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Aéroport International de Nouakchott : A-t-on mis la charrue avant le bœuf ?


Economie
Mardi 20 Novembre 2012 - 09:40

Trois mois après le début effectif des travaux de réalisation du nouvel aéroport de Nouakchott, le ministère de l’Equipement et des Transport consent, enfin, à livrer des informations à propos. Revenant sur certaines données, comme le délai d’exécution (2 ans), la date prévue de mise en service (octobre 2013) et la capacité d’accueil (2 Millions de passagers / An), le ministre s’est projeté sur la capacité d’accueil attendue de cette nouvelle infrastructure. Ce qui a enclenché la polémique entre ceux qui jugent cette infrastructure utile pour le développement de la Mauritanie et les autres qui trouvent qu’elle fait seulement partie de la " folie des grandeurs " du pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz.


Aéroport International de Nouakchott : A-t-on mis la charrue avant le bœuf ?
Alors que l’on vient de clôturer le premier trimestre de travaux du nouvel aéroport de Nouakchott, le sujet revient au goût du jour avec la sortie du ministre de l’Equipement qui a abordé la question. L’occasion pour les uns et les autres de soulever une fois encore l’opportunité d’un tel " joyau " dans un pays qui peine à retrouver ses marques économiques. Et les critiques sont nombreux qui semblent avoir des arguments à faire valoir : comment faire passer Nouakchott, à court et moyen termes, du stade actuel de ses infrastructures aéroportuaires, inclassable, à un aéroport de première classe accueillant des Boeing 747 et Airbus A380, avec une aire de stationnement de 40.000 m² pour les avions, une surface bâtie terminal (aérogare) de 18.000m², un parking Auto de 15.000 m², un hangar de fret de 4.000 m², deux pistes d’atterrissage, un Pavillon Présidentiel de 3000m², une tour de contrôle de 42m, un Terminal Passagers de 18000m² l

L’essentiel, avancent les critiques de ce gigantisme déplacé, n’est pas d’avoir les infrastructures mais de les rentabiliser. On peut certes miser sur des potentialités économiques importantes (mines, pêche) mais l’urgence devait amener à s’atteler à inscrire le développement de ces secteurs dans la durée, pour attirer les investisseurs, avant de penser à ce qui ressemble bien au dicton qui dit " mettre la charrue avant les bœufs ". Ce que d’aucuns assimilent par ailleurs à la construction en cours de la station balnéaire " Ribat el bahr " alors que les quelques milliers de touristes qui venaient en Mauritanie l’ont désertée depuis 2007, suite à l’assassinat de quatre français près de la ville d’Aleg. Et rien ne prédispose à leur retour.

Ceux qui par contre défendent le projet, épousent la vision du gouvernement mauritanien qui pense que, le Projet de construction du Nouvel aéroport international de Nouakchott " entre dans le cadre d’une stratégie globale de modernisation de la ville de Nouakchott ", utilisant comme slogan " Un aéroport moderne, une ville moderne ". Les concepteurs du nouvel aéroport international de Nouakchott situé au PK 20 sur la Route Nationale 4 reliant Nouadhibou, la capitale économique à la Capitale Nouakchott, n’ont apparemment rien négligé puisque, dans la présentation générale du projet, on parle de " futures extensions " ! Avec des zones tampons pouvant augmenter sa capacité d’accueil à plus de 6 millions de passagers par an. Autant dire que, pour qui connait la Mauritanie de 2012, de telles projections peuvent relever de la science fiction.

Anguille sous roche

La réalisation de cette importante infrastructure, n’aura cependant pas été conduite sans vagues. On se rappelle qu’après qu’elle a été en premier lieu confiée aux chinois China Metallergical Construction Corporation (MCC) par convention. Il était prévu, dans ce montage financier, que la société consentira à la Mauritanie un crédit d’un montant de 136 millions de dollars qui sera remboursé en 16 ans avec un délai de grâce de trois ans et un taux d’intérêt annuel de 3%. Le remboursement du principal et des intérêts devait être effectué par tranches annuelles égales et successives. Plus tard, juste après le coup d’Etat réussi contre Sidioca, la convention fut dénoncée et on ne parla plus du projet qu’à la faveur de la Table ronde des bailleurs de la Mauritanie tenue à Bruxelles en 2010 et au cours de laquelle le gouvernement ressortit le projet pour le rendre éligible au nouveau concept de partenariat Public Privé. Décision qui a surpris plus d’un quand on sait que les chinois comptaient construire l’aéroport au prix de 153 900 000 dollars auxquels il faut ajouter 16 100 000 d’imprévus soit 170 millions de dollars alors que finalement avec ce nouveau partenariat public-privé mauritanien, la facture a été arrêtée à plus de deux cent cinquante millions de dollars et avec moins d’équipement.

Pourquoi ce revirement du gouvernement mauritanien qui a pris fait et cause pour le privé mauritanien au détriment des chinois ? La question reste toujours posée. A coups surs, en octroyant aux promoteurs du projet différents avantages en nature : permis d’occuper, concessions minières, terrain (ancien aéroport de Nouakchott, zone de la ceinture verte…), l’Etat perd plus qu’elle ne gagne en nature.

Le sort réservé à l’ancien aéroport

Le gouvernement justifie la " mise à mort " de l’ancien aéroport international de Nouakchott par le fait que son enceinte " constitue une contrainte majeure dans le fonctionnement urbain de la Capitale ". Ce qui est vrai. Entouré par 5 des 9 départements de Nouakchott, il est à l’origine de la congestion croissante que connait la circulation automobile. Cédé par l’Etat aux hommes d’affaires qui ont pris en charge financièrement, la construction du nouvel aéroport, l’ancien doit être soumis au principe d’aménagement consistant à en faire " un espace d’interconnexion entre les différentes communes à travers la mise en place d’une trame viaire assurant la continuité de la voirie existante ", souligne le ministère de l’Equipement et des Transports.

Après la mise en fonction du nouvel aéroport, prévue en 2013, l’ancien devrait être réaménagé pour permettre une meilleure fluidité de trafic et la construction d’un nouveau centre d’affaires qui dotera la ville des nouvelles fonctionnalités lui permettant d’être une capitale digne de ce nom. L’idée de lotissement de cette zone de 200 hectares à été dictée par la recherche de prolongement des grandes artères existantes. L’aménagement prévu sera structuré autour de la Grande Mosquée de Nouakchott (pouvant accueillir 15.000 fidèles) et du futur centre d’affaires qu’on dit vouloir concevoir selon les nouvelles normes de sécurité et de fonctionnalité et de développement durables pour pouvoir héberger des multinationales.

MOMS
Lu sur l'authentique
Mamoudou Kane


              

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