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Accord de Pêche RIM-UE : Le dernier baroud des espagnols


Economie
Samedi 1 Juin 2013 - 00:35

Contrairement à ce qui a été récemment écrit, le Parlement Européen n’a pas rejeté l’Accord de Pêche signé avec notre pays, et n’a même pas encore siégé sur la question. Ce point venant seulement d’être inscrit à l’ordre du jour d’une prochaine session dudit Parlement.


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Le pressing Espagnol

Ce qui se passe, c’est que l’Espagne continue de mobiliser tous les moyens pour rouvrir aux céphalopodes (poulpes) l’Accord de Pêche RIM-UE,  ce que la Mauritanie continue d’exclure totalement, malgré le ballet des ministres et autres émissaires Espagnols, les pressions et interventions au plus haut sommet de l’Etat. 
 
Du  point de vue de la partie Mauritanienne, l’ouverture  de la pêche céphalopodière aux navires étrangers  s’était faite à l’époque « par effraction ».  Ce qui doit être corrigé, cette ressource devant être exclusivement réservée à la flotte Mauritanienne.

De même que la sardinelle côtière qui, grâce au nouveau zonage, est dorénavant hors de portée des chaluts pélagiques industriels (hollandais notamment), et réservée  à  la seule pêche côtière nationale.
 
N’ayant pas  convaincu le  Comité Scientifique Conjoint RIM-UE (pour lui faire dire que le stock des céphalopodes est excédentaire), ni pu infléchir  la position de la Mauritanie lors de la toute dernière Commission Technique  (pour l’introduction de navires  Espagnols de « pêche expérimentale » au poulpe), l’Espagne vient de jouer ce qui pourrait  se révéler être sa dernière carte:  Monsieur Gabriel Mato (Espagnol), Président et Rapporteur de la Commission Pêche du Parlement Européen, a fait  adopter par sa Commission (qui compte 8 autres Espagnols), à l’intention de la session plénière du  Parlement, une recommandation de rejet du Protocole de Pêche.
 
En effet dans  près d’un mois (fin juin/début juillet),  le Parlement Européen, réuni en session plénière,  se prononcera  sur  l’Accord de Pêche. A ce stade, qui constitue la dernière étape de la procédure de ratification,  le protocole ne peut plus être amendé,  et la session plénière du Parlement Européen devra soit l’adopter tel qu’il est, soit le rejeter tel qu’il est, d’où cette recommandation  de rejet.
 
La position attendue du Parlement Européen

Mais on voit mal comment le Parlement Européen suivrait cette recommandation de rejet de l’Accord. Si pour le moment l’Espagne a profité de sa position au sein de la Commission Pêche et bénéficié d’alliances ponctuelles (Portugal etc.), la question sera différente au niveau de la plénière du Parlement car :
 
1- C’est le Parlement Européen lui-même qui, dans sa résolution du 12/05/2011, avait instruit les négociateurs Européens  pour que : « tout accès à la pêche dans les eaux mauritaniennes négocié pour les navires battant pavillon d'un État membre de l'Union européenne soit fondé sur le principe des stocks excédentaires » et  que « tout accès de l'Union doit  concerner les ressources ne pouvant être pêchées par la flotte mauritanienne »
 
2- Le dernier Comité scientifique conjoint RIM-UE  tenu à Rennes du 2 au 5 Avril passé et sur  lequel l’Espagne avait fondé beaucoup d’espoirs, a conclu à une probable  situation de surexploitation des stocks de poulpes,  et confirmé que « les flottilles mauritaniennes seules auraient aujourd’hui la capacité de capturer l’ensemble du potentiel moyen de production de ce stock. »
  
A moins donc de se dédire, le Parlement Européen suivrait plutôt les positions favorables déjà exprimées tant par la Commission de l’UE que par le Conseil de l’UE et  ratifiera cet accord, dans les mêmes conditions où il avait adopté sa résolution du 12/05/2011, c’est-à-dire malgré l’opposition de l’Espagne et de quelques autres pays à l’époque.
 
En cas de rejet

Dans le cas contraire un nouvel accord devra être renégocié depuis le début, ce que la Mauritanie peut ne pas s’empresser de conclure, l’Etat n’étant pas particulièrement dans le besoin, grâce à ses réserves et aux recettes des autres secteurs, les mines notamment. Quant à l’emploi et autres retombées attendues de l’Accord, l’impact de l’exclusivité des céphalopodes aux Mauritaniens, les programmes en cours de réalisation au niveau de la filière pélagique locale  (construction d’embarcations pontées pour la pêche pélagique côtière, formation des équipages etc.), compenseront  rapidement, largement et de manière définitive, les manques à gagner  qu’engendrerait l’absence d’Accord.
Par contre, du côté Européen, il difficile d’envisager que ses flotilles, dont certaines sont à l’arrêt et subventionnées depuis bientôt un an, resteront amarrées une ou deux autres années de plus, les zones de pêche réellement alternatives n’existant pratiquement pas.
 
Bien entendu et loin s’en faut, les Européens ne sont ni nos ennemis, ni nos adversaires (ni les Chinois et ni les Russes d’ailleurs…). Nous ne nous posons pas la question sous le format binaire du « ou c’est eux, ou c’est nous ». Nous comprenons et nous sommes sensibles aux importantes conséquences  économiques et sociales qu’engendrent,  pour les régions Espagnoles telles que la Galice, les Canaries et l’Andalousie, les dispositions prises par la Mauritanie  pour préserver ses ressources et en maximiser les retombées économiques et sociales.
 
De même que nul  ici ne viserait qu’à causer un préjudice aux autres opérateurs Européens ou d’autres nationalités du fait, par exemple, des nouvelles mesures d’aménagement  de nos ressources halieutiques (systèmes des quotas, protection des pélagiques côtiers etc).
 
Mais la mission, la responsabilité des pouvoirs publics Mauritaniens, est l’amélioration continue des conditions de vie des Mauritaniens. Le mieux serait que cet objectif puisse être atteint dans le cadre de partenariats plus ou moins raisonnables, à défaut d’être totalement équitables. En l’absence de ce type de partenariat, la Mauritanie compte sur ses propres moyens pour développer ce secteur, porteur d’un potentiel de développement exceptionnel.
 
Implication de la société et soutien aux pouvoirs publics

Ainsi  et ce faisant,  il faut le souligner, le Président de la République, Le Gouvernement et notamment le Département des Pêches ont fait preuve du discernement, de l’indépendance et de la constance nécessaires, dans la définition et la mise en œuvre d’une politique sectorielle de qualité, cohérente et durable, exclusivement fondée sur l’intérêt Mauritanien.
 
En cela et pour cela,  la passivité de nos Partis politiques, de nos Elus, de nos organisations et autres corporations (exception faite de la Fédération de la Pêche Artisanale et de quelques ONG) contraste de manière surprenante avec l’activisme des Partis politiques de tous bords, du Gouvernement, des Elus, des Associations Syndicales et Patronales Espagnols.
Ils se sont tous impliqués, ils ont remué ciel et terre, ameuté la presse, sorti les femmes et les enfants, pour sensibiliser  et mobiliser l’opinion contre cet accord.
 
Face à cela, nous nous comportons en spectateurs d’une question majeure qui nous concerne en premier lieu, qui engage non seulement notre développement économique et social immédiat, mais aussi celui de nos générations futures.
 
Samouri Ould Ahmed Yehdhih
Noorinfo


              

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