ghadde, aoulad Bousba, eux aussi. Ils ont désormais le monopole de l’importation des produits alimentaires.
9ème : La nomination d’un directeur de l’enseignement supérieur d’aoulad Bousba.
10ème : La vente des Blocs en grande partie à des aoulad Bousba (ehle Ghadde, Ould Aziz Ould El Mami, Ould Waddady).
11ème : sans compter les dizaines de comptables d’aoulad Bousba disséminés dans l’administration (3 au moins à l’Université !!!), le dizaines de conseillers et chargés de missions dans les ministères, les privilèges accordés à des sociétés écrans appartenant à des aoulda Bousba.
Et je peux continuer encore longtemps : plus de mille aoulad Bousba ont été insérés dans l’appareil administratif.

L’auteur semble reprocher à Ould Mouloud d’indexer les relations suspectes (tribalistes) entre Ely Ould Med Vall et Aziz. Mais pourquoi donc ne cherche-t-il pas des réponses aux questions suivantes :
- Pourquoi Ely ne fait rien pour s’opposer à Aziz ; même pendant sa campagne présidentielle ?
- Pourquoi Aziz épargne Ely, ne touche aucun de ses intérêts et n’ouvre aucun des dossiers pouvant le compromettre (Woodside) ?
- Et pourquoi les intérêts de Bouamatou sont protégés et ses adversaires inquiétés (Ehl Abdallahi, Noueighedh, Moulaye Arbi), bien qu’on raconte partout qu’il est en mauvais termes avec Aziz ?
- Pourquoi Mohsen Ould El Haj fait la pluie et le beau temps et terrorise tous ceux qui lui tiennent tête (Ahmed Ould Khattri) ?
A côté de ce tribalisme « positif » et dont profitent quelques tribus cent fois plus nombreuse que les aoulad Bousba mais dans une moindre mesure, il y a l’autre, le « négatif », pratiqué contre des tribus rebelles (smassides, idawalis, idjeijba un peu). Ce tribalisme-là est devenu l’exclusive de quelques ministres et sa palme d’or revient à celui de l’éducation dont le zèle « purgatoire » n’épargne même pas les petits fonctionnaires de son ministère à l’intérieur du pays (deux directeur régionaux de l’éducation nationale remerciés pour appartenance tribale)…
Reprocher à Ould Mouloud d’en parler ? Et pourquoi ne pas reprocher à Aziz et son régime de le pratiquer ?
Quelle est cette logique qui condamne la « qualification » de l’acte et absout l’acte lui-même ?
Les révélations de Ould Mouloud sont certes gênantes, mais pour Aziz et son pouvoir.
Saadna Ould Dahmoud


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