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Aéroport Oumtounsi : le policier, les bouteilles et le trafic de bagages…


A.O.S.A
Lundi 29 Août 2016 - 02:13


Aéroport Oumtounsi : le policier, les bouteilles et le trafic de bagages…

Debout à 4h pour arriver frais à 5h du matin à l’entrée de l’aéroport pour un vol Mauritania Airlines vers Abidjan. J’accompagnais mon garçon. Sitôt sa petite valise scannée le policier me demande si c’est la mienne ; je réponds que c’est celle du petit qui voyage tout seul aux bons soins de la compagnie. Déjà cette réponse le ramollit puis il me demande ce que contient cette bouteille qu’il a repérée... Je lui réponds tranquillement « du sable » et je regarde sa tête. Il s’attendait à tout sauf à cette réponse.

 

Perplexe, il me demande de sortir la chose pour vérification. Il regarde la bouteille transparente de Taïba d’1,5 litre pleine d’un sable fin d’une dune bien propre. Il n’en revient pas et me demande où va ce sable et pour quoi faire ? Je lui explique que le petit voulait emporter du sable de Mauritanie car il habite ailleurs avec sa mère. Comme il voulait en savoir plus, j'étais prêt à lui apprendre : " selon les dispositions du code du statut personnel mauritanien fidèle à la charia en vigueur en Mauritanie en cas de séparation ( article 123 )". Fallait voir la tête du policier, habitué à tous les mensonges, que rien au monde ne peut attendrir dans l’exercice de ses fonctions  sauf l’amour de la terre de son pays. Soudain il prit une tendre expression dont il semblait le premier surpris, puis reprenant ses esprits il ajouta que c’est normalement interdit de transporter du sable mais personne ne peut empêcher un petit de rapporter du sable de son pays.

 


Il semblait tellement touché qu’il décida de m’aider pour les formalités et me faciliter les choses. Il me dit d’attendre et qu’il va appeler quelqu’un. J’attends quelques minutes entre son coup de fil que personne ne veut prendre et ses yeux manifestement attirés par une autre bouteille d’un autre passager entrant dans l’aéroport. 

 

 Malheureusement pour son tableau de chasse, il savait que dans ce sens, vu la pénurie, il ne risquait pas de débusquer une boisson chnénivante. A quoi pouvait-il s’attendre ? Kham... Il pose son tel et demande au maure «  que contient cette bouteille ». Voyant qu’il est occupé à autre chose, je décide de ne pas abuser de sa gentillesse pour aller directement faire les formalités car l’heure tourne.

 

S’apercevant que je m’apprêtais à partir, le policier entre son tel, son écran et le maure, me dit avec insistance de ne pas bouger, une minute quelqu’un va venir. Là j’ai trouvé cette insistance maye wad’ha mais je n’ai pas bougé. Le vieux maure, gêné d’être questionné à propos d’une bouteille, réalise qu’il eût mieux fait de mettre la chose dans une boîte histoire d’éviter la bouteille trop chargée symboliquement… Puis il dit en baissant le ton, comme une confidence  d’homme du terroir à un homme du pays, que la bouteille contient du Dheun ! (beurre rance traditionnel avec lequel les maures agrémentent le couscous, le riz blanc à la viande et le bourou dheun). Le policier que plus rien ne surprend appuie sur son tel pour me rendre le service et lui répond d’un ton sans appel ou presque… « la ! la ! ça ne monte pas ça ! ». Je regarde ma montre décidé à partir et laisser là la policier le maure et son beurre rance.

 

Soudain arrive un agent de l’aéroport. Le policier lui dit de faciliter mes formalités à l’enregistrement et m’éviter la queue. Formidable ! A 5h 30 du matin avec un petit qui a peu dormi un passe-droit maykhassar shi. Deux mètres plus loin à l’angle du policier, un monsieur sans tenue debout en embuscade devant deux chariots pleins de colis, nous reçoit avec diligence assurant que tout sera fait pour faciliter les formalités et l’homme, sans  me demander mon avis, dit à l’agent de prendre un de ces colis…

 

En fait chaque passager a droit à deux bagages. Donc dès que le policier constate l'opportunité, il arrête le bonhomme et l’envoie à l’agent pour faciliter les formalités et en chemin l’autre homme glisse un colis. L’agent a été surpris de m’entendre dire «  non » comme un déraciné trop toubab et j’ai pris le petit pour continuer mon chemin. Comment peut-on prendre un colis dont on ne sait pas le contenu ni le propriétaire, le tout envoyé avec un enfant ?

 

 

 


Après les formalités, je reçois un appel du petit qui me dit qu’il est dans l’avion. Je me dirige alors vers la sortie. Là un porteur de valises me regarde avec l'air de convoiter quelque chose...
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chezvlane


              

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