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Abdoul Birane Wane, coordinateur de TPMN : "L'unité nationale, c'est un ensemble d'actes et non de simples mots. Elle n'existe pas en Mauritanie"


Actu Mauritanie
Mardi 22 Mai 2012 - 10:38


Abdoul Birane Wane, coordinateur de TPMN : "L'unité nationale, c'est un ensemble d'actes et non de simples mots. Elle n'existe pas en Mauritanie"
Revenu à Nouakchott après une visite de terrain à la tête d’une délégation du Mouvement TPMN dans les deux camps des déportés de Houdallaye et de Dar-Salam, Birane Abdoul Wane a bien voulu répondre à nos questions portant sur le motif de la visite, les enseignements que lui et ses compagnons de lutte ont tiré d’une visite de terrain au chevet des déportés mauritaniens de retour au pays. Entretien…

Le Rénovateur Quotidien : Que faisait une délégation de «Touche pas à ma nationalité» dans les camps des déportés de retour ?

Birane Abdoul Wane : Cette délégation a séjourné dans les camps de Houdallaye et Dar Salam le 28 Avril, c'était à l'occasion de la commémoration des déportations de 1989 planifiées par le régime raciste et sanguinaire de Maouiyaâ Ould Sid’Ahmed Taya. Ces Mauritaniens sont restés pendant deux décennies dans des camps de réfugiés au Sénégal, et leur retour fut encore plus difficile, c'est pour cette raison que le Mouvement TPMN (Touche pas à ma nationalité), qui a décidé de prendre en charge tous les problèmes des négro-mauritaniens a décidé de s’enquérir de la situation de ces noirs devenus des étrangers chez eux.

Le Rénovateur Quotidien : Quels enseignements tirez-vous de votre visite dans ces sites ?

B.A.W : D’abord, je vous dis que ces mauritaniens vivent comme des parias chez eux, c'est la faute au régime raciste qui a pris des engagements qu'il n'a jamais respectés, je fais allusion aux accords tripartites, que l'Etat mauritanien s'est engagé à respecter. Ces populations manquent de tout, eau, infrastructures sanitaires et scolaires, elles vivent dans des habitats précaires. Le plus grand problème se pose au niveau de leur état civil, sur près de huit mille (8.000) déportés dans les différents camps du Brakna, seulement mille six cents ont été enrôlés. Les grands exclus de ces recensements sont les enfants nés au Sénégal et qui y ont grandi. Ces hommes vivent dans la misère et les autorités observent sans réagir alors qu’elles s’attellent à satisfaire et à sécuriser les réfugiés Touareg, c'est ça le racisme. Pour ce régime, il faut avoir une peau claire pour être considéré comme un humain

Le Rénovateur Quotidien : C’est pour cela donc que vous dites qu’il ait impossible de parler de l’unité nationale en Mauritanie ?

B.A.W : C'est une évidence, comment peut-on parler de l'unité nationale alors qu'il y a des citoyens qui ont été victimes d'une grande injustice de la part d'un régime raciste qui refuse encore de les remettre dans leurs droits? Comment peut-on parler de cette unité nationale alors que ces déportés revenus voient d'autres mauritaniens, maures ou haratins occuper leurs terres avec la complicité du régime, On ne peut pas parler de l'unité nationale tant que les victimes de 1989 rencontrent encore ceux qui les persécutaient circuler librement. L'unité nationale, c'est un ensemble d'actes et non de simples mots, elle n'existe pas en
Mauritanie.

Propos recueillies par Camara Mamady
le-rénovateur


              

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