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Affaire Biram : Le RFD sort de son silence


Actualité
Mardi 4 Septembre 2012 - 14:13

Le Rassemblement des forces démocratiques (RFD) vient de dénoncer, dans un communiqué publié vendredi, ce qu’il considère comme une " injustice " et une " négligence coupable " face à la détérioration de l’état de santé de Biram Ould Dah Ould Abeid, président de l’Initiative pour la Résurgence d’un Mouvement Abolitionniste en Mauritanie (IRA) incarcéra à la prison civile de Nouakchott.


Affaire Biram : Le RFD sort de son silence
En s’invitant dans " le sujet " de Biram, le parti d’Ahmed Ould Daddah joue un coup de poker politique certain qui vise à " se singulariser " au moment où l’ensemble de la classe politique et une bonne partie de la société civile affichent une indifférence totale devant l’incarcération de Biram Ould Abeid.

Dans cette prise de position du RFD à relents peut être de récupération des militants et sympathisants du mouvement IRA, dont l’actuel vice-président, Brahim Ould Bilal, est un ancien cadre du RFD, le parti d’Ahmed Ould Daddah sait pertinemment que le risque qu’il encoure en affichant son soutien à Biram et à IRA n’est pas très grand. On n’est plus aux premiers moments de la crise qui a vu l’ensemble des mauritaniens, la propagande du pouvoir aidant, épouser les thèses du gouvernement voulant convaincre que Biram a blasphémé et qu’il mérite l’échafaud ! Le coup de théâtre provoqué par le juge d’instruction, qui a refusé de suivre le Parquet, et jugé de la nullité des procédures a contribué à faire comprendre que l’acte de Biram Ould Abeid n’est pas forcément un sacrilège mais peut relever de la provocation, est passé par là qui a quelque peu émoussé les ardeurs. C’est parce qu’elle commence à être plus clair, que l’affaire de Biram ne suit pas la " voie légale ", que certains leaders commencent à dénoncer la conspiration contre ce jeune leader haratine. Parmi ceux-ci, les leaders du RFD. Ce parti est même allé plus loin, en évoquant, sans hésitation aucune, l’implication directe du président Aziz dans ce qu’il considère comme une tentative de" liquidation " de Biram, en ne lui prodiguant pas les soins nécessaires. Et le RFD de mettre en garde contre les conséquences fâcheuses que peut engendrer une telle négligence, avec le risque de fracture sociale, si, par malheur, le Gouvernement planifie de la sorte l’élimination de Biram que la communauté haratine pourrait ne pas accepter comme un " accident ".

Que fera la COD ?

La prise de position du RFD est de nature à embarrasser la Coordination de l’Opposition Démocratique (COD). Exactement, comme quand il s’est agi, il y a trois mois, de suivre tout aussi banalement la critique de l’acte de Biram. A l’époque, personne ne voulait se mettre à dos une opinion publique nationale qui, pour une fois, se voulait solidaire face à l’atteinte de sa religion. Les partis d’oppositions, malgré leurs " affinités " politiques et la similitude de leurs objectifs, à savoir la lutte sans merci contre le pouvoir d’Aziz, n’avaient d’autres choix que de condamner Biram. Même si certains l’ont fait, contraints, du bout des lèvres. Aujourd’hui, la donne a considérablement changé, quand on s’est rendu compte que l’incinération des livres malékites, a été instrumentalisée par un pouvoir qui court derrière le " mobile parfait " pour neutraliser ses opposants. On s emet aujourd’hui à douter, si le pouvoir n’a pas " encouragé " Biram à commettre cet acte qui lui donne sur un plateau d’argent l’opportunité de le garder en prison.

Reste à savoir maintenant si la COD va, elle aussi, condamner le traitement que le pouvoir fait subir à Biram Ould Dah Ould Abeid. Une telle perspective amènera à estimer que l’affaire Biram va, à nouveau, devenir, un enjeu politique de poids entre le pouvoir et l’opposition radicale, et l’on est certain que le premier va enclencher sa machine à propagande pour incriminer la COD, l’inscrire au chapitre " blasphématoire " dont a déjà affublé le président d’IRA et tenté de rééditer le coup de la " complicité " dont a voulu accuser l’opposition quand, en 2010, elle avait pris la défense des hommes d’affaires arrêtés dans le cadre de ce qui avait été connu comme " l’affaire de la BCM ". Ce qui est certain, c’est l’obligation pour le pouvoir d’agir dans un sens ou dans l’autre ! Juger Biram, une bonne fois pour toutes, même en tordant les textes pour donner du sens à son maintient en prison. Comme l’a fait dans le cadre de l’affaire de l’ancien Commissaire aux droits de l’homme, Mohamed Lemine Ould Dadde, ou prendre l’option de le libérer.

Cette dernière option que d’aucuns trouvent impensable pour le moment, est pourtant envisageable pour deux raisons essentielles. D’abord, le pouvoir peut penser que Biram Ould Dah est " politiquement fini ". L’incinération des livres du rite malékite continuera à le suivre et à le présenter comme " celui qui a attenté à la foi des Mauritaniens ". Ensuite, les durs moments passés en prison pourraient bien l’avoir " assagi ". Ou du moins, aura-t-il la force de continuer un combat qui est loin d’être gagné d’avance ?

MOMS
Pour l'authentique
Mamoudou Kane


              

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