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Adieu Doyen !


Actu Mauritanie
Mercredi 26 Août 2015 - 08:35

Vendredi matin, l’information s’est propagée en ville. Triste comme le couperet d’un destin qu’on a l’habitude de croire, sans vraiment toujours s’attendre aux coups qu’il peut nous assener. Mohamed Said Oud Hamody s’en est allé, ou plutôt, nous a quittés.


Adieu Doyen !
Avec sa mort, c’est tout un baobab qui s’écroule. C’est toute une bibliothèque qui brûle. C’est toute une vision fondée sur la sincérité, le patriotisme et le courage qui s’en est allée. 

Ould Hamody, pour ceux qui l‘ont connu lycéen, universitaire, journaliste puis éminent cadre dans la haute administration, c’était toujours la personne joviale, gaie et patiente qu’on avait plaisir à rencontrer et qu’on ne voulait jamais quitter.

Intellectuel d’une autre trempe, Mohamed Said savait toujours trouver la bonne formule pour exprimer une idée, donner un conseil ou passer un message. Sans aucune colère ni cynisme, il martelait des positions fermes et définitives, s’il sentait qu’il faille user du « tempérament ». Mais, sans jamais se départir de cette« majesté » qui le caractérisait!

Au niveau de la scène nationale, Mohamed Said était, à lui seul, une bibliothèque de la Mauritanie. Il connaissait tout de tous et n’ignorait aucune des facettes du pays et de son peuple. Néanmoins, très humble, il avait été une véritable icône effacée. C’était l’éminence grise qui mettait ses connaissances, ses contacts et ses atouts propres au service de la Mauritanie. 

N’eût été son engagement, certains grands dossiers diplomatiques de laMauritanie n’auraient jamais pu aboutir. De New York à Washington, à la Centrale à Nouakchott, il avait été de tous les combats de notre diplomatie de la fin des années 70 à nos jours.

Partout, ceux qui avaient eu à travailler avec lui ont gardé en mémoire un brillant cadre, coriace au travail, méthodique et mesuré avec une vision claire et des objectifs déterminés pour lesquels il était prêt à se sacrifier afin que les intérêts de ce pays soient préservés.

Cette opiniâtreté à défendre le pays le mènera à diriger la première Commission nationale des droits de l’homme. Avec brio. Là, usant de toute son expérience, de son aura et de sa notoriété, il fera avancer tous les dossiers des droits de l’homme du pays. Il veillera à ce que les gros dossiers que les tenants incultes d’un système chauvin et rancunier veulent étouffer, soient discutés, traités et des solutions imaginées.

Cette détermination à faire avancer, en vue de les solutionner équitablement et définitivement, les dossiers de l’esclavage, des déportés, du passif humanitaire ne lui fera pas que des amis. 

Des forces tapies dans l’ombre feront tout pour le faire plier ou pour le casser. Mais l’homme était plus solide qu’ils ne le pensaient. Sorti de cette sinécure que les chauvins voulaient une officine supplémentaire pour encenser leurs crimes, il s’en ira, dignement, continuer son combat au sein de la société civile.

Là, l’engagement intelligent et déterminé de l’homme fera la fierté des Mauritaniens.Mohamed Said sera alors à la première loge de tous les combats de la société civile mauritanienne ces dernières années. 

Militant des droits de l’homme, il sera l’un des précurseurs du droit culturel et du droit à la différence dans le pays. Il militera pour l’éducation de tous et la revalorisation, à titre égal, de toutes nos langues et cultures et appellera à leur respect. Il relancera le débat sur la peine de mort et criera, haut et fort, contre les injustices de la déportation, des exécutions extra-judiciaires des régimes d’exception, notamment en 1989 et dont les auteurs sont aujourd’hui adulés. Il dénoncera, à chaque fois que l’occasion lui était offerte, la gestion par le pourrissement des dossiers des droits de l’homme, surtout celui du passif humanitaire.

Ces dernières années, Mohamed Said Ould Hamody s’est courageusement investi dans la lutte contre l’esclavage. Il acceptera de diriger la Plate-forme des droits politiques, économiques et socioculturels des haratines. La chienlit du pouvoir ne comprendra pas cette démarche et vivra mal cet engagement. Elle exercera des pressions, mènera des campagnes de dénigrement et d’intoxication contre l’homme qui restera intraitable dans son engagement. 

Avec sagesse, méthode et retenue, il fera face à la calomnie, à l’imposture et à la stigmatisation. Droit dans ces bottes, il marchera en avant, donnant à la charte un cachet particulier : une initiative émanant de tous les Mauritaniens au service de la paix, de la justice et de la cohésion sociale en Mauritanie.

Aujourd’hui, la Mauritanie est orpheline de cette vision sage, modérée et juste. Avec sa mort, c’est l’un des illustres justes du pays qui s’en est allé. Puissent ses idées illuminer notre chemin et éclairer la lanterne de cette génération de jeunes qui ont décidé de reprendre le flambeau pour une Mauritanie fraternelle, juste et respectueuse de tous les droits de tous ces fils!

Adieu Doyen ! Tu as laissé la rédaction de ton journal L’Authentique orpheline. Nous t’aimons tant et tu nous rendais bien cet amour. Repose en paix. 

A L’Authentique, nous aurons toujours une pensée pour toi.

Amar Ould Béjà 
lauthentic 
Noorinfo


              

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