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Affaire Ould Ghaïlani:“ Le coup d’Etat permanent...”


Actu Mauritanie
Jeudi 31 Mai 2012 - 18:00


Affaire Ould Ghaïlani:“ Le coup d’Etat permanent...”
Un événement pas comme les autres qui agite la classe politique. Il fait la une des journaux et des sites, il entraine déclarations sur déclarations, oblige les juristes à prendre position, appelle la société civile à se prononcer : le refus du Président de la Cour suprême,  Seyid Ould Ghailani, d’accepter son limogeage.

Jeudi dernier, en fin d’après midi, le président de la Cour suprême est convoqué à la présidence qu’il a beaucoup visitée ces dernières années de la ‘’rectification’’. Surtout au temps, où il était le procureur général craint et redouté par tout le monde. Il était chez le président. Somme toute ordinaire, pour un homme habitué déjà aux appartés présidentiels. Mais, la rencontre, ce jour-là, dégageait d’autres aromes. Plus amers, peut-être, pour ce qui ne sera, les heures qui suivent, pour le premier citoyen du pays, qu’un ex président de la Cour suprême, congédié, à l’instar de tous ‘’ les collaborateurs. Tous. Qu’on affecte, selon les huemurs du chef. Ould Ghaîlani était tout simplement destiné à occuper le poste d’ambassadeur au Yemen. Selon les informations concordantes, Ghaîlani a accepté l’échange et aurait même réuni ses collaborateurs pour leur annoncer son départ et l’arrivée de son succeseur, l’actuel président de la Cour des Comptes.

Il faut dire que la mutation a été sentie, un peu, sur le tard, c’est vrai, par Ghaîlani comme un limogeage et un parti pris du président de la République dans un différend l’oppsant au ministre de la justice. C’est là où il aurait pris contact avec le directeur du cabinet du président de la République pour l’informer de son refuse de la nouvelle nomination ; ce qui devrait, normalement, rendrait, celle-ci, de facto nulle et non avenue. Ce refus a un peu perturbé la présidence qui n’a pas rendu officiel le nom de son successeur. Le week-end était justement l’occasion pour la rumeur de s’étendre, de s’ampilifier et de transposer le problème sur le champ politique. Entre temps, le pouvoir commence à envisager sa réaction. Un état de siège ou presque, mettant l’édifice de la Cour Suprême sous contrôle implaccable de la présidence de la République. Une nouvelle brigade de la garde nationale déployée sur tous les axes du Palais de Justice et de la Cour Suprême. Dimanche, vers dix heures, Seyid Ould Ghaïlani était déjà devant l’enceinte de ce qui était, il y a quelques jours, ‘’ sa Cour’’. Les portes sont restées fermées devant lui. Il a fait une déclaration publique à la presse dans laquelle, il a affirmé son refus de faire plier la justice.

Une conception primitive…

Cet événement n’aurait pas dû en aucune manière perturber notre sérénité. Parce que, en aucune manière, il n’aurait dû arriver. Qu’est ce qui fait le fondement d’une république, quel qu’elle soit ? C’est simplement le respect de certaines formes. Ces formes, ce sont bien, chez nous en tout cas les gouvernants qui les fixent ou les acceptent. Ils devraient donc les respecter. Sinon, on’est plus en république, ni en monarchie d’ailleurs, ni même en dictature (car le dictateur fixe ses propres lois qu’il respecte). On n’est dans un Etat de non-droit, en barbarie, tout simplement .Il est bien écrit, noir sur blanc que le Président de la Cour Suprême est désigné pour cinq ans, qu’il est inamovible et qu’il ne peut être relevé de ses fonctions qu’en cas de maladie grave ou de haute trahison. Pourquoi alors aller contre le texte? Seyid Ould Ghailani, a-t-il d’ailleurs fauté ? Apparemment, non car on lui a proposé un poste d’ambassadeur. Quelle raison a-t-on donc de le renvoyer ? Pourquoi contrevenir à la loi?
Un Etat de droit, c’est un Etat qui se respecte, qui respecte les règles qu’il s’est fixé. Un Etat où la loi et les règlements dépendent de la volonté ou de l’humeur du moment n’est pas un Etat fiable. Et personne ne lui fera confiance ni son propre peuple ni ses partenaires extérieurs.

Il parait, qu’il y a quelques années, la même question s’est posée. Ould Haidalla voulait coute que coute limoger le Président de la Cour Suprême. Ce dernier désireux de préserver  et de  faire respecter lez texte avait choisi de démissionner lui même. Ould Ghailani, lui a refusé de faciliter les choses au Chef de l’exécutif, c’est son droit, et c’est tout à son honneur.
Il est étonnant cependant de voir comment en Afrique et dans le Monde Arabe, certains chefs d’Etat croient que diriger c’est d’avoir suivre sa volonté », et que tout ce qui l’empêche d’agir comme il veut devrait être détruit. C’est là une conception primitive du pouvoir.

Mohamed Mahmoud Ould Targui
www.rmibiladi.com
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